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De l’or dans les mains. Entretien avec Benoît Aguelon et François Coffy, tailleurs (1/2)

Les mains du tailleur © Blaise de Sébaste
Les mains du tailleur © Blaise de Sébaste
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Aleteia vous propose cet été de belles rencontres avec des artistes et artisans français qui se sont mis au service du Beau et du Vrai.

L’un baignait depuis de nombreuses années dans le rythme infernal des cabinets de conseil, le second piétinait – mais avec succès ! – dans un cursus juridique. Après des années de travail et d’humble apprentissage à l’école des meilleurs, nos deux serviteurs de l’élégance française ont saisi leurs ciseaux de tailleurs. Une belle rencontre.

Benoît Aguelon et François Coffy, tailleurs © Blaise de Sébaste
Benoît Aguelon et François Coffy, tailleurs © Blaise de Sébaste
Benoît Aguelon et François Coffy, tailleurs © Blaise de Sébaste

Aleteia : Devient-on tailleur comme on devient pompier ? Était-ce pour vous deux un rêve d’enfant ?
François Coffy : Cette prise de conscience m’est venue sur le tard, à 22 ans, alors que je persistais dans des études de droit pour lesquelles je n’avais que trop peu de goût. Enfant, j’exerçais une fascination certaine pour le travail manuel : étant issu d’une famille d’artisans, le travail de la matière, souvent noble, et son exigence m’étaient déjà familiers. L’intérêt pour le vêtement découle sans doute de ma passion pour le cinéma : très jeune, j’admirais déjà les mises d’acteurs tels que Maurice Ronet ou Philippe Noiret. Les sobres mais néanmoins somptueux trois-pièces ou croisés portés dans Le Vieux Fusil ou On a volé la cuisse de Jupiter, l’extravagance maîtrisée des costumes de Zazie dans le métro

Benoît Aguelon : Pour ma part, après un cursus complet en droit, sciences politiques et école de commerce, j’ai fait ma « crise de la quarantaine » un peu en avance. Consultant, j’ai accueilli mes premiers enfants et me suis interrogé sur ce que je voulais transmettre et me projeter sur le « temps long ». Après une période de discernement, j’ai décidé de concilier mon goût pour l’élégance et relever le défi d’un métier manuel. Avec le recul, il est clair que je me situe dans la ligne de certains hommes de ma famille qui mariaient élégance – vestimentaire et morale – et un goût privé pour le travail manuel. Amateur d’ébénisterie, mon arrière-grand-oncle s’est occupé de ma grand-mère devenue orpheline à sa naissance, et prenait plaisir à me promener habillé de ses tweeds et de ses flanelles…

Comment s’est déroulée ce qui fut pour vous deux une reconversion ? Conseilleriez-vous à d’autres un tel virage à 180° ?
FC : C’est un parcours de patience et d’humilité. Patience car la maîtrise de cet art ne peut se faire entièrement en deux ans d’école, fusse-t-elle comme l’école des tailleurs (AFT), très intense. Nous nous considérons aujourd’hui en « compagnonnage » et continuons à nous perfectionner constamment. Humilité exige car maîtriser un tout nouveau champ de compétence, surtout dans un métier traditionnel, c’est accepter de mettre de côté son passé, écouter en silence les maîtres, qui ont l’habitude de nous rappeler que « faire et défaire, c’est toujours faire ».

BA : Je ne sais pas si ce parcours est à conseiller : ce que je sais, c’est que nous nous levons heureux de travailler. Ce dont je suis persuadé est que cet itinéraire nécessite le soutien total de son entourage. Vivre de sa passion implique un changement d’équilibre qui ne se décide qu’à deux si vous vivez en couple.

 

Les tailleurs sont à l'oeuvre © Blaise de Sébaste
Les tailleurs sont à l'oeuvre © Blaise de Sébaste
Les tailleurs sont à l'oeuvre © Blaise de Sébaste

Un costume sur-mesure chez Blaise de Sébaste est accessible à quelles bourses ?
FC : Force est d’admettre que nous nous adressons à une clientèle plutôt privilégiée ou qui se donne les moyens d’un parcours d’élégance. Plus généralement, il serait sans doute judicieux de réfléchir à nos comportements de consommation : il y a moins d’un demi-siècle, la plupart des hommes disposaient d’au moins un beau costume – celui pour aller à la messe, réalisé chez un tailleur car il n’y avait guère d’autre choix –. Le costume était alors perçu comme un investissement ; sa vocation était de durer.

BA : Nous avons à cœur de véhiculer cette même vision du costume et donc de lutter contre la perception contemporaine du simple « consommable ». Cela passe inévitablement par l’explication de notre démarche à laquelle nos clients sont sensibilisés.

Pour découvrir le travail de Benoît et François, Aleteia vous propose de vous rendre dans leur atelier, au 19 rue de Longpont à Neuilly-sur-Seine, ou bien sur leur site pour découvrir les nombreuses créations sur-mesure !

Retrouvez la deuxième partie de cet entretien ici.

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