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Inside Krakow

© Knights of Colombus
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En immersion aux JMJ.

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Depuis quatre jours, le temple du sport local, l’enceinte de la Tauron Arena, rebaptisé pour la circonstance Mercy Centre (« centre de la Miséricorde ») accueille les pèlerins anglophones, supporteurs du pape et de l’Église catholique. Ces fans d’un nouvel ordre, qui y convergent depuis trois jours, viennent du Royaume-Uni, États-Unis, Canada et Australie. Pendant ce temps d’ébullition, je me suis engagé comme volontaire au cœur de cette « machine » catholique afin d’y comprendre les ressorts et de pouvoir délivrer à mes compatriotes mon bref témoignage d’immergé.

Enthousiasme

Cette plongée au sein de l’univers catholique anglo-saxon est tout d’abord un voyage au sein d’une culture de l’enthousiasme. Le mot signifie étymologiquement le « transport divin » qui projette en avant, dans un esprit pionnier. La plupart des intervenants, cardinaux, évêques, prédicateurs diffusent de toute part cet esprit si singulier, manifesté dans leur « body langage », leurs intonations, leurs exhortations. Cette mobilisation de la jeunesse repose sur les mêmes leviers que ceux du sport business et du spectacle, ceux de l’émotion et l’identité. Cette posture est assumée comme un préalable, une sorte de captatio bene voletiaie, joyeuse, bruyante et décomplexée, pour attirer l’auditoire mais surtout pour le conduire au delà, dans le silence de l’intériorité. La nuit de la miséricorde du mercredi soir a ainsi attiré près de 20 000 jeunes, dont de nombreux français. Lancée dans un vacarme festif de convention étudiante, l’ambiance s’est progressivement apaisée, la guitare électrique s’effaçant devant le cantique en latin. La soirée s’est achevée par une procession grandiose, plongeant l’assemblée longuement dans le silence de la contemplation du Saint Sacrement.

Identité

Cette jeunesse se manifeste par la volonté de faire corps. La plupart des pèlerins rassemblés savent d’où ils viennent et le promeuvent. Ils sont  heureux et le disent : fiers de leurs pays, de leurs états, de leurs communautés religieuses. Fiers de leur foi. Cette dimension « identitaire » parce que minoritaire est acceptée de bon cœur. Challengés par le triomphalisme des chrétiens évangéliques et par le consumérisme libertaire, les catholiques présents ici se retrouvent dans l’antre du Mercy Centre autour de quelques communautés et mouvements particulièrement dynamiques. Ces minorités créatives, animées par la spiritualité de la communion, s’activent au soutien des conférences épiscopales qui leur en ont délégué l’organisation et l’animation. Les principaux leaders croisés dans les couloirs se connaissent et s’encouragent, chacun à leur place, selon leur charisme et leurs intuitions.

L’engagement sociétal vécue par la majorité des jeunes présents, en particulier autour de la culture de vie, contribue à former un ciment commun. À l’épicentre du dispositif, les hommes des Chevaliers de Colomb (the Knights of Colombus) représentent une puissance organisationnelle incontournable. Cette organisation de bienfaisance rassemblant près de deux millions d’fidèles catholiques dans le monde et en particulier aux États-Unis, est présente en Pologne et désormais en France. Ses nombreux jeunes membres volontaires s’activent à tous les postes d’action et de décision. Entre trois jeunes prêtres en clergyman, nous croisons également les larges silhouettes blanches des frères dominicains. Dans les travées de l’arène, les Sisters of Life, aussi ravissantes que déterminées, encouragent les jeunes à se confesser. Cette jeune congrégation rassemble plus d’une centaine de religieuses, engagées dans l’accompagnement de jeunes filles enceintes, et dans l’animation de réseaux de soutien à la culture de vie. Leur rayonnement sur la jeunesse catholique américaine la plus fervente s’accroît d’année en année, conduisant de nombreux évêques à les appeler dans leurs diocèses.

Solidarité

Au sein de cette communauté, au cœur de l’enceinte du Mercy Centre, la nouvelle de l’assassinat du père Jacques Hamel a créé un grand désarroi. Les témoignages de soutien et de consolation se sont succédés avec bienveillance. Les uns et les autres, ont exprimé auprès des quelques Français leur incompréhension et leur affection. En creusant avec certaines journalistes et éditorialistes, j’ai également perçu comme une attente concernant notre bonne vieille France qui respire le catholicisme. Ce qui se passe actuellement au cœur de notre pays est grave et inédit. La France se trouve être le laboratoire d’un catholicisme attaqué violemment et incidemment sur trois fronts. Le premier est celui du terrorisme islamiste et cette interrogation lancinante et angoissante sur l’islam, non seulement en tant que religion mais aussi en tant que civilisation. Le second est celui de l’esprit consumériste libertaire, du relativisme moral et de l’effacement du plus vulnérable. Le troisième front est celui d’un repli nerveux et désespéré, sur le terrain de la violence, de la confrontation et de la division.

Un témoignage eucharistique

Le père Hamel fut un serviteur endurant du Christ. Vicaire à Saint-Étienne-du-Rouvray, son martyre interpelle et ses derniers écrits bouleversent. Nous pensons précisément à saint Étienne qui fut le premier martyr de l’Église tandis qu’ici, en Pologne, les fidèles honorent le sacrifice du père Jerzy Popieluszko, assassiné sauvagement à la hache, pour son opposition, par sa foi catholique au totalitarisme communiste. Le cardinal Dolan, archevêque de New York, montagne d’humour et d’énergie, me rappelait avec gravité que lorsque la France était attaquée, c’est l’Église catholique qui était attaquée.

Ici à Cracovie, les Français se remarquent. Par leur joie communicative, leurs chants d’allégresse, la fierté de leur identité de Français. Beaucoup d’observateurs et d’intervenants américains, pétris de culture française, ont souhaité, à la vue des évènements, que le thème du martyre soit accolé à celui de la miséricorde.

La France en première ligne

Le martyre commence aujourd’hui, par le témoignage offert de notre vie de chrétiens, en particulier dans un monde d’émotion, de violence et de division. Nous y sommes appelés à développer une forme d’alter-économie. Cette nouvelle économie, hautement subversive et décalée, n’est ni celle des « bénis oui-oui » naïfs et doucereux, ni celle de pseudos croisés enfermés dans les pièges de l’adversaire. À l’occasion de son passage dans le Mercy Centre, le cardinal Tagle, Primat des Philippines proposait une « eucharistic lifestyle » à ce monde en souffrance.

Le christianisme, de façon plus prégnante encore qu’hier, représente précisément cette nouvelle économie lucide, enracinée dans la foi et la raison. L’immersion à Cracovie, avec les centaines de milliers de catholiques du monde entier, permet de puiser à un carburant profond de transformation des cœurs.

La nouvelle génération formant l’Église de demain s’y retrouve pour un authentique et durable réarmement spirituel. L’arme de construction massive sera cette joie intérieure qui ne vient que du Christ, et qui permet, sans peur, ce don personnel aux autres, un don joyeux qui construit, interpelle et attire.

Aux yeux du monde et de nos frères anglophones, il apparaît évident, plus qu’hier, que les catholiques français sont désormais, sur la brèche.

Face aux défis qui se présentent, ils sont appelés à vivre et incarner en pionniers et avec intensité, ce mode de vie eucharistique.

Jeunes et moins jeunes, nous sommes appelés à placer nos pas sur ceux des nombreux et merveilleux saints qui ont ensemencé notre beau pays. À travers la figure du père Hamel, un nouveau guide de fidélité vient de nous être donné. Soyons-en dignes.

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