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En images. Les portes de l’enfer s’ouvraient ici

L'entrée des déportés au crématorium II d'Auschwitz-Birkenau © Alexandre Meyer
L'entrée des déportés au crématorium II d'Auschwitz-Birkenau © Alexandre Meyer
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Le 27 janvier étant la journée internationale à la mémoire des victimes de la Shoah, Aleteia ressort cet article sur la visite du pape François à Auschwitz et Birkenau, en juillet dernier.

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Le silence. Rien que du silence. Le pape a honoré la mémoire des victimes du système concentrationnaire nazi, illustres ou anonymes, en observant le silence. Le Saint-Père a franchi à pied, seul, ce matin vers 9h le portail du camp d’Auschwitz, pernicieusement surmonté de l’inscription « Arbeit Macht Frei » (« Le travail rend libre »). Il s’est assis quelques instants sur un banc et s’est mis à prier.

 

Au mur de la mort où étaient exécutés les premiers prisonniers du camp d’une balle dans la nuque, François s’est recueilli et a allumé une bougie. À quelques pas de là, il a longuement médité dans la cellule de saint Maximilien Kolbe, prêtre polonais qui prit la place d’un père de famille dans le Block 11 des condamnés à mort par privation de nourriture. Le silence encore.

Dédicace du Saint-Père à Auschwitz
Dédicace du Saint-Père à Auschwitz
Dédicace du Saint-Père à Auschwitz

Seigneur, aie pitié de ton peuple !
Seigneur, pardon pour tant de cruauté !

 

Le camp d’Auschwitz II – Birkenau

Au camp d’extermination de Birkenau, à quelques kilomètres de là, l’air grave, le Pape a marqué un temps d’arrêt devant chacune des 21 plaques commémoratives du Monuments international aux victimes du fascisme.

La plaine est immense, découpée en carrés par les fils de fer barbelés électrifiés accrochés aux poteaux de ciments à la courbure de potence si caractéristique. Les baraquements sont impeccablement alignés à perte de vue sous le soleil. Il est impossible d’imaginer dans la paix et le calme qui règne ici que le visiteur foule le plus grand cimetière de l’histoire de l’humanité. En août 1944, il y a deux, trois générations à peine, plus de 90 000 prisonniers s’entassaient ici.

Sur cette étendue verte ponctuée d’ocre, de gris et de rouille, vaste de 2,5 kilomètres sur 2, périrent 1 million 100 000 hommes. Juifs venus de toute l’Europe, résistants Polonais, Tziganes, condamnés de droit commun… Hommes, femmes, enfants, vieillards. À compter de la création du camp en octobre 1941, les déportés déclarés inaptes au travail étaient envoyés à la mort dès la descente des trains.

La chambre à gaz du crématoire II qui jouxte le Monuments commémoratif à gauche avalait 3000 déportés à la fois. Son four à 15 foyers pouvait réduire en cendre 1000 corps par jour. Le camp en comptait cinq, d’une capacité d’extermination légèrement moindre ou équivalente.

Le visiteur est traversé de sentiments contradictoires sur cette étendue morte. L’harmonie fascinante des couleurs, la quiétude de ces baraques en brique, la pointe émoussée des barbelés rendus inoffensifs, les miradors délabrés, le tracé rectiligne des chemins secs, la lumière et la chaleur vous plongent dans une contemplation muette.

L’exiguïté des crématoires effondrés sur eux-mêmes interpelle. Combien le béton éventré et l’enchevêtrement métallique de son armature torturée tranche avec le gazon si vert qui lui sert d’écrin. Comment l’indicible a-t-il pu se commettre dans un endroit si calme, si beau ? Comment l’extrême technicité d’une machine de mort a-t-elle pu engloutir tant de vie dans ces casemates de quelques dizaines de mètres carrés ? Comment des hommes ont-ils vécu en proie aux épidémies, aux coups des Kapos, au manque d’hygiène, au froid, dans ce camp qui dort paisiblement au soleil ?

Birkenau rend perceptible ce qui est inconcevable à l’entendement humain : la haine pure et la planification industrielle de la mort. Devant ce triste spectacle qui alourdit la conscience humaine depuis 75 ans, ne monte aux lèvres, scellées par l’affliction, qu’un acte de contrition.

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