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Elle est belle, large et précieuse, la miséricorde

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« La miséricorde du Père est belle, large et précieuse » (saint Antoine de Padoue).

« La miséricorde du Père est belle comme les nuages de pluie au temps de la sécheresse. » Elle est belle, en effet, la miséricorde du Père. Elle est belle pour arroser ma misère, pour tremper mon désert, pour fertiliser ma sécheresse et faire repousser des fleurs d’espoir parmi les ronces de mes erreurs, de ma culpabilité et de mes regrets. Elle est belle pour refleurir mon chemin, à rebours, pour faire repousser des fleurs, par mes pleurs, à l’endroit même où je les avais arrosées de mon aridité ; pour me faire remonter la pente, voire remonter le temps en gagnant le temps restant par des actions bienfaisantes. Elle est belle pour les effets rétroactifs de ma conduite proactive. Elle est belle pour m’accorder une seconde chance, fût-elle tardive, pour me dire qu’il est toujours temps pour se reprendre, pour se racheter, pour se faire pardonner. Elle est belle, pour son « absoluité » et son absolution.

Elle est belle pour m’embellir tant, pour me pousser à aller au-delà des destinations, intérieures et extérieures, auxquelles j’étais destiné si je n’avais pas été laid. Elle est belle pour embellir celui qui m’a offensé, à qui j’ai pardonné, et qui, par contagion, ira embellir, à son tour, celui qui l’aura offensé.

Elle est belle, la miséricorde du Père. Elle est belle par Sa Béatitude en rendant « heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde » (Matthieu 5, 7).

Elle est rédemptrice, la miséricorde du Père, et du Fils

« Elle est large, car avec le temps elle se déploie en bonnes œuvres. » Elle est large, en effet, la miséricorde du Père. Elle est large de ses largesses, de ses générosités, de ses bontés. Elle est large par ses voies qui nous conduisent au bonheur et au réconfort. Elle est large, la miséricorde, dans sa vocation et ses acceptions ; large par sa charité, par ses « œuvres », au nombre de quatorze, divisées en « matérielles » et « spirituelles ». Elle donne à manger et à boire, elle habille, elle accueille l’étranger et lui porte secours, elle visite les malades et les prisonniers, elle offre une sépulture ; elle conseille celui qui doute, elle instruit l’ignorant, exhorte le pécheur, console l’affligé, pardonne les offenses, supporte les défauts d’autrui et prie Dieu pour les vivants et les morts.

Elle est large, la miséricorde du Père, dans toute l’ouverture des bras du Fils, crucifié, puis ressuscité. Elle est rédemptrice, la miséricorde du Père, et du Fils.

« Elle est précieuse dans les joies de la vie éternelle. » Elle est précieuse, en effet, la miséricorde de Dieu. Précieuse pour l’idéal, inaccessible, qu’elle nous invite à atteindre. Elle est précieuse pour son incarnation humaine, pour ce qu’elle nous en coûte, en termes d’efforts, de souffrances, de sacrifices ; pour le prix consenti afin de l’acquérir ; pour ses difficultés face à la facilité de nos tendances humaines, portées vers l’égoïsme, la vanité, la rancune, l’insensibilité. Elle est précieuse pour être le difficile triomphe de l’esprit sur la chair ; la victoire – souvent à l’arraché – de la vertu contre le vice. Elle est précieuse pour être l’issue heureuse d’un conflit intérieur, l’épilogue salutaire de longues tractations ; le fruit d’une rédemption personnelle. Elle est précieuse pour sa place, radieuse, dans notre bilan de vie, de sorte à annuler notre passif et offrir au Père une entreprise réussie. Elle est précieuse, la miséricorde humaine, pour être un don de la miséricorde divine, un ticket d’entrée du miséricordieux au royaume des cieux.