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Attentat de Nice : la sécurité au centre de tous les soupçons

Soldats et policiers présents aux côtés des corps des victimes de l'attentat de Nice, le 14 juillet 2016 sur la promenade des Anglais à Nice © / AFP / VALERY HACHE (Photo credit should read VALERY HACHE/AFP/Getty Images)
Soldats et policiers présents aux côtés des corps des victimes de l'attentat de Nice, le 14 juillet 2016 sur la promenade des Anglais à Nice © / AFP / VALERY HACHE (Photo credit should read VALERY HACHE/AFP/Getty Images)
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Après l’attentat qui a fait 84 morts et 301 blessés à l’issue du feu d’artifice le 14 juillet, à Nice, les interrogations se multiplient sur les conditions de sécurité.

« Comment un 19 tonnes a-t-il pu arriver jusqu’à la promenade des Anglais alors que 30 000 personnes y étaient rassemblées ? Y avait-il assez de policiers pour une telle manifestation ? Le drame aurait-il pu être évité ? » s’interroge Le Figaro (20 juillet). Le Monde (21 juillet) explique pourquoi la toute nouvelle application « alerte attentats » n’a pas fonctionné : « Une succession de précipitations, de mauvaise communication et de malchance ».

À quoi ont servi les 1256 caméras de sécurité ?

Le premier, le Canard Enchaîné a révélé l’existence de failles concernant le nombre de policiers présents et de barrages de véhicules de police, mais en pointant les défaillances de la mairie et de la région PACA, ce qui a conduit Éric Ciotti, député LR des Alpes-Maritimes, à accuser le gouvernement d’avoir inspiré cet article sur Europe 1. « Entre gouvernement, et échelons locaux, les torts sont partagés » selon le JDD qui rapporte ce constat des plus gênants pour la municipalité : « Les 1 256 caméras de sécurité qui ornent les poteaux et les bâtiments de la ville ont bien filmé les repérages du tueur quelques jours auparavant et son véhicule mais les images envoyées par le système n’ont pas été exploitées. Elles sont pourtant, en théorie, visionnées par différents agents 24h/24 au CSU (Centre de supervision urbain). »

Pas de police nationale à l’entrée de la Promenade des Anglais 

Toutefois l’accusation principale vise le ministère de l’Intérieur. Ce n’est pas un journal « de droite » qui a porté le fer dans la plaie, mais Libération, le 20 juillet : « Contrairement à ce qu’a affirmé le ministère de l’Intérieur, l’entrée du périmètre piéton de la Promenade des Anglais n’était pas protégée par la police nationale le 14 juillet au soir. Ce manque de transparence entame la confiance dans l’exécutif. (…) la communication du gouvernement a, au minimum, travesti la réalité ». Le 16 juillet, le ministre de l’Intérieur affirmait en effet, pour éteindre la polémique qui enflait, que « la police nationale était présente et très présente sur la Promenade des Anglais. Quant au franchissement du barrage par le camion, c’est par les trottoirs et de façon très violente que le camion a réussi à pénétrer ».

Or, selon l’enquête de Libération, il ne se trouvait en réalité à l’entrée de la Promenade des Anglais qu’un seul véhicule de policiers municipaux (dont les armes ne permettent pas de traverser le pare-brise d’un camion). La réaction indignée mais quelque peu confuse du ministre dans un nouveau communiqué du 20 juillet, a conduit Libération à répliquer le 21 juillet : « Vous mettez en cause “la déontologie des journalistes qui ont signé ces articles” et dénoncez des “procédés qui empruntent aux ressorts du complotisme”(…) Non, monsieur le Ministre, les journalistes de Libération n’ont pas versé dans le complotisme. Ils n’ont fait que leur travail, dans le plus grand respect de la déontologie : enquêter sur des faits ; débusquer les contradictions dans le flot des déclarations ; recouper les informations ; poser des questions ; donner la parole à tous, y compris ceux qui ont été mis en cause. »

Il apparaît au bout du compte, de l’aveu même du ministre de l’Intérieur dans son communiqué du 20 juillet, que les premières voitures de la police nationale se trouvaient environ 400 mètres après le début de la zone piétonne… ce qui ne pouvait évidemment pas « rendre impossible le franchissement de la promenade des Anglais » comme l’avait affirmé le Ministre trois jours plus tôt. « La police municipale a pris son service à 19 heures sur site et il n’y avait pas d’effectif de police nationale » a confirmé sur Europe 1 une policière municipale niçoise, par ailleurs secrétaire nationale adjointe du syndicat FO.

Bras de fer entre la municipalité et la police autour des vidéos

Alors que l’examen des vidéos est évidemment un élément essentiel pour établir les faits, Le Figaro du 21 juillet a révélé que le parquet de Paris avait demandé à la municipalité de Nice de détruire 24 heures de vidéos afin « d’éviter la diffusion non contrôlée de ces images » : « Panique et incompréhension à la mairie de Nice. Mercredi à 11 heures, la sous-direction antiterroriste (SDAT) a envoyé aux agents qui gèrent la vidéosurveillance de la ville une réquisition (…) leur demandant l’effacement « complet » de 24 heures d’images provenant de six caméras (…), mais aussi de toutes les scènes depuis le début de l’attentat ayant eu lieu sur la Promenade des Anglais, dans la nuit du 14 juillet. De quoi mettre en état de sidération les agents du centre de supervision urbain de Nice. « C’est la première fois que l’on nous demande de détruire des preuves », précise une source proche du dossier. « La municipalité refuse et va demander au procureur de mettre ces images sous séquestre ».

Toutefois l’Obs se veut rassurant : « Les images ne vont pas totalement disparaître (…) La PJ [police judiciaire] et le parquet ont demandé d’effacer les images de ces caméras afin d’éviter l’utilisation malveillante de ces dernières par souci de la dignité des victimes et pour éviter la reprise de ces images par les sites internet djihadistes à des fins de propagande ». (…) Il ne faut pas voir des complots partout », tranche une source policière (…) “Cela me semble plus être une mesure technique” ». Quoi qu’il en soit, la défiance règne.

Le ministre de l’Intérieur saisit l’Inspection Générale de la Police Nationale

Pour tenter d’établir la vérité, le président (Les Républicains) du Sénat Gérard Larcher a réclamé « une enquête indépendante de l’inspection générale » sur RTL le 21 juillet. Le porte-parole des Républicains, Guillaume Larrivé, souhaite, lui, qu' »une mission d’enquête parlementaire fasse toute la lumière sur ce que s’est passé » rapporte Le Parisien. Toujours le 21 juillet, dans un nouveau communiqué, le Ministre de l’Intérieur annonce qu’il a saisi l’Inspection Générale de la Police Nationale « d’une évaluation technique du dispositif de sécurité et d’ordre public » pour « établir la réalité de ce dispositif, alors que des polémiques inutiles se poursuivent ». « Inutiles », vraiment ?

Le terroriste se préparait depuis longtemps

« Une semaine après l’attentat perpétré sur la Promenade des Anglais de Nice, le procureur de Paris, François Molins a insisté, jeudi, sur la détermination dont a fait preuve Mohamed Lahouaiej Bouhlel pour mettre son macabre projet à exécution » rapporte 20 minutes. Du coup, la « radicalisation éclair » de Mohamed Lahouaiej Bouhlel avancée au lendemain de son attentat « prend l’eau », relève Valeurs Actuelles : « Selon les premiers éléments de l’enquête, Mohamed Lahouaiej Bouhlel fomentait son attaque depuis plusieurs mois ». Avec cinq complices mis en examen pour association de malfaiteurs terroriste criminelle. « Ces éléments nouveaux pourraient venir nourrir le feu des critiques qui s’abat depuis une semaine sur le gouvernement, accusé de ne pas avoir su éviter le drame ». En effet, aucun de ces six terroristes n’avait été repéré.

L’État d’urgence prolongé pour la quatrième fois

« Le Parlement a définitivement adopté, jeudi 21 juillet, le projet de loi prolongeant pour la quatrième fois l’état d’urgence, le Sénat ayant voté conforme le texte entériné à la mi-journée à l’Assemblée. Le projet de loi prolonge de six mois l’état d’urgence, tout en l’assortissant de nouvelles mesures antiterroristes » résume Le Monde. Le nouveau texte rétablit les perquisitions administratives qui avaient été suspendues en mai, autorise les forces de l’ordre à effectuer sans réquisition du procureur des contrôles d’identité et à fouiller véhicules et bagages, interdit les rassemblements dont la sécurité ne serait pas assurée, interdit le territoire français aux étrangers condamnés pour terrorisme ainsi que la semi-liberté pour les condamnés pour terrorisme, et facilite la fermeture de mosquées dans lesquels auraient été tenus des propos incitant à la haine. Mais la majorité a refusé l’application du régime de la rétention de sûreté et de la surveillance de sûreté aux personnes condamnées pour un crime terroriste voulue par les sénateurs. « Face aux demandes des Républicains (LR) de “changer le droit”, Manuel Valls a rejeté toute “législation d’exception”, notamment des centres de rétention pour les personnes suspectes ». relève France 24. Quant à François Hollande, rapporte Le Point, « Il a appelé mercredi les Français à s’investir dans les différentes réserves pour constituer une “garde nationale” avec 15 000 réservistes opérationnels de gendarmerie et de police qui seront disponibles “d’ici à la fin du mois”, contre 12 000 actuellement, afin d’ “assurer la sécurité des différents événements de l’été”. La Défense « mobilisera les 28 000 titulaires d’un contrat d’engagement pour qu’ils se tiennent prêts lors des prochaines semaines ». François Hollande a en outre décidé de « recourir à la réserve opérationnelle de deuxième niveau », soit « un vivier supplémentaire de 10 000 retraités de la gendarmerie ».

Les humbles héros de la Promenade des Anglais

Soupçons et colère ne doivent pas faire oublier ces héros qui ont risqué leur vie pour tenter de stopper la course meurtrière du terroriste. Tel Timothé Fournier, mort écrasé en sauvant sa femme enceinte de 7 mois qui a donné un bouleversant témoignage à Paris Match. Ou encore Franck, ce père de famille employé de l’aéroport de Nice Côte d’Azur, qui a rattrapé le camion avec son scooter, l’a jeté sous les roues du poids lourd tout en s’agrippant à la cabine pour frapper le conducteur : « J’étais sur les marches au niveau de la fenêtre ouverte. Face à lui. Je l’ai frappé, frappé, et frappé encore. De toutes mes forces avec ma main gauche même si je suis droitier. Des coups au visage. Il ne disait rien. Il ne bronchait pas. Il avait son arme à la main. Mais le pistolet ne marchait pas. J’avais l’impression qu’il essayait de le manipuler ou de le charger, je n’en sais rien. Il me visait, appuyait sur la gâchette, mais ça ne marchait pas » a-t-il expliqué dans Nice Matin.

Les victimes et leurs familles ont droit à la vérité

Quant aux victimes et à leurs familles, elles ont perçu jeudi les premières provisions (150 000 euros) des indemnisations évaluées entre « 300 à 400 millions d’euros », a déclaré la secrétaire d’État aux victimes Juliette Méadel sur BFMTV. « Interrogée sur l’intention de certaines familles de victimes de la tuerie de Nice de porter plainte contre l’État et la Ville de Nice, Juliette Méadel s’est dite “dubitative sur ce qu’elles y gagneront”. » La vérité, peut-être ? Est-ce trop demander pour un attentat qui a fait 84 morts et 331 blessés dont 15 sont encore entre la vie et la mort ?

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