Recevez la newsletter d'Aleteia chaque jour!
Et si vous receviez de bonnes nouvelles chaque matin ? Inscrivez-vous à la newsletter d'Aleteia !
Je m'inscris!

Vous ne souhaitez pas faire de don ?

Voici cinq façons d'aider Aleteia:

  1. Prier pour notre équipe et le succès de notre mission
  2. Parler d'Aleteia dans votre paroisse
  3. Partager les articles d'Aleteia avec vos amis et votre famille
  4. Désactiver votre bloqueur de pub quand vous êtes sur Aleteia
  5. S'abonner à notre newsletter gratuite et la lire tous les jours

Je vous remercie!
L'équipe d'Aleteia

 

Souscrire

Aleteia

Cardinal Barbarin : « Avec les juifs, nous ne formons qu’une seule alliance »

© Corinne SIMON / CIRIC
28 août 2015: Cardinal Philippe BARBARIN, archevêque de Lyon. 1700 personnes se sont réunies aux Assises chrétiennes de l'Ecologie sur le thème " Changeons de climat " à Saint-Etienne (42), France.
Partager

Le primat des Gaules était avec le grand rabbin de France l’invité spécial de la session judéo-chrétienne de Paray-le-Monial.

D’une autre manière, ceci peut valoir aussi pour les musulmans, par exemple lorsque nous comparons nos pratiques. Un jour, je discutais avec un ami musulman des conseils que Jésus nous donne : « Toi quand tu jeûnes, quand tu pries, quand tu fais l’aumône »… Et il me disait qu’il aimait beaucoup l’insistance de Jésus sur « le secret ». La phrase : « Quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite » est reprise, paraît-il, dans un de leurs écrits. Mais il a ajouté : « Quand même, vous les chrétiens, vous ne jeûnez pas beaucoup ! ». Et c’est vrai. Alors, discutons : comment jeûnent les musulmans ? Dans quel esprit ? Cela va peut-être me réveiller et me faire prendre conscience de ce que je ne fais pas ou pas assez. Sous prétexte de n’agir que « dans le secret », en fait, beaucoup de chrétiens ne jeûnent pas. Être réveillé au sujet d’une phrase de l’Évangile par un musulman, cela fait du bien !

Dans notre relation avec les juifs, c’est d’autant plus vrai que Jésus ne cherche pas à enlever un seul iota de la Loi, selon ses propres termes : « Je ne suis pas venu abolir, mais accomplir ». L’Ancien Testament n’est pas dépassé ! Assez souvent, on sent chez les chrétiens un peu de mépris ou de la paresse vis-à-vis de cette première partie de la Bible. On ne la lit pas parce que c’est compliqué, c’est ancien… C’est un défaut que l’on voit apparaître très tôt. Il me semble que dans un passage de sa seconde épître, saint Pierre se bat déjà là-contre : « Tenons plus fermement à la parole prophétique. Regardons-la comme une lampe qui brille dans un lieu obscur, jusqu’à ce que le jour commence à poindre » (2 Pi 1, 19). Oui, nous avons là de réels progrès à faire.

Vous faites souvent référence à l’islam. Le même dialogue est-il possible avec les musulmans ? Pourrait-on un jour imaginer le même enseignement à deux voix à Paray-le-Monial avec un imam ?
Certainement ! Mais ce n’est pas le même dialogue. Avec les juifs, nous avons une seule alliance. La Torah est la Parole de Dieu pour les juifs comme pour nous. Les psaumes sont la prière de Jésus, et donc des juifs et des chrétiens. Le Coran, quant à lui, est le livre des musulmans, même s’il a des points de rencontre avec des thèmes ou des personnages bibliques : Abraham, al Khalil, l’ami de Dieu, Jésus et la Vierge Marie dont les musulmans aiment bien nous faire remarquer qu’elle est plus souvent citée dans le Coran que dans la Bible… Il y a bien des points qui peuvent nous intéresser et nous enrichir, mais ce n’est pas dans la logique de l’Alliance et de la venue du Messie. Naturellement, cela ne signifie pas que nous n’aurions rien à recevoir de ceux qui parfois cherchent Dieu avec une ferveur et une force qui pourraient réveiller de nombreux chrétiens !

À force de se poser trop de questions théologiques, ne risque-t-on pas de passer à côté de la rencontre humaine ?
Je n’ai pas du tout cette expérience. Ce qui me lie à mon grand rabbin, à Lyon c’est une vraie amitié, faite de respect, d’intérêt mutuel, d’écoute. Nous sommes heureux de collaborer quand l’occasion se présente. Et je peux en dire autant des responsables musulmans de la région lyonnaise. Les rabbins, les recteurs de mosquée que j’ai connus sont tous très différents… Et chacun apporte sa notre personnelle. Tout comme les évêques ou les Papes…. Franchement, on ne peut pas faire plus différent que nos trois derniers Papes : Jean Paul II, Benoît XVI et François. Ils ont « un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême » certes, mais ils donnent le témoignage très réjouissant d’une grande liberté, aucun « formatage » ! La puissance de la Parole et de l’action de Dieu ne font pas de nous des clones, mais des être libres.

Et si vous aviez un conseil à donner à un chrétien qui souhaite dialoguer avec l’autre, quel serait-il ?
Un conseil très simple : enracine-toi dans le Christ parce qu’Il est le roc. Une fois que tu seras vraiment et profondément enraciné en Lui, ne crains rien : écoute tout, va au-devant de tes frères, tu recevras beaucoup de cadeaux inattendus. Et, sans la savoir, tu seras un beau cadeau pour eux !

Propos recueillis à Paray-le-Monial le 13 juillet 2016 par Mathilde Rambaud

Pages: 1 2

Newsletter
Recevez Aleteia chaque jour. Abonnez-vous gratuitement
Aleteia vous offre cet espace pour commenter ses articles. Cet espace doit toujours demeurer en cohérence avec les valeurs d’Aleteia. Notre témoignage de chrétiens portera d’autant mieux que notre expression sera empreinte de bienveillance et de charité.
[Voir la Charte des commentaires]