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Réforme liturgique ou raccourcis médiatiques ? Le cardinal Sarah dans la tourmente

© Antoine Mekary / ALETEIA
Cardinal Robert Sarah addressed the World Meeting of Families this morning, discussing “The Light of the Family in a Dark World.”

Photo CREDIT: Antoine Mekary / ALETEIA
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« Pas de nouvelles directives liturgiques prévues. Certaines expressions du cardinal ont été mal interprétées » tranche le Saint-Siège.

Au lendemain de la publication des considérations du cardinal Robert Sarah sur le rituel de la messe, prononcées en ouverture du congrès international Sacra Liturgia qui s’est tenu du 5 au 8 juillet à Londres, le Saint-Siège a décidé de réagir. Pour tordre le cou aux raccourcis journalistiques d’abord, pour faire taire les rumeurs ensuite, de « nouvelles directives liturgiques » en préparation et qui pourraient entrer en vigueur dès la période de l’Avent? « Pas de nouvelles directives liturgiques prévues, ni changements au Missel romain (…). Certaines expressions du cardinal (préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, Ndlr) ont été mal interprétées », assure le père Lombardi dans un communiqué paru le 11 juillet et rapporté par l’Agence I. Media.

Le porte-parole du Saint-Siège rappelle à cette occasion: « C’est au pape qu’il revient de décider des normes liturgiques ». Deux jours plus tôt, le pape François a reçu le cardinal guinéen, et « s’est d’ailleurs exprimé en ce sens ». Si le cardinal Sarah affirmait avoir reçu du pape François en personne la mission de préparer une « réforme de la réforme » – en référence à la réforme liturgique issue du Concile Vatican II -, le père Lombardi déclare qu’il est « préférable de ne pas utiliser » cette expression qui peut se révéler « souvent source d’équivoque ».

Une simple question d’amour de la messe

Le cardinal Sarah ne cache pas sa grande nostalgie de « la sacralité et la beauté de la liturgie » et y revient ponctuellement. D’abord dans Famille Chrétienne, le 23 mai dernier, au cours d’un entretien où il se désole de voir les célébrations eucharistiques prendre de plus en plus l’allure « d’autocélébrations humaines », enlevant à Dieu sa place centrale et faisant risquer à l’Église de perdre « sa vigueur et sa sève ». Puis lors du colloque de Londres, où il a invité les prêtres à faire prier leurs fidèles « ad orientem (vers l’Orient), vers le Seigneur », pour rendre les liturgies moins « créatives ou festives » et plus centrée sur l’Eucharistie qui, pour les chrétiens « est une question de vie ou de mort ! ».

Et de citer à plusieurs reprises le cardinal Joseph Ratzinger, ancien préfet de la congrégation pour la doctrine de la Foi avant de devenir pape, lui-même très sensible aux questions relatives à la liturgie. « Dans notre rapport avec la liturgie se joue le destin de la foi et de l’Église  », disait-il, et pour lui, comme pour le cardinal Sarah, les conséquences d’une « valorisation de la com­munauté vécue au détriment de la réalité sacramentelle sont graves » (cf. Un chant nouveau pour le Seigneur).

Ce qu’écrivait hier Joseph Ratzinger, le cardinal Sarah le clame haut et fort aujourd’hui parce qu’il y a selon lui « urgence » face à toutes ces liturgies qui prennent l’allure de spectacles » où le prêtre, souvent, « ne célèbre plus l’amour du Christ à travers son sacrifice, mais une rencontre entre amis, un repas convivial, un moment fraternel ». Pour le préfet chargé de la discipline des sacrements, l’heure est venue d’une grande réflexion sur le sujet. Dieu doit « retrouver sa place centrale » et les fidèles  » la sacralité et la beauté » de la liturgie.

Pour y arriver il n’y a qu’un seul remède : redonner à Dieu sa place centrale, opération qui demande « une vraie conversion du cœur », encourage le cardinal Sarah, qu’on soit laïc, prêtre ou évêque. En se « tournant vers Dieu », spirituellement mais également physiquement, non pas « le dos tourné aux fidèles », mais « devant eux », en pasteur, « tournés ensemble vers l’abside qui symbolise l’Orient où trône la croix du Seigneur ressuscité ». Au moins pendant « le rite de la pénitence, pendant le chant du Gloria, les oraisons et la prière eucharistique », précisait-il déjà dans une tribune de L’Osservatore Romano, en juin 2015, traduite en plusieurs langues sous le titre : Action silencieuse du cœur – Pour une juste interprétation de la pensée conciliaire, et rapportée dans son intégralité par le bimensuel catholique L’Homme Nouveau qui a la promotion exclusive de l’édition française de L’Osservatore Romano.

Ensemble vers le Seigneur

« Dès que nous arrivons au moment où l’on s’adresse à Dieu – à partir de l’offertoire –, il est essentiel que le prêtre et les fidèles se tournent ensemble vers l’Orient », a renchéri le cardinal Sarah au congrès Sacra Liturgia de Londres, le 5 juillet dernier. Et « pas besoin d’autorisation particulière » pour mettre en pratique cette célébration puisqu’elle est autorisée par les rubriques du Missel, qui précisent les moments où le célébrant doit se retourner vers le peuple. Plus de 50 ans après le concile Vatican II, il tient à rappeler que celui-ci « n’a jamais demandé de célébrer face au peuple », qu’il s’agit simplement d’un des « moyens » trouvés par l’Église pour mettre en œuvre la nécessaire participation des fidèles à la liturgie, voulue par les pères conciliaires.

Au cours du congrès de Londres, le cardinal guinéen a suggéré aux prêtres qui le souhaitaient de commencer à « mettre en œuvre cette pratique partout où cela sera possible avec la prudence et la pédagogie nécessaire, mais aussi avec la confiance que c’est une bonne chose pour l’Église et pour les fidèles », rapporte Famille chrétienne dans un nouvel article paru ces jours-ci.

Le cardinal Sarah conseille le premier dimanche de l’Avent, fin novembre, pour commencer et invite les évêques à montrer l’exemple. Présent dans la salle, Mgr Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon, a aussitôt fait savoir qu’il célébrerait la messe du dernier dimanche de l’Avent (18 décembre) « ad orientem, vers le Seigneur qui vient » dans sa cathédrale, et « en d’autres occasions appropriées ».

Préserver la dignité de la messe n’est pas réformer

Donc pas de « réforme de la réforme à l’ordre du jour en matière de liturgie », a insisté le Saint-Siège. Même si « le cardinal Sarah s’est toujours préoccupé à juste titre que la messe soit célébrée avec dignité », souligne le père Lombardi, certaines de ses expressions « ont été mal interprétées, comme si elles annonçaient de nouvelles indications différentes de celles données jusqu’à présent dans les normes liturgiques et dans la parole du pape sur la célébration face au peuple et sur le rite ordinaire de la messe ».

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