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Pourquoi demander la nullité d’un mariage ?

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"Plutôt que d'illustrer mes échecs, cette démarche m’a montré à quel point je pouvais changer."

J’étais déjà divorcé quand j’ai commencé le Rituel de l’initiation chrétienne des adultes (le baptême des adultes) et je ne souhaitais pas entamer de procédure de nullité de mariage. Je m’étais marié athée, quelques années plus tôt, sans bien percevoir les enjeux immenses de cet engagement. Mal préparé et non convaincu des grâces que le mariage peut faire pleuvoir sur le couple, je ne voyais pas non plus pourquoi j’aurais du demander la nullité de ce sacrement… Je n’avais pas prévu de me remarier, je n’avais pas de nouvelle compagne, et je ne me sentais tout simplement pas prêt à vivre un nouvel engagement à ce stade de mon existence.

Un prêtre que j’ai rencontré m’a dit : « Demander la reconnaissance de nullité peut parfois contribuer au processus de guérison. Un divorce cause toujours des blessures ». J’ai réfléchi et décidé de me lancer. Mais il fallait que j’explique cette démarche à mon ancienne épouse.

Je n’assumais plus cet engagement pris « à la légère »

Notre rupture s’était faite relativement à l’amiable et nous étions restés « bons amis », en partie parce que nous avions eu une petite fille, décédée à la naissance. Nous avions partagé une même peine immense et un même amour pour notre enfant. J’appréhendais de lui parler de ma demande de nullité. J’avais peur de la blesser mais je ne voulais surtout pas qu’elle l’apprenne un jour en recevant une lettre du tribunal ecclésiastique. Je devais lui en parler avant, assumer la conviction profonde qui avait germé dans mon esprit et dans mon cœur. Pleinement conscient de l’importance de ce « vœu », je n’assumais plus de l’avoir prononcé « à la légère ».

Elle ne fut pas enchantée, principalement parce qu’elle redoutait que notre fille ne devienne au bout du compte une enfant « illégitime ». La décision de nullité n’a aucune conséquence sur la légitimité des enfants lui rétorquai-je. « Je me moque bien de ce que raconte l’Église. » Elle m’a rappelé le soir même sans écouter ni croire un traître mot de ma tentative d’explication. Elle était blessée et se déchaînait contre moi. Elle conclut : « Si tu continues la procédure, je changerai la pierre tombale pour que notre enfant porte mon seul nom de famille ».

Un seul objectif, surmonter mon échec passé

J’ai poursuivi ma démarche en dépit de toute cette acrimonie, et nous avons cessé de nous parler, mon ancienne femme et moi. Je le regrette sincèrement car je ne cesserai jamais de l’aimer comme on aime la mère de sa fille unique. Mais un désir profond, intime, me portait : celui de surmonter cet échec passé et de pouvoir accéder à la communion eucharistique si demain je m’engageais sur le chemin du remariage.

Remplir tous les documents pour faire la demande auprès du tribunal fut un véritable supplice (mais les choses évoluent, en lire plus ici à ce sujet, ndlr). Les questions m’ont paru très indiscrètes. Je n’avais pas envie d’en raconter autant ! Pourquoi rouvrir ce chapitre ? Il y a eu ce péché, puis cet autre, nous avons fait ceci et dit cela. Il fallait livrer plus de détails qu’au confessionnal. Ce fut très douloureux de me souvenir de ce que j’avais voulu oublier, enterrer, absoudre moi-même.

Mais j’ai aussi remarqué une chose étrange : finalement, je parlais beaucoup plus de mes propres péchés que des torts de mon ancienne épouse. J’ai même arrêté de ressasser ces épisodes où elle m’avait tant fait souffrir. J’ai appris le sens du mot pardon. J’ai appris à pardonner.

La grâce est là, toute proche

Peut-être qu’un jour je rencontrerai quelqu’un et me remarierai, ou peut-être pas. Si je croise l’heureuse élue, j’aurai au moins la possibilité de le faire sans m’inquiéter de la validité de mon premier mariage, ni de renoncer à la communion eucharistique. J’aurais aimé que le pape François en parle davantage dans Amoris Laetitia (un seul point, le n°244, Nldr), mais je lui sais grâce d’avoir facilité la procédure. J’ai l’intime conviction que de plus en plus de divorcés auront moins peur de faire leur demande. La nullité rapproche incontestablement une personne blessée de la grâce. J’en suis désormais convaincu. « Le pardon pour l’injustice subie n’est pas facile, mais c’est un chemin que la grâce rend possible… » (ibid n°242)

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