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François et Jean Paul Ier, les papes jumeaux ?

Le pape Jean Paul Ier © Public domain
Le pape Jean Paul Ier
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"La prière t’ennuie ? Alors tais-toi, regarde le Seigneur et laisse-toi regarder", répètent-ils comme un leitmotiv dans leurs prédications.

« Pour un disciple, la première chose est de rester avec le Maître, de L’écouter, apprendre de Lui. Et cela vaut toujours, c’est un cheminement qui dure toute la vie ! C’est rester en présence du Seigneur, se laisser regarder par Lui. C’est une manière de prier. C’est un peu ennuyeux, je m’endors ? Endors-toi, endors-toi ! Lui te regardera quand-même. Sois sûr que Lui te regarde. » Ces paroles prononcées par le pape François en septembre 2013, en recevant des catéchistes reviennent comme un leitmotiv dans ses prédications. Inspirées d’écrits et de témoignages de saints ayant marqué l’Histoire de l’Église, elles suggèrent une manière de prier qui laisse à Dieu toute l’initiative.

En 2013, le mensuel international 30Jours publie un passage d’une conversation sur la prière qu’Albino Luciani, futur pape Jean Paul Ier, eut au cours d’exercices spirituels alors qu’il était évêque de Vittorio Veneto, en janvier 1965. En relisant ce passage, il est frappant de voir combien François et son troisième prédécesseur, se ressemblent sur beaucoup de points.

« Endors-toi, endors-toi, Lui te regardera »

Albino Luciani, après avoir parlé du « sens de l’adoration, de la stupeur devant Dieu », et recommandé de se sentir « toujours petits » devant Lui, avait ajouté : « Il faut les aider, les fidèles, à adorer, à remercier le Seigneur. Personne n’est grand devant Dieu. Devant Dieu, la Vierge aussi s’est sentie regardée, petite. Il est très important que nous nous sentions regardés par Dieu. Que nous nous sentions l’objet de l’Amour que Dieu nous porte. Saint Bernard, quand il était tout petit, une nuit de Noël, s’est endormi dans l’église et a rêvé. Il lui a semblé voir l’Enfant Jésus qui le regardait en le montrant du doigt : “Le voilà, mon petit Bernard, mon grand ami”. Il s’est réveillé, mais l’impression de cette nuit ne s’est plus effacée et a eu une influence immense sur sa vie. Sentons-nous petits parce que nous sommes petits. Si nous ne nous sentons pas petits, la foi est impossible. Celui qui lève la crête, qui se vante trop, n’a pas confiance en Dieu. Vous êtes très grand, Seigneur, moi, face à vous, je suis très petit. Je n’ai pas honte de le dire. Et je ferai volontiers ce que vous me demandez ».

« Je ne suis pas un mystique »

Dans cette conversation l’évêque de Vittorio Veneto s’excuse de ne pas être un mystique, ajoutant aussitôt après : « Mais sainte Thérèse, qui était une femme très experte, dit : « J’ai connu des saints, de vrais saints, qui n’étaient pas contemplatifs, et j’ai connu des contemplatifs qui avaient des grâces d’oraison supérieures, mais qui n’étaient pas des saints ». Ce qui veut dire que, “sauf meilleur jugement”, la contemplation ne serait pas nécessaire à la sainteté. Je ne peux donc pas vous entretenir de la contemplation, parce que sincèrement, je ne m’y entends pas, même si j’ai lu quelques livres. C’est pourquoi je m’arrête à la simple oraison, l’oraison humble, celle des âmes simples ».

Les quatre sortes d’oraison

Et de poursuivre : « Je m’explique d’habitude par un exemple très simple et concret. Écoutez: c’est le jour de la fête du père de famille: à la maison on a organisé une petite fête. Le moment arrive. Lui sait de quoi il s’agit et dit : “Voyons donc ce qu’ils m’ont préparé de beau !». Le plus petit de ses enfants arrive le premier: on lui a fait apprendre par cœur une poésie. Pauvre petit! Et là, devant son père, il récite sa poésie. “Bravo, dit le père, cela me fait très plaisir, tu t’es fait honneur, merci, chéri». Par cœur. Le plus petit s’en va et se présente le second fils qui est déjà dans le secondaire. Ah, il n’a pas daigné apprendre un petit poème par cœur; il a préparé un discours, une chose à lui, totalement de son cru. C’est bref, peut-être, mais il se montre un véritable orateur. “Je n’aurais jamais cru, chéri, dit le père, que tu savais si bien faire des discours.” Le père est content : mais voyez, quelles belles pensées ! (…) Ce n’est pas un chef-d’œuvre, mais… La troisième, la demoiselle, la fillette. Elle a tout simplement préparé un bouquet d’œillets rouges. Elle ne dit rien. Elle va devant son père, pas même un mot : mais elle est émue et elle est si rouge que l’on ne sait pas si c’est elle ou les œillets qui sont les plus rouges. Et son père lui dit. “Cela se voit que tu m’aimes, tu es tellement émue.” Mais pas même un mot. Le père apprécie les fleurs, spécialement parce qu’il voit la fillette si émue et si pleine d’affection. Puis il y a la mère, l’épouse. Elle ne donne rien. Elle regarde son mari et lui la regarde : simplement un regard. Ils savent beaucoup de choses. Ce regard évoque tout le passé, toute une vie. Le bien, le mal, les joies, les douleurs de la famille. Il n’y a rien d’autre ».

Ce sont les quatre sortes d’oraison, a-t-il alors expliqué: « La première est l’oraison vocale: quand je récite le rosaire avec attention, quand je dis le Pater noster, l’Ave Maria; alors nous sommes des enfants. La seconde, le petit discours est la méditation. Je pense et je fais mon petit discours avec le Seigneur: entendons-nous bien, de belles pensées et des affections approfondies. La troisième est le bouquet d’œillets, c’est l’oraison affective. La fillette si émue et si affectueuse. Il n’y a pas besoin ici de beaucoup de pensées, il suffit de laisser parler son cœur. “Mon Dieu, je t’aime.” Si quelqu’un fait cinq minutes d’oraison affective, il fait mieux que s’il fait la méditation. La quatrième, l’épouse, est l’oraison de simplicité ou de simple regard, comme on dit. Je me mets devant le Seigneur et je ne dis rien. D’une certaine manière je le regarde. Cette prière semble avoir peu de valeur, mais elle peut au contraire être supérieure aux autres. »

Article publié par Vatican Insider traduit par Isabelle Cousturié

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