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Pape François sur l’Europe : « Votre “Ensemble”… élargissez-le ! »

AFP PHOTO / GABRIEL BOUYS
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Message-vidéo du Saint-Père à plus de 300 mouvements et communautés oecuméniques rassemblés à Munich ces trois derniers jours.

L’Europe « se trouve dans un monde complexe et fortement en mouvement, de plus en plus globalisé et par conséquent de moins en moins euro-central. Si nous reconnaissons les problématiques de notre époque, ayons le courage de dire : nous avons besoin d’un changement ! ». Dans son message-vidéo diffusé le 2 juillet, le pape François appelle mouvements et communautés chrétiennes d’Europe à faire de leurs maisons, de leurs communautés et de leurs villes des « laboratoires de communion, d’amitié et de fraternité », capables, comme ils s’en donnent l’objectif, de « traduire les valeurs base du christianisme en réponse concrète aux défis d’un continent en crise ».

« Maintenez la fraîcheur de vos charismes ; gardez vivant votre “Ensemble” et élargissez-le ! », a demandé le Saint-Père aux quelques 300 représentants d’ « Ensemble pour l’Europe », réunis en congrès, à Munich, en Allemagne, du 30 juin au 2 juillet. « Ensemble pour l’Europe ? Aujourd’hui il est plus nécessaire que jamais… Vous êtes une semence précieuse d’espérance afin que l’Europe redécouvre sa vocation à contribuer à l’unité de tous », a-t-il conclu.

Une Europe multiforme

Ensemble pour l’Europe est « une libre convergence » de mouvements et communautés de différentes confessions chrétiennes – catholique, évangélique, orthodoxe et anglicane – qui, à partir « d’expériences fortes vécues ensemble », essaie de répandre sur le vieux continent « l’esprit d’une Europe unie et multiforme ». De grands rassemblements européens sont organisés ponctuellement : à Stuttgart en 2004 et 2007, et simultanément dans 152 villes d’Europe, avec un point central à Bruxelles, en 2012.

L’édition de cette année avait pour thème Ensemble pour l’Europe. Rencontre. Réconciliation. Avenir. Soit 36 forums de discussions et tables rondes qui ont permis à près de 5 000 participants d’échanger expériences et perspectives futures sur des thèmes liés à la construction européenne : intégration, réconciliation, solidarité, dialogue islamo-chrétien, les migrants…

« Vous avez raison. C’est le moment de se mettre ensemble pour affronter les problématiques de notre temps dans un véritable esprit européen », les a encouragés le Pape ce samedi, avant qu’ils ne clôturent leur rassemblement. Le moment, a-t-il ajouté, de faire tomber « en plus des murs visibles, d’autres murs invisibles… dans le cœur des personnes »  qui « se renforcent et tendent à diviser ce continent ». Des murs faits de « peur, agressivité, manque de compréhension envers les personnes d’origines ou de religions différentes. Des murs d’égoïsme politique et économique, sans respect pour la vie et la dignité de toute personne ».

L’homme au centre, une urgence

L’Europe est née pour être « une famille de peuples ». Il est clair pour le Pape qu’elle ne l’est pas – et qu’elle ne le sera jamais tant qu’elle ne remettra pas « la personne au centre », qu’elle ne sera pas « un continent ouvert et accueillant », qu’elle ne continuera pas à « réaliser des formes de coopération non seulement économique mais aussi sociale et culturelle ». Il le dit dans ce message-vidéo comme il l’a dit à Strasbourg devant le parlement en 2014 et, en mai dernier, en recevant le prix Charlemagne d’Aix-la-Chapelle pour l’unification européenne.

Nouvel appel à l’Europe

A travers ce message-vidéo, l’Europe est donc appelée une fois de plus à « réfléchir et se demander si son immense patrimoine, imprégné de christianisme, appartient à un musée ou s’il est capable d’inspirer la culture et de donner ses trésors à toute l’humanité ». Son histoire, rappelle le Pape, est celle « d’une rencontre continue entre Ciel et terre : le Ciel indiquant l’ouverture au Transcendant, à Dieu, qui a toujours marqué l’homme européen ; la terre représentant sa capacité pratique et concrète d’affronter situations et problèmes ».

Et ne pas oublier que « Dieu porte toujours la nouveauté », mais le chrétien, s’interroge le Pape, est-il encore aujourd’hui ouvert à « ses surprises » ? Aux mouvements et communautés chrétiennes d’Europe, le Saint-Père confie alors le soin de montrer cette nouveauté, de faire « mûrir les fruits de l’Évangile » qui « ont germé à partir des racines chrétiennes » et dont l’Europe « se nourrit depuis 2000 ans ».

Promesse finale

Les paroles de conclusion d’Andrea Riccardi, le fondateur de la communauté Sant’Egidio, lues ensuite par Marco Impagliazzo, président de la Communauté, devant les 5 000 personnes présentes sur la Karlspatz de Munich, reflètent bien l’esprit et l’engagement souhaité par le Pape: « Oui à des ponts de miséricorde. Oui à la découverte de l’autre et de sa richesse. Oui à la compréhension que nous formons vraiment “une seule chose’’, qu’il existe une unité et une fraternité pour lesquelles il vaut la peine de travailler et des chemins pour abattre tous les murs de séparation ».

Le message final issu des travaux, sonne comme une promesse : « L’Europe ne doit pas devenir une forteresse et ériger de nouvelles frontières. Il n’y a pas d’alternative au vivre ensemble. Nous demandons à tous les chrétiens de surmonter les divisions. Nous vivons l’Évangile de Jésus-Christ et nous le témoignons en paroles et en actes. Nous nous engageons à faire grandir la bienveillance et la paix dans le monde ».

En toile de fond : le choc du Brexit

« Le Pape croit à la nécessité d’une refondation de l’Europe, et d’une réaffirmation de ses valeurs et de ses objectifs traditionnels », a confié ces jours-ci le chef de la diplomatie vaticane, Mgr Paul Richard Gallagher, à l’Agence France Presse. Dans cet entretien, paru le 2 juillet et rapporté par l’Agence I-Media, le secrétaire pour les relations avec les États a espéré que le “Brexit“ sera motif pour les dirigeants européens de « s’écouter plus attentivement » et faire en sorte que « les préoccupations de leurs peuples se reflètent davantage dans les décisions prises au niveau européen ». Si le Saint-Siège « respecte complètement les décisions du peuple du Royaume-Uni », a encore confié l’archevêque britannique, « il espère aussi que l’ensemble des objectifs du projet européen soit protégé, préservé et même renforcé ».

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