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Barbie, sex-symbol ou cauchemar ?

Exposition Barbie au musée des Arts décoratifs à Paris jusqu'au 18 septembre 2016. © Mattel
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Jusqu’au 18 septembre prochain, la poupée la plus célèbre de la planète fait l’objet d’une rétrospective au Musée des Arts Décoratifs.

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Trop blonde, trop sexy, trop cruche, trop américaine. On a prêté tous les maux à Barbie. Même avant sa création, elle fait déjà polémique. Lorsque Ruth Handler (l’une des fondatrices de Mattel) présente à ses investisseurs le projet d’une poupée mannequin en trois dimensions, ceux là s’insurgent. Une poupée ressemblant à une femme ? Avec de la poitrine ? C’est d’ailleurs un argument que beaucoup lui opposent encore aujourd’hui, estimant qu’une petite fille n’a pas à s’amuser avec un corps hyper sexualisé. La poupée finira tout de même par être produite par Mattel en 1959, et dès le début, elle connaîtra un franc succès. Alors que la marque avait prévu de fabriquer 20 000 poupées par semaine, elle doit tripler sa production. Pourquoi cette Barbie est-elle adulée ?

S’inventer des histoires avec Barbie

En observant sa fille Barbara, Ruth Handler (l’une des fondatrices de Mattel) a bien compris qu’un poupon pour jouer à la maman ne lui suffit plus. Ce qu’elle aime, c’est habiller, déshabiller et inventer des vies à des poupées de papier, qui ressemblent à des adultes en imitant les poupées de mode du début du XXe siècle. Inspirée par une poupée publicitaire allemande croisée lors d’un voyage en Suisse, Ruth Handler a alors l’idée d’un jouet qui offrirait à sa fille tout l’imaginaire d’une ambitieuse vie d’adulte. Barbie est née.
Vendue dans un simple maillot de bain rayé noir et blanc, la première poupée incite ainsi à acheter le reste de sa garde-robe. La blonde aux courbes de rêve est un pur produit de la société de consommation, qui plaît pour le message décalé qu’elle insère dans le marché du jouet.

La toute première Barbie commercialisée, en 1959. © Mattel
La toute première Barbie commercialisée, en 1959. © Mattel
La toute première Barbie commercialisée, en 1959. © Mattel

Barbie, une femme moderne

Rencontrer le prince charmant, se marier, avoir des enfants : Barbie déconstruit ce modèle. Ken n’est jamais présenté comme son mari mais comme son petit ami. C’est sa meilleure amie la poupée Midge, créée en 1963, présentée avec son mari et ses enfants, qui remplit le rôle de jouet pour simuler la maternité. Les petites filles sont donc invitées à se projeter dans une vie de femme, et plus seulement de mère ou d’épouse. Une femme avec un large cercle d’amis incluant des ethnies diverses (oui, elle a une copine noire et une autre latino), des racines familiales (elle a des frères et sœurs, des parents), et surtout, une multitude de carrières qui s’offrent à elle.

Aujourd’hui, la poupée offre peut-être une alternative aux deux projections proposées aux petites filles, parfaitement expliquées dans l’excellent documentaire de Cécile Denjean « Princesses, Pop Stars et Girl Power« . La réalisatrice y démontre que la Culture « Girly » (dont Barbie est l’un des étendards) impose aux petites filles la figure des princesses et une obsession pour la beauté dès leur plus jeune âge, qui se transforme naturellement à l’adolescence par une fascination pour les célébrités ultra sexy. De Cendrillon à la chanteuse Britney Spears, il n’y a qu’un pas. Ma fille, tu seras une épouse docile dans ton joli château ou bien une gagnante idolâtrée de The Voice.

Est-ce que Barbie contribue à pérenniser ce schéma là ?

Pas si l’on en croit les différents métiers qu’elle a incarnés au fil des ans. La poupée a eu 1000 vies ! Avec elle, pas de limite aux ambitions professionnelles. Parmi les 155 métiers qu’elle a incarnés, on trouve aussi bien les plus prosaïques (Serveuse chez McDonald’s, Pizzaïolo, Baby-Sitter….) que les plus grandioses (paléontologue, championne olympique de descente à ski…) et parfois même des fonctions à priori estampillées masculines : astronaute dès 1965 (Barbie a marché sur la lune avant Neil Armstrong !), membre de la Police Montée Canadienne, et même quatre fois candidate à l’élection présidentielle des États-Unis !

WEB EXPO BARBIE MONTAGE
Parmi les métiers de Barbie, on trouve aussi bien la candidate à la présidentielle des États-Unis que serveuse chez Mc Donald’s. © Mattel

Fini la taille de guêpe, Barbie reflète toutes les formes des femmes !

Elle a en revanche bien entretenu les clichés sur la beauté parfaite : ses mensurations surréalistes, son make-up toujours nickel et ses cheveux soyeux ont refilé des complexes à plus d’une en imposant un idéal de silhouette inatteignable. Mattel l’a bien compris et passe enfin le cap d’une beauté plus réaliste en proposant en 2016 de toutes nouvelles silhouettes qui reflètent mieux le corps des « vraies » femmes : Curve (la Barbie un peu ronde aux hanches, mollets et poitrine plus développés), Tall (la Barbie très grande, très fine et presque plate) et Petite (comme son nom l’indique, petite!), le tout dans plus de 16 variétés de cheveux et de couleurs de peau. Il était temps !

Les différentes couleurs de peau et de cheveux pour la collection Barbie Fashionista 2016 © Mattel
Les différentes couleurs de peau et de cheveux pour la collection Barbie Fashionista 2016 © Mattel
Les différentes couleurs de peau et de cheveux pour la collection Barbie Fashionista 2016 © Mattel

Barbie, la poupée ambitieuse

Alors oui, elle aime le rose, sa garde-robe est démesurée, elle est blonde, blanche et sa dentition est agaçante de perfection, mais est-ce qu’on ne pratiquerait pas un peu de « Slut-Shaming » avec Barbie ? Vous savez, cette pratique qui consiste à stigmatiser, culpabiliser ou disqualifier toute femme dont l’attitude ou l’aspect physique seraient jugés provocants. Toutes ces années, ne l’a-t-on pas résumée à son physique sans prendre en compte les projections qu’elle permet aux petites filles ? Un physique qui plus est, a été imaginé par une femme, Ruth Handler, et n’est donc pas la projection d’un fantasme masculin créé par un homme ?

Arrêtons de reprocher à Barbie sa beauté ou ses mœurs légères. Après tout, elle n’a jamais eu d’enfant illégitime avec Ken. Et même si c’était le cas, faudrait-il la dénigrer et cacher aux petites filles (cathos ou non) qu’il y a d’autres états de vie que le mariage ? Voyons plutôt dans cette poupée une jeune femme ambitieuse dont les seuls fantasmes qu’elle projette doivent être ceux des multiples carrières qui s’ouvriront demain aux petites filles d’aujourd’hui. Et en attendant que la vôtre ait des envies de carrière d’avocate, de vétérinaire ou d’institutrice, – laissez la pâlir d’envie devant sa quantité astronomique de vêtements (la section de l’exposition consacrée aux créateurs ayant habillé Barbie vaut le détour). Parce qu’après tout, si on doit bien concéder un cliché à Barbie, c’est son amour pour la mode et pour le rose…

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