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Si l’on chantait (la gloire de Dieu) ? Épisode 3. Les chants charismatiques

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Comment chante l’Église d’aujourd’hui ? Explication.

Tandis que les vieux carnets de chant paroissiaux à la couverture de cuir jaunissent tranquillement sous les bancs des églises, Ecclesia Cantic rassemblait, fin mai, près de 500 jeunes à Grenoble. Membres d’une chorale ou non, ces jeunes aiment chanter et surtout chanter la gloire de Dieu par le chant polyphonique (c’est-à-dire à quatre « voix » : soprane, alto, ténor, basse). Ils témoignent du renouvellement du chant liturgique à l’œuvre dans l’Église de France. Un chant qui ne fait pas table rase du passé, mais s’enrichit de sa longue histoire. Du chant grégorien aux chants charismatiques, comment chante l’Église d’aujourd’hui ? Retour (non exhaustif) sur les sensibilités musicales et vocales de ses fidèles…

Rythmes entraînants, ferveur inspirée, mains levées vers le ciel… Entre deux témoignages de conversion, vous avez pu vivre le chant en langue (ou glossolalie, c’est-à-dire le fait de chanter des paroles inintelligibles, inspirées par l’Esprit Saint) ou écouter une personne parler par images de l’amour de Dieu.

Pas de doute, vous êtes bien dans un groupe de prière charismatique. Chez les « chacha », comme on dit dans le milieu catho. Or, derrière ces clichés, un travail en profondeur sur le chant et la prière a été opéré par le mouvement charismatique dans l’Église.

Depuis les années 70 en France, les « communautés nouvelles » issues du Renouveau charismatique ont contribué au renouvellement du répertoire de l’Église catholique. Chemin Neuf, Emmanuel, Verbe de Vie, Béatitudes… Ces communautés ont à leur actif des centaines de chants dont beaucoup sont devenus des « tubes » dans les paroisses.

Plongés dans l’Esprit Saint

Le Renouveau charismatique est apparu dans l’Église catholique en 1967 lorsqu’un groupe d’étudiants et de professeurs de l’Université Duquesne à Pittsburgh (Pennsylvanie) a voulu revivre la venue de l’Esprit Saint sur les apôtres. Ils vécurent une véritable « effusion de l’Esprit Saint », appelée aussi « nouvelle Pentecôte ». Le Renouveau charismatique se répandit ainsi aux Etats-Unis et partout dans le monde.

« L’effusion de l’Esprit Saint est une expérience transformante de l’amour de Dieu le Père répandu dans le cœur d’une personne par l’Esprit Saint, que cette même personne a accueilli à travers un abandon d’elle-même à la seigneurie de Jésus-Christ. Elle ravive la grâce du baptême et de la confirmation, approfondit la communion avec Dieu et avec les autres fidèles en Christ, allume la ferveur évangélique et équipe la personne de charismes en vue du service et de la mission. » (document de la Commission doctrinale du Service International du Renouveau Charismatique Catholique publié en 2012)

Le renouvellement du chant fut un fruit essentiel de cette expérience de Pentecôte. « Dès les débuts de la communauté de l’Emmanuel, il y a eu cette expérience de la louange », explique Guillemette Pradère, sœur consacrée dans la communauté, ex-responsable de la liturgie (2000-2003). « De retour d’un voyage aux Etats-Unis en 1976, les fondateurs de la communauté, saisis par la force de la louange charismatique, ont traduit des chants américains et ont commencé très vite à composer. »

Pour Alexis Fleury, compositeur pour la communauté de l’Emmanuel, les caractéristiques principales des chants composés par la communauté sont : « le goût pour la parole de Dieu, une inspiration qui vient de nos frères protestants », « des mélodies simples et participatives, que l’assemblée puisse s’approprier », et « une dimension missionnaire ».

Composer en communauté

Ces caractéristiques tranchent avec les chants que l’on avait l’habitude d’entendre dans les années 70, plus centrés sur l’homme et ses questions. « L’expérience du Christ vivant ressuscité, parmi nous, qui nous parle à travers sa parole est une expérience affirmative de la présence de Dieu qui se traduit par la louange, la proclamation, l’acclamation de Dieu, à la différence des chants qui laissent place aux questions », indique Guillemette Pradère.

La composition des chants se fait donc dans la prière, l’écoute de la parole de Dieu et l’attention aux motions de l’Esprit Saint. « D’où l’importance collective du discernement », ajoute la sœur consacrée, afin de savoir si une parole est réellement reçue de Dieu ou pas.

Chez les charismatiques, la composition n’est alors pas une affaire de spécialiste. Mais le revers de la médaille peut être parfois un manque de rigueur dans la composition harmonique. À cela, Guillemette répond en toute simplicité :

« À l’origine, ces chants étaient faits pour être chantés dans des groupes de prière, à la guitare, pas pour être joués dans des cathédrales. Nous n’avons pas eu une politique de conquête. Les gens ont été touchés par ces chants. Même si cela n’est pas parfait, il y a quelque chose qui porte à la prière. On essaye d’améliorer, que ce soit l’écriture des paroles, de la musique ou l’harmonisation. Nous avons appris les règles. Mais il y a des styles d’écriture différents, et le nôtre ne rentre pas forcément dans les canons de la musique classique. »

Diversité des appels

« Chaque communauté a un type d’appel particulier et donc elle crée en fonction de ce type d’appel », souligne Sylvie Tribouillet, membre de la Communauté du Chemin Neuf, auteur de nombreux chants. Dans cette communauté catholique à vocation œcuménique, les chants sont très inspirés par la pop louange évangélique, « praise and worship » (louange et adoration), notamment Hillsong, une Église évangélique fondée en Australie. On trouve aussi des mélodies africaines ou créoles, comme la litanie des saints congolaise, « des chants qui bougent », comme dit une jeune habituée des soirées de prière du Chemin Neuf, mais aussi des chants méditatifs.

De leur côté, les chants de la communauté de l’Emmanuel sont plus répandus dans les paroisses. « La dimension liturgique est très importante pour nous », note Guillemette Pradère. « Nous avons été très nourris par l’œuvre liturgique d’André Gouzes et de Taizé. » Plusieurs ordinaires de messe ont été composés par la communauté (la messe de Saint Boniface par exemple), et aussi des chants de communion et d’offertoire.

Mais attention à la sectorisation entre sensibilités, prévient Sylvie Tribouillet. « S’il n’y a pas de passerelles, c’est très dangereux. L’unité coûte cher. Elle se donne avec de l’effort. Il y a beaucoup de demeures dans la maison du Père. S’il y avait un entonnoir par lequel il faudrait tous passer, Jésus nous l’aurait dit. » Subtile dialectique à adopter !

Chants méditatifs, louange, chants liturgiques, chants pour groupe de prière, pop louange… Les styles charismatiques sont divers. Le point commun de ces chants se trouve en fait dans la façon de composer : en communauté, inspiré dans la prière, nourri par la Parole de Dieu et l’Esprit Saint. C’est peut-être le secret de ces chants qui allient une grande liberté dans l’écriture et une belle ferveur dans l’interprétation.

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