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« Le moment est venu de nous demander ce que nous voulons être »

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Après le Brexit, comment l'Union européenne doit-elle réagir ?

En décidant finalement de quitter l’Union européenne après que leur pays en ait été un partenaire difficile mais loyal pendant 43 ans, nos amis britanniques ouvrent une nouvelle page de l’histoire contemporaine, la leur et la nôtre qui restons membre d’une Union à 27. S’ils quittent l’Union, ils ne quittent pas pour autant l’Europe, tant leur histoire, leur culture, leurs coutumes singulières sont en réalité tissées dans la même étoffe que la nôtre.

Ce départ, même encadré par un nouvel article du Traité d’Union européenne, ouvre une page nouvelle, largement inconnue, pour eux comme pour nous. Dans ces circonstances inédites, les valeurs et les principes qui guident l’action sont encore plus importantes que les programmes et les règles de droit puisqu’elles aideront les responsables politiques, la société civile, en particulier les Églises à trouver les réponses appropriées qui peuvent donner un sens à cette séparation.

Fair play

En premier lieu, réagir avec dignité, en respectant les choix faits, en conservant de part et d’autre une estime véritable, sera une condition essentielle pour que les négociateurs de la séparation parviennent rapidement à stabiliser les nouvelles relations commerciales, financières, diplomatiques et politiques entre le Royaume Uni et l’Union européenne. Les interdépendances de fait qui se sont constituées en près d’un demi siècle sont considérables.

Les regrets, l’esprit de revanche ne sont pas de mise lorsqu’il s’agira d’organiser une forme de partenariat privilégié avec la Grande Bretagne à laquelle des intérêts géopolitiques majeurs continueront de nous lier. La dignité n’est pas moins nécessaire aux Britanniques après le Brexit pour qu’au terme d’une campagne qui fut souvent brutale, parfois violente , ils mobilisent le fair play, le sens du parlementarisme et le pragmatisme dont ils sont capables pour rester eux mêmes unis dans la conduite nouvelle de leur avenir. Les pays continentaux de l’UE n’ont rien à gagner d’un « Royaume désuni » à leurs portes.

Démocratiser l’Europe

Le sens démocratique est une seconde valeur à préserver absolument, particulièrement de la part de ceux qui comme moi, auraient souhaité une autre issue. Le fossé entre les élites et les classes populaires, source du Brexit, touche aussi bien d’autres pays de l’UE, particulièrement le nôtre. Si nous sommes attachés à la poursuite du rêve européen, dont sont issues les institutions de l’UE, il convient d’admettre que les dispositions prises pour démocratiser l’Europe, notamment via le rôle accru du Parlement européen, les modes nouveaux de désignation des hauts responsables, l’application plus systématique du principe de subsidiarité au bénéfice des parlements nationaux, ne sont pas à la mesure des exigences requises par une appropriation large par les peuples des enjeux européens.

Les réformes à engager de ce point de vue sont profondes. Elles touchent chez nous le manque de transparence au sein des institutions nationales et dans le débat public de tout ce qui touche aux affaires européennes : elles demeurent largement réservées à l’exécutif et aux spécialistes. Elles concernent la structure du Traité de l’UE, trop rigide pour réagir simplement aux attentes des peuples. Elles concernent aussi bien sûr les politiques, qui manquent aujourd’hui d’une claire dimension de solidarité et de coopération, face à un environnement mondial qui suscite à juste titre l’anxiété.

Un dialogue exigent

La troisième valeur à privilégier est celle du dialogue, le dialogue comme méthode politique, au sens où le Pape François n’a cessé de le recommander. Nul doute en effet, surtout dans un contexte électoral en France l’an prochain, que des conceptions divergentes de l’avenir de l’Europe et du futur de la France dans l’Europe vont s’affronter. Le vieux débat entre Europe communautaire et Europe intergouvernementale resurgira. Pour les partisans de ce premier modèle, dont je suis, il ne saurait être question de s’en tenir aux arguments d’efficacité.

Pour rentrer dans un vrai dialogue, il convient de créer un socle commun de convictions à partir desquelles il devient possible de progresser. Le moment est venu, en raison même de la profondeur du choix et du choc du Brexit, de nous demander non seulement ce que nous voulons faire ensemble, entre Européens – et comment nous entendons le faire, mais sans doute avant toute chose de nous demander ce que nous voulons être ensemble, en lien avec un modèle de civilisation auquel nous tenons et qu’il est légitime de préserver – pas seulement d’adapter, face au monde.

Jérôme Vignon, président d’honneur des Semaines sociales de France, lieu de formation, de débat et de proposition sur les grands enjeux de société inspiré par la pensée sociale de l’Église.

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