Recevez la newsletter d'Aleteia chaque jour!
Démarrez la journée avec la newsletter d'Aleteia
Je m'abonne gratuitement !

Vous ne souhaitez pas faire de don ?

Voici cinq façons d'aider Aleteia:

  1. Prier pour notre équipe et le succès de notre mission
  2. Parler d'Aleteia dans votre paroisse
  3. Partager les articles d'Aleteia avec vos amis et votre famille
  4. Désactiver votre bloqueur de pub quand vous êtes sur Aleteia
  5. S'abonner à notre newsletter gratuite et la lire tous les jours

Je vous remercie!
L'équipe d'Aleteia

 

Souscrire

Aleteia

« Un processus de dislocation du Royaume-Uni va peut-être s’amorcer »

Pascale Joannin, directrice générale de la Fondation Schuman © Vernier/ JBV NEWS
France. Paris le 2013/04/02
FONDATION SCHUMAN
© Vernier/ JBV NEWS
Partager

L'euroscepticisme britannique latent dès l’origine n’a cessé de croître. Il vient de l'emporter.

A woman passes by a Remain campaign office one day after after Britain voted to exit the European Union, in Gibraltar on June 24, 2016.   Spain said on June 24, 2016 it was closer to asserting control over Gibraltar after Britain voted to leave the European Union, prompting London to jump to the defence of its overseas territory. / AFP PHOTO / SERGIO CAMACHO
© SERGIO CAMACHO / AFP
Gibralatar (RU) ne voulait pas entendre parler d'une sortie de l'UE

Les marchés financiers sont très affolés depuis ce matin : ils sortent d’un grand ensemble et ils vont se retrouver tout petits à l’échelle du monde… Ils comptent à l’intérieur de l’Union européenne, mais que vont-ils devenir en dehors ?

Quelles conséquences pour l’Europe ?
Ce n’est pas une bonne nouvelle. Mais l’Union européenne existait avant le Royaume-Uni, et elle continuera à exister après le départ du Royaume-Uni. Mais pour l’opinion et les observateurs, il va falloir que les États membres prennent des initiatives et des décisions pour montrer que l’Europe n’est pas arrêtée par le Brexit… On attend des initiatives franco-allemandes, mais également des six pays fondateurs. En réalité, le problème est surtout pour le Royaume-Uni, car il ne pourra pas rester tout seul et devra renégocier des accords internationaux sur le modèle norvégien ou suisse… C’est une période de troubles qui s’ouvre pour les Britanniques : pendant les deux années de divorce qui s’annoncent et par la suite, pendant la renégociation des traités avec l’Union européenne.

Est-ce une vague de départs qui s’annonce ?
Pour l’instant, la demande vient de partis populistes, antieuropéens. Il y en a deux : le parti de M. Wilders aux Pays-Bas (l’allié de Marine Le Pen au Parlement européen) et celui de Mme Le Pen en France. À ce jour, il n’y a pas d’autre pays à manifester une demande de sortie après le référendum britannique. Les populistes le réclament mais ils ne sont au pouvoir nulle part actuellement.

Ce choix n’est-il pas typiquement britannique ? Le général de Gaulle l’avait déjà analysé…
Le général de Gaulle ne voulait pas faire entrer le Royaume-Uni dans la communauté européenne pour des raisons évidentes. Si vous relisez Robert Schuman, le père fondateur français, dans son livre daté de 1963, il explique les raisons pour lesquelles la Grande-Bretagne ne pouvait pas entrer dans l’UE. Il y a une spécificité britannique, du fait que c’est une île qui n’a jamais été envahie, même pendant la Seconde Guerre mondiale. À ce sujet, il y a toujours eu une certaine réfraction britannique à se voir assimiler au reste du continent.

Les pères fondateurs avaient-ils envisagé ce genre de situation pour l’Europe ?
Non. Robert Schuman voulait une alliance avec l’Allemagne pour qu’il n’y ait plus jamais la guerre entre nos deux pays. Il était issu d’une région – l’Alsace-Moselle – qui avait été française ou allemande au gré des guerres et dont les départements n’ont toujours pas la même loi qu’ailleurs près de cent ans après la fin de la Première Guerre mondiale. L’objectif était de se donner les moyens de ne plus se battre sur ce continent qui a été le théâtre de deux Guerres mondiales extrêmement meurtrières au siècle dernier…

Le principal atout de l’Union européenne, que les peuples ont un peu oublié, c’est que l’on ne se fait plus la guerre depuis plus de 70 ans. Les Anglais n’étaient pas intéressés par ce projet au départ, ils se simplement sont laissés séduire par la communauté économique européenne. Le pays est « faiblement européen » depuis le départ.

Churchill appelait de ses vœux une Union européenne, mais il ne voulait pas que le Royaume-Uni en fasse partie. « Nous n’avons pas été envahis, donc nous n’avons pas la même Histoire que l’Europe. » Ils sont rentrés pour des motifs économiques et ils en ressortent pour des motifs qui sont tout sauf économiques.

Propos recueillis par Sixtine Fourneraut

Pages: 1 2

Newsletter
Recevez Aleteia chaque jour. Abonnez-vous
Aleteia vous offre cet espace pour commenter ses articles. Cet espace doit toujours demeurer en cohérence avec les valeurs d’Aleteia. Notre témoignage de chrétiens portera d’autant mieux que notre expression sera empreinte de bienveillance et de charité.
[Voir la Charte des commentaires]