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« Un processus de dislocation du Royaume-Uni va peut-être s’amorcer »

Pascale Joannin, directrice générale de la Fondation Schuman © Vernier/ JBV NEWS
France. Paris le 2013/04/02
FONDATION SCHUMAN
© Vernier/ JBV NEWS
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L'euroscepticisme britannique latent dès l’origine n’a cessé de croître. Il vient de l'emporter.

Au lendemain d’un vote qui a vu le Brexit l’emporter, Pascale Joannin, directrice générale de la fondation Robert Schuman, analyse pour Aleteia la décision des Britanniques de quitter l’Union européenne.

Aleteia : Selon vous, pourquoi le Royaume-Uni a-t-il décidé de claquer la porte de l’Union européenne ?
Pascale Joannin :
C’est un pays qui est entré en 1973 seulement au sein de la Communauté européenne. Ce n’est pas un pays fondateur de la CEE. Il a toujours eu une position très alambiquée vis-à-vis l’Union européenne, ne participant pas à la plupart des avancées qui ont eu lieu depuis 1973, sauf sur le grand marché unique. Mais n’étant pas dans l’espace Schengen, ni dans la zone euro, il n’a pas non plus ratifié la Charte des droits fondamentaux… C’est un pays qui a toujours eu un pied dehors un pied dedans, comme on l’a dit trop souvent. De ce fait, il y a toujours eu une grande partie de la population dont la sympathie pour l’Europe n’était pas très flagrante.

Quel est le visage de cette population « peu européenne » ?
Il y en a plusieurs. Il y a une partie des conservateurs britanniques (minoritaires), avec Boris Johnson, l’ancien maire de Londres, à leur tête. Ils ont provoqué ce référendum. Il y a trois ans, en 2013, David Cameron comptait de nombreux challengers au sein du parti conservateur. Il s’est engagé à faire passer un référendum en cas de réélection. Il a été réélu en 2015, et le référendum a eu lieu.

Ensuite, il y a le parti Ukip, qui existe depuis 1973 et dirigé par Nigel Farage, fermement opposé à l’adhésion du Royaume-Uni à l’Union européenne depuis l’origine. Sans la moindre traduction politique au Royaume-Uni toutefois car il n’y compte qu’un seul élu.

Enfin, il y a le facteur populaire. La population britannique n’est pas forcément conservatrice ou favorable aux idées du Ukip mais elle voit l’Europe comme une contrainte. Elle n’a pas forcément bénéficié de l’adhésion du Royaume-Uni à l’Union européenne. Pour elle, la vie est difficile.

Hier les principales villes du pays ont voté massivement pour le remain mais les campagnes ont voté pour le Brexit. Donc il y avait un euroscepticisme latent dès l’origine qui n’a cessé d’augmenter.

Est-ce une bonne ou une mauvaise nouvelle pour la France ?
Pour la France, c’est une nouvelle. Bonne ou mauvaise, je n’en sais encore rien. Nos relations avec les Britanniques ont toujours été difficiles, car on les accuse à l’envie d’être trop libéraux, trop favorables au « marché »… Ceci dit, nous avons des liens étroits au niveau de la défense. Nous sommes les deux pays qui dépensons encore un peu de budget national pour des opérations de défense et nous sommes souvent sur le terrain ensemble… L’organisation militaire à laquelle appartiennent nos deux pays est l’Otan. Mais il va falloir désormais que nous rediscutions les termes du contrat.

Sur la question migratoire, il pourrait y avoir des modifications de l’accord du Touquet, accord bilatéral entre la France et le Royaume-Uni par lequel le contrôle de la frontière britannique s’effectue sur le territoire français. Il permet qu’un certain nombre de migrants ou de réfugiés qui ne sont pas autorisés à entrer au Royaume-Uni campent, dans les conditions que l’on connaît, dans la région de Calais. Si le Royaume-Uni quitte l’Union européenne, la France va-t-elle accepter de continuer à les accueillir et de les maintenir sur son sol ? Attendons de voir si la France demande sa renégociation.

Y a-t-il d’autres difficultés que la France va devoir surmonter ?
La mauvaise nouvelle est d’abord pour les Britanniques. Ils vont avoir des problèmes intérieurs. Depuis l’annonce des résultats, les Écossais commencent à reparler de l’indépendance de l’Écosse, les Irlandais du Nord posent la question d’une réunification avec l’Eire… Un processus de dislocation du Royaume-Uni va peut-être s’amorcer.

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