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Le Pape en Arménie… mais pas seulement !

L'église arménienne Ejmiatsin de Tbilisi © Wikimedia commons
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« Ce voyage n’aura de sens que considéré dans sa totalité », après une tournée dans le caucase : en Géorgie et en Azerbaïdjan…

Le pape François s’apprête à vivre en Arménie, une visite à la fois unique et pleine de signification. À Erevan, la capitale, où se tiendra une rencontre œcuménique et une prière pour la paix, mais également à Gumri, la deuxième ville du pays, où se concentre le plus grand nombre de catholiques, et à Khor Virap, haut lieu de la spiritualité arménienne, marqué par le souvenir de Grégoire l’Illuminateur, qui évangélisa l’Arménie au IVe siècle.

Ce voyage sera le quatorzième pèlerinage international du Saint-Père à l’étranger et son septième en Asie, après la Jordanie, la Palestine, Israël, la Corée du Sud, les Philippines et le Sri Lanka. Mais l’Arménie, où il passera une cinquantaine d’heures (entre le 24 et le 26 juin prochains), ne sera que la première étape d’un long périple dans le Caucase qui inclut une seconde étape : la Géorgie et l’Azerbaïdjan, du 30 septembre au 2 octobre prochains.

Cette précision n’est pas à prendre à légère. Le Pape, en effet, estime que sa présence et sa mission n’ont de sens que si elles apportent sa « proximité » et  » sollicitude » aux Églises et aux peuples qui ont fait et font encore aujourd’hui l’Histoire de toute la région du Caucase, charnière entre l’Asie et l’Europe. Et c’est pourquoi l’annonce officielle des deux étapes a été faite en même temps, alors qu’un intervalle de deux mois les sépare.

Seulement 3% de catholiques

Au cours de ces voyages, le Saint-Père visitera des pays qui, ensemble, forment une population de 17 millions d’habitants, dont 3% seulement sont catholiques, concentrés essentiellement en Arménie et Géorgie. La situation de la région est très complexe sur le plan géographique et politique, et son Histoire très tourmentée, ponctuée de grands moments de violence.

Ce voyage promet donc encore une fois de ne pas être facile. Le Pape se retrouvera dans une de ces régions « périphériques » où se croisent tant d’équilibres politiques, délicats et fragiles, et de gros intérêts économiques, pour la région mais aussi pour l’Europe de l’Est et le Moyen Orient. Mais cette région périphérique est aussi un pont entre l’Europe et l’Asie, que l’on ne saurait considérer comme marginal, superflu, ou sans importance. Comme dans les pays africains, visités en novembre 2015, comme à Lesbos et à Lampedusa, ces zones sont de vrais carrefours. Petits ou grands, les intérêts économiques, politiques et culturels qui s’y jouent et les situations de crise auxquelles ces pays sont souvent confrontés, dans le plus grand silence des médias, ont un impact non indiffèrent sur l’Occident comme sur l’Orient.

Un programme riche en rencontres

Il faut donc regarder certains événements du programme prévu en Arménie, à la lumière de tout cela. Dans une optique pastorale que le pape François souhaite la plus claire et la plus éloquente possible, et qui se caractérisera par beaucoup de gestes, au-delà de la simple parole. Un de ces moments forts sera la rencontre avec les évêques de l’Église apostolique et en particulier avec le Catholicos Karekin II, qui l’hébergera au palais d’Etchmiadzine, mais également l’unique célébration eucharistique à Gumri sur la place Vartanants, et la visite et prière œcuménique pour la paix au mémorial du génocide arménien (Tzitzernakaberd).

À l’extérieur du mémorial, le pape François déposera une couronne de fleurs. Sur place, seront présents des groupes d’enfants et de jeunes, ainsi que des descendants des quelque 400 enfants qui, depuis 1919, pendant plusieurs mois, furent hébergés dans les villas pontificales de Castel Gandolfo, sous les pontificats de Benoît XVI et Pie XI. Une brève cérémonie religieuse, accompagnée de chants et de lectures, aura lieu dans la salle de la flamme éternelle. Suivra une prière du Catholicos, en langue arménienne, puis celle du Pape, en italien. Enfin, d’autres chants et la récitation du Notre Père précèderont la bénédiction commune. Une autre prière œcuménique pour la paix sera récitée à Erevan, accompagnée des discours du Catholicos et du Pape.

Enfin, face au mont Ararat, le Souverain Pontife et Karekin II se rendront ensemble au monastère Khor Virap, situé à quelques kilomètres de la frontière turque, et descendront ensemble dans la salle du Puits de saint Grégoire l’illuminateur, où François allumera un cierge avant de se rendre en procession jusqu’à la petite chapelle, située juste à côté. Là, le Catholicos remettra au Pape un flambeau. Le Saint-Père, à son tour, offrira un présent au monastère. Suivra alors une prière pour la paix en arménien et en italien, puis les deux hommes clôtureront la rencontre sur la terrasse du Belvédère, en libérant deux colombes blanches.

Ce voyage dans le Caucase arrive à un moment où les hostilités profondes entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, se sont rallumées dans le Haut-Karabakh, et dont l’actualité a fait écho. Mais d’autres tensions empoisonnent la région : en Abkhazie, en Ossétie, où elles sont mineures mais non moins insidieuses. Après une longue et relative accalmie dans la région, de nouveaux affrontements entre Erevan et Bakou, ont rouvert la question du Nagorny-Karabach qui s’est conclue, le 16 mai dernier, par la signature d’une trêve entre les présidents des deux pays à Vienne, sous l’égide de l’ONU. Trêve qui semble toujours tenir.

Article initialement publié par Vatican Insider traduit par Isabelle Cousturié

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