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Le Brexit envoie aux oubliettes la dixième manif contre la loi Travail

©MICHAEL KAPPELER / DPA
A woman reading a newspaper on the tube in London, England, 24 June 2016. The British decided on leaving the European Union in a referendum. PHOTO: MICHAEL KAPPELER/dpa
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Les évènements de la semaine sont passés au second plan ce 24 juin, au lendemain du référendum par lequel le Royaume Uni est sorti de l’Union européenne.

Est-ce un « coup de théâtre incroyable » comme l’annonçait Valeurs Actuelles au matin du « Brexit » (contraction de British Exit) ? Certes, les « bookmakers britanniques (…), jusqu’à 23h, tablaient encore sur un maintien du Royaume-Uni dans le giron européen » mais c’était un pari…risqué ! On savait que le « remain » (on reste) et le « leave » (on quitte) étaient au coude à coude. Finalement, les Britanniques se sont prononcés à 51,9% pour une sortie de l’UE.

Le référendum menace l’unité du Royaume-Uni

Initiateur du référendum sur le maintien du Royaume-Uni dans l’Union européen, le Premier ministre David Cameron a annoncé sa démission sous trois mois. « “Je ne peux plus être le capitaine de ce bateau, a déclaré Cameron, visiblement très ému, selon le Huffington Post. Les Britanniques ont pris une décision claire (…) et je pense que le pays a besoin d’un nouveau leader pour prendre cette direction.” »

Cameron aura « brisé deux unions » : l’Union européenne et l’Union Jack, a commenté J.K Rowling, la « mère » de Harry Potter. « Jamais le Royaume-Uni n’a paru aussi proche d’une implosion, souligne Paris Match. La carte des résultats du vote pour ou contre le Brexit est éclairante : les Écossais, les Irlandais du Nord et les Gallois ont en majorité voté pour le maintien du Royaume-Uni dans l’Union européenne. La Première ministre de l’Écosse, Nicola Sturgeon, a d’ailleurs prévenu vendredi que l’Écosse voyait « son avenir au sein de l’Union européenne », après le vote des Britanniques… » Mais aux divisions géographiques, s’ajoutent les divisions sociales et  générationnelles, remarque 7 sur 7 : « Les jeunes Britanniques se sont donc levés particulièrement frustrés et impuissants face à ce résultat auquel personne ne voulait croire. Un sentiment de colère prédomine, eux qui devront vivre le restant de leur vie avec une décision qu’ils n’ont pas choisie. En effet, les jeunes âgés de 18 à 24 ans étaient favorables à 75% an maintien du Royaume-Uni dans l’Union européenne, selon un sondage YouGov réalisé le jour même du référendum. »

« Le Brexit va maintenant entamer un cycle de négociations, annonce RFI : conditions de sortie de l’UE, négociation de nouveaux accords avec elle et conclusions de traités commerciaux avec les pays extérieurs à l’UE liés à cette dernière par une entente. Le gouvernement britannique a déjà prévenu, elles pourraient durer une bonne dizaine d’années. Autant de temps d’incertitude pour l’économie britannique ». Pour elle seulement ?

Un exemple contagieux  ou libérateur ?

« Suède, Danemark et Pays-Bas pourraient emboîter le pas aux Britanniques après la victoire du Brexit » selon BFMTV  qui craint que la « contagion » ne s’arrête pas là (une chaîne qui a fait clairement campagne pour le « in » comme quasiment tous les grands médias français relayant la voix des chefs d’État européens). « Tous les dirigeants européens sont intervenus pour retenir les Britanniques, conscients que leur départ ferait peser une menace de désintégration du club des pays membres de l’UE » rappelle Paris Match. Mais leurs cris d’alarme n’ont pas convaincu ceux qui ont cru trouver dans le Brexit « La victoire des vrais gens, des gens ordinaires » qu’annonçait Nigel Farage, le chef du parti anti-Europe et anti-immigration Ukip : « Nous l’avons fait pour l’Europe entière. J’espère que cette victoire va faire tomber ce projet raté et nous guider vers une Europe de nations souveraines », a-t-il commenté à l’issue du scrutin.

Qui sont les responsables ?

Alors que les médias dénoncent en chœur l’imprudence du premier ministre britannique David Cameron, pour Jean-Louis Bourlanges, ancien eurodéputé centriste, interviewé par Famille Chrétienne, « la vraie cause du Brexit », c’est la faiblesse du couple franco-allemand : « À l’époque où le couple franco-allemand était extrêmement fort, dans les années 1980, Margareth Thatcher ne « bronchait » pas. Certes, elle a déclaré « I want my money back », obtenant un rabais de la participation britannique à l’UE. Mais elle a accepté l’acte unique européen qui est un saut fédéraliste, ainsi que la marche vers l’euro avec l’acceptation du marché unique intérieur. Donc quand le couple franco-allemand est fort, les Anglais sont obligés de suivre. Maintenant qu’ils voient que ce couple est faible, ils se disent : « on s’en va ! »

Mais  il n’y a « pas de confiance sans franchise, pas d’entente possible sur des malentendus » tweete le P. Cédric Burgun ‏ en citant Robert Schuman. « Beaucoup de commentaires appellent ce matin à une nouvelle Europe : non ! Il faut déjà revenir au projet des pères fondateurs ». Bruno Le Maire, député LR et candidat à la primaire, ne se réjouit pas du Brexit, mais en tire malgré tout sur BFMTV un point positif : l’opportunité pour la France qui est « à l’origine de la Constitution européenne (…) de reprendre le leadership sur la construction européenne (…) La France a une responsabilité historique à assumer ». Encore faudrait-il pour cela qu’elle porte un vrai projet politique en se souvenant que l’Europe ce n’est pas d’abord un marché, mais des peuples. « Peu m’importe que les Britanniques aient eu raison ou tort. Ils ont eu le culot d’envoyer au diable les gens convenables, ceux qui trouvent que le populo sent mauvais et qui s’agacent qu’on perde du temps à parler alors qu’ils savent ce qui est bon pour lui » lance Élisabeth Lévy dans Causeur.

Pour l’heure, constate Daniel Schneidermann dans le Nouvel Obs, « bien malin qui peut prédire de quoi les prochains mois seront faits. Effondrement de la livre sterling et du Nikkei, demandes de référendum de l’Écosse et du Sinn Fein, sans compter celles de Le Pen en France, et de Geert Wilders aux Pays-Bas : les premières nouvelles du matin dessinent un paysage de désintégration en chaîne. Un paysage trompeur, bien entendu. » Du moins peut-on retenir cette leçon de courage et d’espérance donnée par le mari de Jo Cox, la députée travailliste assassinée il y a huit jours par un fanatique du Brexit. A la question : qu’aurait déclaré votre épouse ce vendredi matin après l’annonce des résultats du vote ? Il a répondu, toujours selon le Nouvel Obs : « Aujourd’hui, Jo serait restée optimiste et concentrée sur ce qu’elle aurait pu faire pour rassembler notre pays autour de nos meilleures valeurs. »

L’invraisemblable 10e manif contre la loi Travail

Nous n’étions pas en France sur ce registre héroïque quelques heures plus tôt, mais plutôt dans la commedia dell’arte. Interdite puis permise in extremis sur un parcours resserré, la manifestation du 23 juin, la dixième depuis mars contre la loi Travail à l’initiative de sept syndicats (CGT, FO, Solidaires, FSU, UNL, Unef, Fidl)  ne laissera pas le souvenir d’une grande mobilisation : 60.000 manifestants à Paris selon les syndicats (qui en revendiquaient 100 000 lors de la précédente, le 26 mai), 20.000 selon la police. En revanche, le gouvernement en gardera un goût amer. Dès le lundi précédent « le porte-parole de l’un des syndicats organisateurs confiait au Huffington Post que l’intersyndicale avait collectivement décidé de maintenir l’appel à manifester coûte que coûte et de défiler même sans l’autorisation ». « Qui cédera le premier ? La CGT, en se contentant d’un rassemblement statique [exigé par les autorités] ? Le gouvernement, en autorisant finalement une manifestation en bonne et due forme ? » s’interrogeait comme beaucoup d’autres Le Journal de la Haute-Marne. »  Le mercredi 22 juin restera dans les annales comme la plus folle journée de l’exécutif. Après vingt-quatre heures de négociations avec les syndicats, la préfecture de police annonçait à 9h du matin l’interdiction de la manifestation suscitant un tollé quasi général. Deux heures plus tard, elle était autorisée !

Reprise du bal des casseurs

A Paris, le trajet allait de la Bastille à la Bastille au terme d’un parcours de 1,6 km autour du bassin de l’Arsenal : « Fait singulier, les manifestants ont battu le pavé en boucle, relève le JDD. Le cortège « officiel » a été rejoint par des militants de Nuit Debout, qui marchaient en sens inverse, mêlant leurs slogans dans une joyeuse cacophonie. « Retrait de la loi travail! », « Tout le monde déteste le PS », « La police déteste tout le monde »… » …preuve s’il en était besoin que la fameuse affiche rouge de sang commise par la CGT contre la police n’était pas un simple dérapage. Au demeurant « 85 personnes ont été interpellées en amont de la manifestation (…) notamment pour détention d’objets pouvant servir de projectile » rapporte Le Monde. En fin de journée, dans le quartier de Belleville, le siège du syndicat réformiste CFDT accusé d’être un « collabo » fit les frais d’une expédition punitive. Mais c’est à Rennes que se sont produits les plus notables débordements, témoigne Le Parisien : « …le cortège syndical a déambulé, précédé de quelques 300 jeunes dont certains encagoulés, qui ont peint de nombreux tags. Puis une « manifestation sauvage » de près d’un millier de personnes a pris le relais, hors parcours déclaré. De nombreuses agences bancaires, immobilières ou d’assurances ont d’abord été taguées, puis, dans un deuxième temps, certains manifestants s’en sont pris aux vitrines, les brisant à l’aide de marteaux. Parmi les tags on pouvait lire : « Ça passe et ça casse », « Re-péter », ou « Et ma prime à la casse ? »

Avant même que se produisent ces nouveaux débordements, le camouflet subi par le Premier ministre, Manuel Valls, en cédant aux syndicats jusqu’au-boutistes, faisait pronostiquer son départ de Matignon. À  moins d’un an des présidentielles, l’incidence de son départ sur les résultats apparaît si faible, qu’il semble remis en selle pour quelques temps encore…

 

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