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Lettre ouverte à ceux qui pensent que grec et latin sont des langues mortes

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Tous les moyens sont bons pour enterrer la langue des anciens, arrêtons ce massacre !

Qui donc a décrété qu’une langue serait dite morte dès lors qu’elle ne serait plus parlée quotidiennement ? C’est un « abus de langage »… dira-t-on au mieux à certains offusqués. Eh bien cessons d’en abuser de ce langage, diantre ! Quelle ingratitude serait celle d’un enfant qui dirait sa mère morte sous prétexte qu’il ne vit plus sous son toit ? Alors puisqu’il faut ici justifier l’évidence, voici de quoi vous convaincre (et non vous persuader, l’étymologie latine vous fera saisir la nuance) que la langue d’Homère, d’Aristote, de Sophocle et d’Eschyle n’est pas plus morte que celle de Virgile, Sénèque, Plaute… ou que la votre !

En 1910, Guglielmo Ferrero écrivait : « L’histoire de Rome commence par l’ordre, elle ne commence pas par le chaos, comme la biblique histoire de l’univers. Elle commence par la paix intérieure, par la discipline politique, par l’équilibre bien assis des fortunes d’ailleurs toutes modestes, et presque toutes basées sur la terre…Rome a fourni à toutes les générations des modèles différents pour résoudre les problèmes politiques les plus opposés… L’histoire de Rome est universelle et seule elle l’est, c’est pourquoi elle ne peut rejoindre les empires morts… »

– Qu’ai je à parler d’avantage ? Vous n’oubliez aucune circonstance et dites les choses tout justement comme elles sont ! – (Pardon Molière, c’est une réplique de Scapin, mais je la trouve appropriée. Sans rancune ?)

La langue des anciens chez les mathématiciens

Fut un temps, les maîtres d’école exigeaient ce que maintenant on suggère à peine aux étudiants de master : faire chaque soir son petit latin. Il s’agit de traduire sans autre support que le texte originel, un bref extrait d’un auteur aimé, afin de pratiquer cette langue qu’on ne veut pas voir mourir. Et pour travailler la langue, on se penchait aussi avec l’histoire, que l’on pouvait découvrir dans le manuel De viris illustribus urbis Romae (« Des hommes illustres de la ville de Rome »).

Les mathématiciens enseignent et usent depuis des siècles des mêmes théorèmes sans pour autant les accuser d’être morts. La langue des anciens donne à la maitrise de la pensée ce que ces théorèmes offrent à la maitrise du monde physique.

Quelques ouvrages pour redorer le grec et le latin

Un petit ouvrage enfin pourra vous faire saisir l’éternelle actualité de la langue : Nihil novi sub sole (« Rien de nouveau sous le soleil« ), éditions Pocket 2006. Ce recueil bilingue vous propose des textes d’auteurs antiques sur le manque d’éducation de la jeunesse, les troubles causés par les hooligans dans les stades, les embouteillages et autres soucis qui ne nous sont pas étrangers…

Sinon, relisez Jacqueline de Romilly. Elle vous expliquera cent fois mieux que je ne pourrais jamais le faire le fourvoiement du terme « langue morte ».

Le 26 mai dernier, le journal Greekreporter nous apprenait la découverte de la tombe d’Aristote à Stagire. Considérez cela comme un fait divers, si cela vous amuse, mais sachez que pour les philosophes et les gens de lettres, c’est un nouveau lieu de pèlerinage qui vient de surgir de terre.

In fine (« À la fin »), sachez, a fortiori (« Pour une raison plus forte ») si vous venez de lire cet article, qu’accuser le grec et le latin d’avoir été envoyé ad patres (« à la mort ») par le monde moderne, est un casus belli (« Déclencher les hostilités ») difficilement pardonnable, qui pourrait, de facto (« Dans les faits »), entrainer quelque répression manu militari (« par tous les moyens nécessaires ») de tout « lettreux » de votre entourage.

Imo Corde (« Du fond du coeur »).

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