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Hubert Robert, peintre visionnaire

Le port de Ripetta, peinture d'hubert Robert à Rome ©
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Portrait de l’un des plus grands créateurs d’imaginaire poétique du XVIIIe siècle.

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Le 30 mai dernier se terminait au Louvre la très belle exposition consacrée au peinture Hubert Robert. La première depuis 1933 ! Pour tous ceux qui l’ont manqué, voici un petit tour d’horizon de la brillante carrière de ce peintre qui a été, en 1795, conservateur du Museum national des arts, futur musée du Louvre !

Poétique, curieux, sociable, visionnaire… Hubert Robert caractérise à la perfection l’idée que l’on peut se faire de l’Homme des Lumières. Toujours en quête de découverte, il voyagea à Rome pendant dix ans et embrassa tous les genres : du paysage à l’architecture en passant par des décors somptueux. Par sa sympathie naturelle, il parvint à se frayer un chemin parmi les cercles les plus brillants de son temps et se mit sous la protection de grands personnages tels le comte de Stainville, ambassadeur du roi de France auprès du Pape, le bailli de Breteuil ou encore l’amateur parisien Louis Watelet.

Découverte de Rome

En 1954, il décide de partir se former à Rome et réside à l’Académie de France. Il étudie alors avec acharnement les ruines antiques telles le Capitole ou la basilique Saint-Pierre ainsi que les collections d’œuvres d’art les plus prestigieuses. C’est avec des merveilles plein les yeux qu’il revient en 1765 à Paris. Rome et ses ruines antiques deviennent alors une source de motifs inépuisables pour le reste de sa carrière. Au Salon de 1767 il présente notamment une œuvre de réception intitulée « Le Port de Rome orné de différents monuments d’architecture antique et moderne » qui condensent tous les savoirs qu’il a rapporté de Rome.

Si Hubert Robert est attaché à la représentation des ruines, ses réalisations ne doivent pas se réduire à une simple reproduction du réel. Outre le soin archéologique qu’il porte à ses réalisations, il cherche à leur donner une atmosphère particulière, des échos mélancoliques portant sur le temps qui passe. En 1767, Diderot salue justement cet esprit poétique : « L’effet de ses compositions, bonnes ou mauvaises, c’est de vous laisser dans une douce mélancolie. Nous attachons nos regards sur les débris d’un arc de triomphe d’un portique, d’une pyramide d’un temple d’un palais ; et nous revenons sur nous-mêmes ; nous anticipons sur ravages du temps…. »

La Belle Horreur

Ce goût pour la mélancolie, le temps qui passe, il l’exprime également dans des représentations terrifiantes telles des incendies, des désastres urbains à propos desquels la critique de l’époque parle de « Belle horreur ». Les tableaux représentant l’incendie de Rome en sont des exemples époustouflants !

L'incendie de Rome d'Hubert Robert vers 1771, Muma Le Havre © Flickr
L'incendie de Rome d'Hubert Robert vers 1771, Muma Le Havre © Flickr
L'incendie de Rome d'Hubert Robert vers 1771, Muma Le Havre © Flickr

Paysages et jardins 

Si Hubert Robert est inéluctablement rattaché aux ruines, il ne doit pas se résumer qu’à cela. Au cours de sa carrière, il porta également un grand intérêt à la représentation des paysages qu’il avait étudié à Rome en compagnie de son ami Fragonard. À partir de 1770, il multiplie les représentations de jardins pittoresques agrémentés de petits personnages. Son goût pour la nature l’amène petit à petit à s’intéresser à l’aménagement des parcs et des paysages. Il réalise de magnifiques jardins comme les Bains d’Apollon dans le parc de Versailles dont il laissa deux magnifiques vues « L’Entrée du Tapis Vert » et « Vue du Bosquet des Bains d’Apollon ». En 1984, il est nommé « dessinateur des Jardins du roi », charge qui avait été occupé au XVIIe siècle par le prestigieux Le Nôtre. En 1786 il travailla sur l’aménagement du parc du château de Méréville, le plus impressionnant jardin d’Ile de France au XVIIIe siècle.

Autre merveille à laquelle il se consacra dans les années 1780 est l’aménagement du jardin anglais dans le domaine de Rambouillet pour Louis XVI et Marie-Antoinette. En plus du jardin, il conçut également la laiterie, édifice composé de deux pièces consacré à la préparation et à la dégustation des laitages. À cela s’ajoute la conception du mobilier de style étrusque en acajou réalisé par le menuisier Georges Jacob. Un exemple rare d’une peintre ayant dessiné du mobilier !

Un des quatre fauteuils de la laiterie de la reine à Rambouillet, 1787, Acajou sculpté  Versailles © La Croix
Un des quatre fauteuils de la laiterie de la reine à Rambouillet, 1787, Acajou sculpté Versailles © La Croix
Un des quatre fauteuils de la laiterie de la reine à Rambouillet, 1787, Acajou sculpté Versailles © La Croix

Témoin de son temps

S’il a vécu la plus grande partie de sa vie à Paris, la proportion des scènes parisiennes est assez faible par rapport à l’ensemble de son œuvre. Dans le sillon de son goût pour l’architecture, il consacre cependant quelques tableaux aux métamorphoses de Paris. Il peint ainsi « L’École de chirurgie en construction » ou encore « La Démolition des maisons du Pont Notre-Dame » ainsi que « La Bastille dans les premiers jours de sa destruction ».

En 1793, en pleine période révolutionnaire, l’ordre d’arrestation de Robert est prononcé pour cause de son « incivisme reconnu et ses liaisons avec les aristocrates ». Dans sa prison à Saint-Pélagie puis à Saint-Lazare, il continue à peindre sur des supports qu’il trouve, notamment des assiettes parvenues exceptionnellement jusqu’à nous. Il sera finalement délivré en 1794 après la chute de Robespierre.

Esprit visionnaire et éternel curieux, la riche production de ce créateur prolifique le place incontestablement parmi les artistes les plus brillants du XVIIIe siècle.

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