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Le baroque dans l’objectif de Ferrante Ferranti

Basilique Saint-Pierre de Rome, Vatican 2007 © Ferrante Ferranti

Benjamin Coste - Publié le 17/06/16

Photographe, écrivain et enseignant, il s’est converti au christianisme à l’âge de 22 ans dans une église baroque allemande.

C’est l’histoire d’un coup de foudre, d’une révélation artistique entraînant un basculement spirituel. Photographe-voyageur reconnu, auteur et enseignant, Ferrante Ferranti a vu son itinéraire personnel prendre une direction nouvelle lorsqu’à l’âge de 22 ans, il pénètre dans la basilique de Vierzehnheiligen (basilique des « quatorze saints intercesseurs »), édifice rococo allemand achevé à la fin du XVIIIe siècle. Alors que le jeune homme, passionné d’archéologie depuis l’enfance, s’apprête à partir en coopération en Égypte, il renonce à son rêve de jeunesse suite à sa rencontre avec l’art baroque.

Ses œuvres en plein cœur de la collégiale Saint-Barnard

« Je me rappelle m’être demandé, bouleversé : Où suis-je ? Ce jour-là, dans cette basilique allemande, j’ai cessé de ne faire fonctionner que mon esprit », raconte l’homme aujourd’hui âgé de 56 ans. Saisi par le baroque, il ne va avoir de cesse de lui redonner ses lettres de noblesse à travers plusieurs ouvrages qu’il consacre à cet art. « Il permet l’éveil des sens », ajoute l’homme d’origine méditerranéenne qui va prolonger sa quête baroque en Italie où il se passionne notamment pour les sancti monti italiens, « des lieux d’élévation physique, reflets d’une élévation personnelle et spirituelle. Je suis toujours bouleversé par ces endroits », confie le photographe qui en a découvert un en France, à Romans-sur-Isère avec le calvaire de Récollets. La ville drômoise possède un « mont saint » à l’image de ce que l’on trouve en Italie à Orta, Varese ou encore Varallo. Dans le cadre du 500e anniversaire du calvaire des Récollets, Ferrante Ferranti expose ses photographies jusqu’au 18 septembre dans la collégiale Saint-Barnard.

« Je déplore les liturgies trop pauvres »

La révélation de Vierzehnheiligen est un tel bouleversement chez Ferrante Ferranti qu’elle ouvre également son être au divin à travers le christianisme. « C’est à ce moment que je suis devenu réellement croyant alors que jusqu’à cette heure, je n’étais qu’un catho routinier ».

Passionné par le fait religieux, l’homme ne se définit pas comme un théologien. À titre personnel, il goûte avec enthousiasme les liturgies orthodoxes du Mont Athos – sur lequel il séjourne régulièrement – et les Semaines Saintes espagnoles. « Je rentre justement d’Ukraine où j’ai eu la chance de fêter la Pentecôte à Lviv », explique cet itinérant de l’image qui « déplore les liturgies trop pauvres ». « Notre société se construit sur la destination des images », conclut le photographe dont tout le travail consiste à mettre en valeur l’importance de la lumière dans la naissance du sacré.

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