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Histoires de miracles (1/5). « J’ai ressenti un bonheur qui n’était pas de ce monde »

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Famille Chrétienne - publié le 16/06/16

Nadine était affectée par une maladie musculaire qui l’épuisait, jusqu’à son sixième pèlerinage à Lourdes, en 2004...

Dans le salon de Nadine, Marie est partout, dans sa vie aussi. Au mur, deux icônes de la Vierge ; sur le buffet, une grande statue de Notre-Dame de Lourdes sous un globe. « Une vieille dame me l’a offerte, en me disant : « Je sais que Dieu va bientôt me reprendre et que la Vierge vous a fait du bien ; chez vous, elle sera honorée. » Nadine confirme : Notre-Dame de Lourdes lui a fait le plus grand bien. Elle fut l’intercesseur de sa guérison physique, lors d’un pèlerinage diocésain en juin 2004.

Devant un café noir, cette petite femme blonde de 53 ans raconte le merveilleux périple de sa vie, et ses péripéties. Et d’abord, la douce intrusion de Dieu à l’âge de 7 ans, au caté, lorsqu’à la question : « Pourquoi Dieu a-t-Il créé le monde et chacun de vous ? », le prêtre répond : « C’est parce qu’Il vous aime ». « Il m’aimait ! Cette phrase m’a percutée. Cette conviction ne m’a jamais lâchée. »

Un tel désir de guérir qu’il surpasse toute crainte

Dès l’enfance, une foi profonde, vécue de façon solitaire, cohabite avec « une fatigabilité extrême et une absence de performances physiques ». Ces signes, anodins au départ, vont s’aggraver progressivement pour révéler une maladie musculaire qui ne dira jamais son nom. Peu à peu, l’épuisement devient chronique, les forces physiques s’amenuisent au point d’étouffer Nadine dans une gangue paralysante et douloureuse. À 33 ans, elle est contrainte d’arrêter son travail. Durant seize ans, cette mère de deux enfants va tenter de s’adapter, de survivre. « Je vivais au jour le jour, au ralenti, un parcours du combattant de plus en plus pénible, mais sans révolte, dans la foi et l’offrande », résume-t-elle, d’une voix douce et posée.

En fauteuil roulant dès 1994, elle ne peut plus le mouvoir toute seule et doit adopter un fauteuil électrique. Les douleurs musculaires envahissent son squelette et ses membres « jusqu’aux muscles du visage : je souffrais de sourire ». En 2004, elle se « traîne » entre son lit et son fauteuil, incapable de faire quoi que ce soit dans sa propre maison.

Mais elle continue à prier, à offrir. Engagée dans les Équipes du Rosaire, Nadine fréquente aussi, quand elle le peut, le carmel de sa ville, depuis qu’elle a découvert sainte Thérèse de Lisieux. À l’imitation de Jean-Paul II, la prière de consécration à la Vierge, de saint Louis-Marie Grignion de Montfort, lui devient familière : « Je vous choisis aujourd’hui ô Marie, pour ma Mère et ma Reine, je vous livre et consacre mon corps et mon âme ». « Je ne savais pas encore ce que Marie allait faire de mes paroles », dit-elle, en poursuivant le récit de sa guérison.

« Je suis comme cette femme qui a touché ton manteau »

« C’est dans cet état de confiance que je suis arrivée à Lourdes en juin 2004. Le premier Évangile lors de la première célébration fut celui de la guérison de la femme souffrant d’hémorragies, qui fend à grand-peine la foule afin de toucher le vêtement de Jésus. J’avais déjà rencontré une première fois cet Évangile avant mon départ.

Pendant le pèlerinage, je me suis rendue, seule, sous la tente de l’Adoration qui se trouve dans la prairie. Je voulais tenir compagnie à Jésus. Avant la procession eucharistique de 17 h, deux prêtres sont venus prendre le Saint-Sacrement. Je les ai suivis avec mon fauteuil électrique, sans quitter le Seigneur des yeux, en lui disant : « Mon regard est fixé sur toi dans l’hostie, et il ressemble à la main de cette femme qui a touché ton vêtement. Je Te touche des yeux, Jésus ». J’étais heureuse, je L’accompagnais, j’étais tout près de Lui.

De retour à la maison, le lundi 5 juillet, vers 8 h du matin, j’étais encore au lit. J’ai pris mon missel pour lire l’Évangile du jour. C’était encore une fois le récit de la guérison de la femme hémorroïsse ! Je me suis arrêtée en me disant : « Qu’est-ce que cela veut dire ? » Cette femme me poursuivait depuis quelque temps. J’ai relu plusieurs fois le texte. Et j’ai enfin compris que cette femme était animée d’un tel désir de guérir que cela surpassait en elle toute crainte. En un geste de confiance sans limite, elle remettait sa vie entre les mains de Jésus. Avec une grande humilité et un grand abandon aussi, elle demandait sa propre guérison.

« Marie, je suis prête ! »

Et j’ai réalisé à cet instant que je n’avais jamais pensé à demander ma guérison : je priais toujours pour celle des autres. Pour moi, je demandais les forces spirituelles, la foi, la persévérance… Mais, au fond, n’était-ce pas un manque de confiance que de réduire la toute-puissance de Dieu à certains domaines ? Dieu serait-Il tout-puissant uniquement sur les cœurs et les âmes, et pas sur les corps ? S’Il avait créé la matière et tout l’univers, n’était-ce pas très simple pour Lui, s’Il le voulait, de « réparer » mon corps, ce petit bout d’atome abîmé de sa création ?

Bref, je me suis assise sur le lit, j’ai regardé la statue de Notre-Dame de Lourdes comme si j’étais encore à la Grotte, et j’ai murmuré : « Marie, je suis prête ; demande à ton Fils de me guérir s’Il le veut ». Puis je me suis levée facilement et rapidement. J’ai constaté que je n’avais plus de douleurs ; mon corps n’était plus bancal, ma colonne vertébrale semblait s’être étirée, j’étais droite ! J’ai commencé à m’occuper de la maison, du ménage, du repas, des courses. La vie normale en un mot, mais cela faisait plus de quinze ans que je n’y avais pas goûté. Du matin au soir, sans aucune fatigue, je ne me suis pas arrêtée. La force était revenue, ainsi que l’endurance. Je ressentais une joie intérieure inexprimable, un bonheur qui n’était pas de ce monde ! Dieu m’avait laissée Lui demander de guérir mon corps, et je savais avec certitude qu’il m’avait guérie.

Depuis, je demeure émerveillée et dans l’action de grâce, tout en sachant que l’essentiel est la conversion. Le corps finira toujours par redevenir poussière, mais l’âme tournée vers son Seigneur ne peut mourir.

« Je n’aime pas dire que je suis miraculée »

Tout ne fut pas pour autant facile. Si la guérison est un grand bonheur, elle est aussi un immense bouleversement, un grand stress, notamment dans les relations avec les autres. Après quelques jours, j’ai éprouvé également une certaine culpabilité. Pourquoi cela m’arrivait-il à moi alors que des personnes proches traversaient des afflictions et des souffrances physiques très grandes ? Que devais-je faire de cette grâce ?

J’ai partagé mon bonheur avec beaucoup de personnes mais j’ai aussi rencontré l’incompréhension, le doute, la suspicion, la solitude, même au sein de l’Église. Le miracle est aussi source de contradictions. À ceux qui m’en parlent, je dis qu’il est un signe : le signe de notre gloire à venir, lorsque nous serons tous réunis en Christ.

Je n’aime pas trop dire que je suis une « miraculée ». Ce mot évoque un événement sensationnel ; il attire le regard sur la personne comme si c’était elle qui importait. Mais je n’ai pas peur de dire que Dieu m’a guérie et que cette guérison est un miracle, car je n’ai pas l’ombre d’un doute à ce sujet. Ce n’est pas moi qu’il faut regarder, c’est Celui qui a permis le miracle : le Christ qui guérit et qui sauve. »

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Virginie de Malet

Croire aux miracles, est-ce encore possible ?
Hors série n°16 – Famille Chrétienne, 9,90 euros.

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