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Dans les forêts de Sibérie, un « Into the Wild » à la française

"Dans les forêts de Sibérie", adapté au cinéma par le réalisateur Safy Nebbou ©2016 NORD-OUEST FILMS
Dans les forêts de Sibérie, adapté au cinéma par le réalisateur Safy Nebbou ©2016 NORD-OUEST FILMS
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Le best-seller de Sylvain Tesson sort aujourd’hui sur les écrans, avec Raphaël Personnaz dans le rôle titre.

L’horizon figé par le gel des rives du Lac Baïkal, une mer de glace au milieu du continent russe, et sur ses rives une cabane de planches. Après des années d’irrépressible nomadisme, Sylvain Tesson s’y est installé pour une retraite volontaire de six mois. Six longs mois de solitude, coupé de toutes les distractions que la modernité inflige à nos âmes malmenées. Un beau voyage immobile.

Adaptation d’une épopée

C’était en 2010. De cette expérience de l’immobilité des confins, l’aventurier qui est surtout un grand écrivain, a tiré un récit aussi inspiré qu’élégant : Dans les forêts de Sibérie. Cet ouvrage, prix Médicis 2011, a permis de faire découvrir Sylvain Tesson à un très large public. Au-delà du cercle déjà fourni de ses lecteurs inconditionnels qui dès L’Axe du Loup, avaient décelé chez ce trentenaire indomptable un frère apte à fournir quelques recettes pour se tenir droit au milieu des tempêtes de notre époque. Grâce à lui ils découvraient ou redécouvraient tout un panthéon littéraire qui avait déserté les têtes de gondole depuis quelques décennies. Ils avaient enfin la confirmation qu’il était plutôt sain de ne pas se sentir épanouis dans l’air du temps qu’on leur imposait de respirer : « Il faut d’abord avoir souffert d’indigestion dans le cœur des villes modernes pour aspirer à une cabane dans la clairière. »

Une retraite en pleine nature

En ne voyant dans ce récit qu’un énième « retour à la nature » dans la filiation de Thoreau, nous passerions à côté de l’essentiel de cette expérience et du rapport que Sylvain Tesson entretient avec notre temps. C’est le « recours aux forêts » qui est la clé de compréhension de ces six mois de retraite, et finalement de la retraite permanente, cet art du pas de côté, qui anime l’aventurier des steppes ou des clochers de Paris. Ernst Jünger et son recours aux forêts ont appris à Tesson qu’il était vain d’adopter la posture du révolutionnaire, du révolté. Comme il l’écrit lui-même : « Les dynamiteurs de la citadelle ont besoin de la citadelle. Ils sont contre l’État au sens où ils s’y appuient. Walt Whitman : “Je n’ai rien à voir avec ce système, pas même assez pour m’y opposer.” »

Une réalisation réussie

Sa retraite solitaire est aussi, n’oublions pas de le voir, une expérience spirituelle. Une ascèse intérieure. « L’ermite accepte de ne plus rien peser dans la marche du monde, de ne compter pour rien dans la chaîne des causalités. Ses pensées ne modèleront pas le cours des choses, n’influenceront personne. Ses actes ne signifieront rien. […] Quelle est légère cette pensée ! Et comme elle prélude au détachement final : on ne se sent jamais aussi vivant que mort au monde ! » Ne pense-t-on pas à Saint Séraphim de Sarov, ermite d’ailleurs cher au cœur de Tesson ? C’est une vie bénédictine que vivait l’écrivain dans son exil givré. Félicitons le réalisateur Safy Nebbou d’avoir protégé avec autant de tact la petite musique de ce grand livre, tout en y puisant, il faut bien l’avouer, une histoire neuve. L’image se marie à la perfection avec la musique d’Ibrahim Maalouf, le trompettiste franco-libanais. Les rudes paysages sont filmés avec une élégance devenue rare et Raphael Personnaz a retenu la plus belle leçon de Tesson : il n’y a de grandeur sans humilité il n’y a de grâce sans détachement. Une étoile filante dans le ciel du cinéma français.

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