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« Les dons gratuits de la Terre sont devenus le privilège de quelques-uns »

© TONY GENTILE / POOL / AFP
Pope Francis delivers a speech as he meets workers during a visit at the United Nations World Food Progamme (WFP) headquarters in Rome, on June 13, 2016. Pope Francis hit out at the 'brazen' free circulation of arms around the world, comparing it unfavourably to the bureaucratic obstacles put in the way of humanitarian aid. "It makes no difference where arms come from; they circulate with brazen and virtually absolute freedom in many parts of the world," the pontiff said on a visit to the World Food Programme.

His comments came a day after a gunman shot 50 people dead in an Orlando nightclub but the Catholic leader did not specifically refer to the shooting. / AFP PHOTO / POOL / TONY GENTILE
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Le Saint-Père a dénoncé les obstacles qui empêchent l'accès à la nourriture devant le Programme alimentaire mondial.

« Personne n’est de trop ni ne peut se contenter de présenter une excuse, en pensant que c’est un problème qui le dépasse ou qui ne le touche pas… Il s’agit avant tout d’un engagement moral qui me fait regarder avec responsabilité la personne que j’ai à côté de moi », a déclaré le pape François à la session annuelle du Conseil d’administration du Programme alimentaire mondial (PAM), ce lundi 13 juin au matin, et dans son discours remis au personnel de l’agence, dans les jardins du siège à Rome. Il y dénonce le phénomène « étrange et paradoxal » entre la libre circulation des armes et tous les obstacles dont souffrent les accès aux aides humanitaires.

Le PAM est la plus grande agence humanitaire pour la lutte contre la faim dans le monde. Avec plus de 13 500 employés répartis dans 80 pays du monde, elle nourrit chaque année plus de 80 millions de personnes. Son objectif : « Que plus personne n’ait à souffrir de la faim, nulle part dans le monde, d’ici 2030 ».

« Dénaturaliser » la misère

Pour le Saint-Père, la faim n’est pas un phénomène naturel face auquel on ne peut rien faire, mais bien « une menace qu’on ne saurait se contenter de dénoncer ou d’étudier ». Cette menace demande à être affrontée « avec détermination » et résolue « avec urgence ». Et le secret pour y arriver c’est de « voir derrière chaque dossier un visage humain qui demande de l’aide » et de ne jamais cesser d’écouter « le cri des pauvres ». Il en va d’ailleurs de la crédibilité des institutions jugées non pas sur leurs déclarations mais sur leurs actions, a encouragé le Pape.

Or, « nous devons le dire sincèrement », a souligné le Pape devant le conseil d’administration du PAM, il y a des thèmes qui sont bureaucratisés. Il y a des actions qui sont « bloquées », dues à « l’instabilité mondiale actuelle », en particulier aux « guerres et menaces de conflits qui prédominent dans nos intérêts et dans nos débats ».

Face à la misère humaine qui « dégrade et compromet l’existence d’un très grand nombre de nos frères et sœurs », le Saint-Père a réaffirmé l’importance pour ces institutions de ne pas travailler « pour une idée abstraite ou pour défendre une dignité théorique », mais dans l’esprit de « sauvegarder la vie concrète de chaque être humain ». En agissant avec enthousiasme et intuition, mais surtout avec un « grand sens de la compassion », sans lequel « tout ceci manquerait de force et de sens ». Il est important, insiste-t-il dans son discours au personnel du PAM, qu’une institution comme le PAM ne se laisse pas « accabler par les dossiers » et qu’elle parvienne à découvrir que, derrière chaque document, se cache « une histoire concrète, souvent douloureuse et précaire ».

Lutter contre le vice du gaspillage 

Le manque de nourriture n’est pas « quelque chose d’inévitable ». Le fait qu’aujourd’hui, en plein XXIe siècle, beaucoup de personnes souffrent de ce fléau est à attribuer à une distribution « mauvaise et égoïste » des ressources » et à leur « marchandisation » a déploré le pape. Les visages affamés, a-t-il dénoncé, « nous rappellent que nous avons détourné les fruits de la terre de leurs fins ; que nous avons transformé un don gratuit et universel en un privilège pour quelques-uns, créant de cette manière l’exclusion ».

Et le Pape a donc encore une fois lancé un appel contre le gaspillage quotidien de la nourriture auquel « sont habituées les sociétés modernes », et contre lequel il est possible de lutter en essayant « d’identifier des voies et des moyens » qui permettent d’affronter sérieusement le problème et en promouvant « davantage de solidarité et de partage avec ceux qui sont dans le besoin ».

« On nourrit les guerres pas les affamés ! »

De dénoncer alors également, devant le conseil d’administration du PAM,  le phénomène « étrange et paradoxal » de la circulation des armes qui bénéficie, a dénoncé le Pape, « d’une liberté insolente et presque absolue » un peu partout dans le monde, contrairement aux aides et plans de développement sans cesse entravés par des décisions politiques « compliquées et incompréhensibles ». « On nourrit les guerres pas les affamés ! Et même, on se sert de la faim comme arme de guerre », a insisté le Pape.

Relever le « degré d’humanité »

Pour le Saint-Père – et ce sera sa conclusion –, c’est à son engagement contre la faim que l’on évalue « le degré d’humanité » d’un peuple. « J’avais faim et vous m’avez donné à manger, j’avais soif et vous m’avez donné à boire » (Mt 25, 35), cette phrase biblique, clé du christianisme, au-delà des credo et des convictions, pourrait être offerte « comme règle d’or » à tous les peuples. Le Saint-Père espère que « la lutte pour éradiquer la faim et la soif de tant de nos frères et avec nos frères » se poursuivra dans un « esprit créatif » et centrée sur la recherche de nouvelles solutions aptes à « changer et transformer » le cours des choses.

« Ne vous laissez pas vaincre par la fatigue, ni ne permettez que les difficultés vous fassent reculer. Croyez en ce que vous faites et continuez à y mettre de l’enthousiasme, qui est la manière dont la semence de la générosité germe avec force », a-t-il alors recommandé au personnel du PAM .

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