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« Nous sommes ce grain de sable qui enraye la machine du diable »

11 avril 2010 : Nouveaux baptisés devant Notre-Dame lors du dimanche in albis, Paris (75) France © P.RAZZO/CIRIC
11 avril 2010 : Nouveaux baptisés devant Notre-Dame lors du dimanche in albis, Paris (75) France.

April 11th, 2010 : Domenica in Albis for new baptized adults of Paris diocese. Notre-Dame cath. Paris (75) France.
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Mohammed s’est converti au christianisme et témoigne de la nécessité d’accueillir les anciens musulmans dans nos paroisses.

Mohammed était étudiant au Liban, issu d’une famille musulmane chiite, il avait commencé à prier la Vierge Marie seul, clandestinement. À la fin d’un cours, il est allé voir un professeur de macro-économie qu’il appréciait. La conversation basculait de l’économie à la métaphysique et Mohammed demandait : « Pourquoi la haine règne-t-elle ici, entre toutes les communautés ? Pourquoi les musulmans et les chrétiens sont-ils au bord de la guerre ? ». La réponse, énigmatique : « Nous sommes ce grain de sable qui enraye la machine du diable » est restée gravée en lui. En tant que chrétien élevé dans l’islam, il se sentait investit d’une mission. « Je dois dire la vérité sur l’islam, aider à accueillir ceux qui ont fait le même chemin que moi. »

« L’Esprit Saint souffle discrètement »

Mohammed doit sa conversion à un autre professeur, Pierre, qui venait lui donner des cours particuliers alors qu’il était encore enfant et grandissait en Afrique, avec ses frères et sœurs. C’était un professeur très compétent et, grâce à son aide, Mohammed est devenu un bon élève, mais il avait un comportement étrange. Il priait à heure fixe, prosterné à genoux. Lorsqu’il mangeait sur place, il bénissait son repas… « Nous étions de culture musulmane, mais non-pratiquants. Nous n’avions jamais vu de chrétien comme celui-là et nous nous demandions s’il appartenait à une secte ! »

Le refuge de la prière

À la même époque, les choses se gâtaient dans la famille. Des disputes éclataient entre les parents, le père se montrait violent… « Je ne savais pas quoi faire pour que cela cesse, et je demandais à Pierre. Il me répondit qu’il allait m’apprendre à prier. » Le « Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit », le Notre Père, puis les prières à Marie, le grand amour de Mohammed. « Plus je priais, plus je sentais l’amour grandir dans mon cœur, comme une fleur qu’on arrose », assure-t-il.

Il priait clandestinement, d’autant plus que sa mère s’est mise à pratiquer l’islam. « Nous étions une famille très ouverte et accueillante, nous avions des amis chrétiens, et même juifs. » Mais le père de famille prit une deuxième épouse, ce qui fit terriblement souffrir sa femme. Des voisins lui dirent qu’elle avait été punie par Dieu parce qu’elle était une mauvaise musulmane, et des pratiques jusqu’alors ignorées firent leur apparition : elle se mit à porter le voile, à dire les prières… « Mais je voyais qu’elle sombrait dans la tristesse », se souvient Mohammed.

« Est-ce que tu m’as dit la vérité ? »

Le jeune garçon est devenu un jeune homme brillant, qui s’apprêtait à se rendre à Beyrouth pour poursuivre ses études. Il vint voir Pierre une dernière fois, et lui demanda : « Monsieur Pierre, dites-moi la vérité, m’avez-vous menti ? ». Et Pierre a répondu : « Jamais ». La séparation d’avec ce professeur l’a blessé, ainsi que l’arrivé dans un Liban marqué par les divisions religieuses. De là-bas, il obtint son inscription dans une grande école française… « Avec l’aide de Dieu et l’intercession de la Vierge Marie », assure-t-il. « À chaque étape de ma vie, Dieu a posé des jalons, m’a permis de rencontrer des personnes qui m’ont mis sur le bon chemin. Il agit discrètement mais efficacement ! » C’est encore grâce à Dieu, affirme-t-il, qu’il a trouvé une place dans une entreprise française, où il continue – encore aujourd’hui – à cacher sa conversion. Certains de ses collègues sont musulmans, et il craint leur réaction.

Internet, une invention de Dieu

Malgré sa réussite professionnelle, il ne se sentait pas pleinement heureux. Il récitait seul le chapelet, comme un chrétien des catacombes. Et il a eu un soir l’idée d’utiliser ce qu’il appelle « une invention de Dieu » qui, précise-t-il, « comme toutes les inventions, peut être détournée » : Internet. Il chercha sur Google « musulmans convertis », et découvrit des centaines de vidéos. Toujours méfiant, il créa une fausse adresse mail, et entra en contact avec l’un d’entre eux.

Contacts clandestins avec les chrétiens

Lors de sa première rencontre, il avait prévenu un ami qu’il serait de retour à 20 h, « pour que quelqu’un me cherche, si j’étais enlevé »… Mais sur place, il rencontra un prêtre en soutane, ce qui le rassura. Et on lui confia un Évangile selon saint Marc. « Je l’ai bouffé », se souvient-il. À partir de là, commence pour le jeune homme une nouvelle initiation au christianisme, lui qui n’en connaissait que quelques prières. Il s’intéressait aussi au Coran, qu’il ne connaissait pas vraiment. Découvrant la vie de Mohammed par les Hadiths, il concluait : « Moi qui suis pêcheur, je suis meilleur que cet homme-là, je ne veux pas de lui, je veux le Christ ! ». Il entra dans une association consacrée aux convertis, Notre-Dame de l’Accueil, anciennement Notre-Dame de Kabylie.

« Ils ne comprennent pas que je veuille quitter l’islam »

Il se mit à fréquenter sa paroisse, et se dit bien accueilli, mais la réaction de certains chrétiens l’a surpris. Il se souvient : « Certains d’entre eux me disaient que l’islam est une belle religion, ils ne comprenaient pas que je veuille la quitter… Cela me mettait en colère, je connais l’islam, l’islam est une hérésie, une partie de ma famille vit dedans ». Il différencie le dogme et les personnes, et constate qu’il existe des musulmans qui sont plus chrétiens que des chrétiens… « Ce sont de bonnes personnes, mais ce sont de mauvais musulmans, et heureusement », assure-t-il.

Accueillir les convertis

De simple converti, il fait désormais partie de ceux qui accueillent les convertis. Il a eu la joie d’apprendre que l’une de ses sœurs, en partie grâce à l’annonce de sa conversion, s’est elle aussi rapprochée du Christ. Il reçoit désormais des musulmans attirés par Jésus et conseille : « Si cela vous arrive, sachez que vous êtes l’instrument de l’Esprit Saint. Laissez-Le faire son travail. Écoutez beaucoup et si celui qui veut se convertir est en colère contre l’islam, ne rentrez pas dans sa colère, soyez des artisans de paix et cheminez avec lui ».

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