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Saint-Gothard, le tunnel de l’enfer

AFP

Sylvain Dorient - Publié le 07/06/16

Un prêtre, un rabbin, un imam, un athée, un pasteur… Et même le diable, se disputèrent l’honneur de bénir (ou maudire) le tunnel…

Le tunnel du Saint-Gothard : 11 milliards d’euros pour 57 kilomètres de tunnel ferroviaire, le plus grand ouvrage suisse de tous les temps ! Inauguré ce 1er juin, il va beaucoup simplifier la vie des voyageurs, mais il a posé une série de problèmes insurmontables à ceux qui ont souhaité organiser une cérémonie à la hauteur de l’évènement. Au début, ça paraissait assez simple, on avait eu l’idée d’une bénédiction interreligieuse avec des représentants des trois grandes religions présentes en Suisse : il y aurait donc un prêtre, un rabbin et un imam.

Et les protestants ?

Mais la Conseillère fédérale, Doris Leuthard ne tarda pas être inondée de lettres indignées  : comment expliquer que la communauté réformée ne possède aucun représentant ? À cela s’ajoutait une polémique autour de la présence d’un imam, soupçonné de connections avec d’autres imams aux discours extrémistes… Pour clore la polémique, il fut décidé d’ajouter au trio un pasteur protestant. L’imam controversé, Bekim Alimi, quant à lui, resterait.

Les non-croyants représentés

Puisque la cérémonie religieuse devait en fin de compte représenter les différentes communautés suisses, il semblait inconvenant que les sans religions ne soient pas, eux aussi, représentés. Une solution raisonnable – étant donnée les termes du débat – fut trouvé en invitant un « représentant des sans religion et des athées ». C’est le chef de la division Sécurité de l’Office fédéral des transports Pieter Zeilstra qui s’y colla.

Les monothéismes aux catacombes

Le 1er juin, à 7h30 du matin, sans la presse, et avec une poignée d’ouvriers pour tout public les cinq représentants ont officié. Non pas dans le tunnel, pour des raisons de sécurité, mais dans une galerie annexe, à deux kilomètres sous la montagne. Il n’y avait ni musique ni fanfare, mais les bénédictions successives des quatre religieux et le discours de l’agnostique, qui parla de « rapprochement entre les peuples » à la lumière blafarde des projecteurs. Mais plus haut, c’était la fête.

Délire néo-païen en surface

François Hollande, Angela Merkel, le Premier ministre italien Matteo Renzi et le nouveau chancelier autrichien Christian Kern assistaient à une chorégraphie d’ouverture, aux « accents contemporains ». Preuve en est avec une scénographie des plus  bizarres, où l’influence dominante semble être le film d’horreur. Que l’on juge plutôt : des ouvriers ouvrent le spectacle en marchant comme des zombies, puis certains d’entre eux s’effondrent comme terrassés, tandis qu’un « ange », portant un masque de bébé démoniaque plane au-dessus d’eux… Outre la faute de goût, il y a une faute morale grave à singer ainsi la mort, dans un ouvrage qui coûta la vie à neuf ouvriers.

On recherche toujours saint Gothard

Parmi les différents symboles étranges exhibés lors de cette représentation artistique, des crânes d’animaux, portés comme des trophées, et une représentation médiévale de Satan : un acteur doté d’un déguisement de bouc et d’un rictus proprement démoniaque. Cette référence étrange pourrait s’expliquer par la légende du Pont du diable. Un pont, qui permettait d’accéder au col du Saint-Gothard fut nommé ainsi, selon la légende, car il fut bâti par le diable. En échange de cette construction, le diable demanda l’âme du premier qui le passerait. Les habitants, plus malins que le Malin, firent passer un bouc, ce qui rendit le diable furieux… Représenter le diable aurait pu se défendre, à condition, bien sûr de l’assumer comme tel, et de présenter sa défaite, mais rien de tel dans la bizarre inauguration du 1er juin, il semble au contraire devenir le maître de cérémonie. Et l’on déplore surtout un grand absent : saint Gothard. Mais peut être la présence de l’ancien évêque de Hildesheim aurait-elle été perçue comme une surreprésentation de la communauté catholique ? Il aurait fallu alors repartir à zéro, et trouver des personnages de chaque religion ou des agnostiques. Le diable, lui, a fait consensus.

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