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Monsieur Jadis à l’école du Bon Dieu

La rédaction d'Aleteia - Publié le 06/06/16

Ce mardi 7 juin, nous célébrons les 25 ans de la disparition d'Antoine Blondi, l'auteur d'"Un singe en hiver", campé à l'écran par Belmondo et Gabin.

D’Antoine Blondin, qui nous aura quitté depuis 25 ans ce mois ci (le 7 juin 1991), on connaît quelques romans, son Singe en hiver surtout, campé à l’écran par Belmondo et Gabin. On connaît aussi ses articles dans l’Équipe et sa passion pour le tour de France. Enfin, on est aussi forcé d’avouer qu’il fut le tendre et talentueux romancier des buveurs avertis. Est-ce un mal, est-ce un bien ? Le concernant, c’est au Bon Dieu, justement, d’en juger. Pour ses lecteurs, c’est un plaisir de sombrer avec lui dans la tendresse et la nuit. Parlons un peu de cette tendresse, justement, car elle avance masquée entre deux phrases élégantes et un esprit distrait, trahissant un gout pour le bon mot, une attention au détail, et un talent certain qui berce un lecteur enchanté. On sera alors prit d’amitié pour ses personnages peu sûrs d’eux même, mais sincères, réservés, aimables et sensibles. Car il est aussi question de réserve. La littérature de Blondin n’est pas pornographique. Le mot interpelle. Oui, les sentiments évoqués le sont de manière érotique… Qu’a t-il à parler d’érotisme et de pornographie ? C’est que lorsqu’on s’appelle Antoine Blondin, on sait sonder le cœur des hommes, mais on connaît aussi la délicate science du retrait. Pas d’étalage répugnant, pas de logorrhées imbéciles, juste une peinture des cœurs, pleine de tact et de mélancolie. Antoine Blondin est l’écrivain de la paresse se prenant pour un effort, et de l’effort superbe, inutile et gratuit. Il écrit ses livres comme on gravit un col, par goût pour le beau geste, par dégout pour les causes fades, comprendre : celles que le monde moderne propose (dégout du « moi je » si primé par nos romanciers d’aujourd’hui).

Et puis, peut on parler de lui sans évoquer l’amitié ? Elle est la chaire de ses romans, amitié d’un mari pour sa femme, amitié d’un romancier pour un autre, amitié sanctifiée, couronnée, romancée. Amitié comique, dramatique, mais surtout essentielle. Amitié sans réserve d’ailleurs, car on n’omet pas un dose de candeur pour les femmes, une sévérité aiguisée envers les petits marquis. Sous sa plume, les hommes sont charmants, passionnés, agacés quelques fois, mais on ne se gausse que de soi même et la cruauté inutile n’est jamais bien venue.

Question de poids en ces temps troubles : fut-il un bon chrétien ? Son confesseur n’a pas publié de mémoires et le rapport à Dieu de notre romancier ne regardait que lui. Pour autant, il est amusant de relever, ça et là, quelques phrases élancées qui apparentent l’Église et Notre Bon Dieu à des relations de longue date, trop souvent oubliées, mais le tout teinté d’un de ces respects qui excuse et qui pardonne les infidélités candides faites aux Saints Sacrements. De tout cela, lui même en parle si bien, dans Les Enfants du Bon Dieu, qui se termine sur cette prière : « Mon Dieu. Épargnez-moi à l’avenir vos taquineries cruelles et je vous épargnerai mes petits blasphèmes. Accordez moi seulement la grâce de comprendre votre Œuvre et de m’en accommoder. » Et dans son Singe En Hiver, où Fouquet traite une petite église normande comme sa vielle amie : « L’église est une ambassade dont il se sent malgré tout le ressortissant ; on y parle le langage d’un pays qu’il reconnaît pour le sien ; il peut y demander aide et protection, faire enregistrer sa contrition des lendemains de cuite et en ressortir avec un visa prolongé ». Respect bon enfant du sacré, si passé de mode…

L’été arrive, et avec lui les messes de village et les déjeuners champêtres. Alors, à l’heure de la sieste, éclipsez vous le sourire aux lèvres, et plongez vous dans les romans de ce cancre admirable. Bonne ordonnance pour qui veut bon esprit de clocher garder, car après tout, il ne faut pas se tromper… Surtout, ne pas prendre « les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages. » ils valent bien plus et Blondin le savait.

Son œuvre complète (romans, nouvelles et articles) est disponible dans la collection Bouquin pour  34,50 euros.

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