Aleteia logoAleteia logo
Aleteia
Vendredi 30 octobre |
Bienheureuse Bienvenue Bojani
home iconActualités
line break icon

"Nous avons compris que Daesh était à nos portes"

© Zurijeta / Shutterstock

Arthur Herlin - Publié le 02/06/16

Une étudiante française actuellement en Jordanie a recueilli le témoignage poignant d'un père de famille irakien rescapé.

En Occident, le drame des chrétiens d’Orient ne suscite que mépris et indifférence. Claire-Marine Gros, étudiante française de 21 ans, a décidé de réagir en se rendant sur place pour recueillir un maximum de témoignages de réfugiés.

Partie il y a neuf mois, la jeune femme se trouve actuellement en Jordanie où elle a déjà rencontré de nombreux chrétiens issus d’horizons différents. Elle publie l’ensemble de son travail sur un blog baptisé Amman2Paris : une excellente source d’informations pour qui souhaite approcher de près la réalité du Proche-Orient. Dernièrement, elle a recueilli le témoignage de Georges, patriarche de la famille Eshaq, originaire de la région de Mossoul en Irak. Malgré le calvaire subi et l’attente d’un avenir meilleur, le père de famille conserve une espérance qui force le respect.

Depuis l’intervention des États-Unis et la chute de Saddam Hussein, la situation s’est empirée de jour en jour. Après 2013, la situation est devenue critique : très vite, il nous est devenu impossible de nous rendre à Mossoul pour faire nos courses ou nous promener parce que les milices islamiques menaçaient de nous tuer ou nous kidnapper. Le gouvernement, quant à lui, était bien trop « occupé » pour se soucier du sort des chrétiens.
Un jour, l’État islamique a coupé l’approvisionnement en eau des villages chrétiens autour de la ville de Telkief ; nous avons aussitôt compris que Daesh était à nos portes. Je ne peux dire si c’était une bonne ou une mauvaise chose, parce que si nous mourrions de soif cette épreuve a été pour nous un signal : nous devions partir de toute urgence. En suivant notre instinct, nous n’avons donc perdu aucun membre de notre famille. Dieu merci, parce que perdre une maison, des voitures ou des terres n’est rien comparé à la perte d’un enfant, d’une épouse ou d’un père. Lors de notre fuite de Telkief, j’ai vu deux jeunes femmes mourir dans la rue, une bombe étant tombée à leurs pieds… C’était horrible ! Tout le monde se connait dans ces villages, les pertes humaines ont été très douloureuses, pour tout le monde.

La famille Eshaq a donc fui vers le Kurdistan irakien en voiture pour se réfugier à Dohok, dans une église, avant de vendre leur voiture pour partir en Jordanie par avion. Depuis leur arrivée à Amman, en novembre 2014, la famille Eshaq se rend tous les jours à la messe. Alors qu’ils n’ont aucune nouvelle d’organisations ou ambassades pour un départ vers un pays qui pourra leur offrir un avenir, le plus important pour eux est la prière de la communauté chrétienne : « Merci aux chrétiens d’Occident pour leur humanité et leurs prières ! Grâce à leurs intentions nous avons survécu et nous sommes tous ensemble ».

Soutenez Aleteia !
A travers le monde, vous êtes des millions à lire Aleteia, pour y trouver quelque chose d'unique : une vision du monde et de votre vie inspirée par l’Évangile. On prétend qu'il est de plus en plus difficile de transmettre les valeurs chrétiennes aux jeunes d'aujourd'hui.
Et pourtant, savez-vous que plus de la moitié des lecteurs d'Aleteia sont des jeunes de 18 à 35 ans ? C'est pourquoi il est si important que Aleteia demeure un service quotidien, gratuit et accessible à tous. Cependant, un journalisme de qualité a un coût que la publicité est loin de couvrir. Alors, pour qu'Aleteia puisse continuer à transmettre les valeurs chrétiennes au cœur de l'univers digital, votre soutien financier demeure indispensable.
*avec déduction fiscale
Tags:
jordanietémoignageVatican
Le coin prière
La fête du jour






Top 10
Domitille Farret d'Astiès
Elles ont appris à les aimer : ces ...
Agnès Pinard Legry
Reconfinement : plus de messes après la Touss...
NIEMOWLĘ
Mathilde de Robien
Ces prénoms féminins qui portent en eux le sc...
Agnès Pinard Legry
Reconfinement : ce que les évêques ont demand...
statue de femme les yeux bandés
Mgr Benoist de Sinety
Dans nos aveuglements, le diable montre son v...
Mathilde de Robien
Franz et Franziska Jägerstätter, un couple un...
ATTENTAT EGLISE DE NICE
La rédaction d'Aleteia
En images : le récit d'une terrible journée
Afficher La Suite
Newsletter
Recevez Aleteia chaque jour. Abonnez-vous gratuitement