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D’Artagnan, mousquetaire et martyr

"L'arrestation de Nicolas Fouquet à Nantes, en 1661" (1615-1680) par Charles de Batz-Castelmore, comte d'Artagnan (1611-1673) ©The Holbarn Archive/Leemage©Leemage
"L'arrestation de Nicolas Fouquet (1615-1680) par Charles de Batz-Castelmore, comte d'Artagnan (1611-1673) a Nantes, 5/09/1661" (Superintendent of Finances Nicolas Fouquet being arrested by captain of the Musketeers of the Guard D'Artagnan, Nantes, 5th september 1661) Engraving, 19th century Private collection ©The Holbarn Archive/Leemage
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Qui viendra à son secours ?

Alexandre Dumas s’est tellement retourné dans sa tombe qu’il a du finir par reprendre sa place initiale ! Ses Trois Mousquetaires font partie des personnages les plus adaptés au cinéma, et la dernière (et horrible) version hollywoodienne de 2012 est là, malheureusement, pour nous le rappeler.

Mais les images ne suffisent plus. Il faut du spectacle, des adaptations légères où le mauvais goût rivalise avec la mièvrerie : un musical. Fleurissent aujourd’hui sur les kiosques et dans le métro, les affiches d’un spectacle musical annoncé pour septembre 2016 au Palais des Sports de Paris, puis en tournée dans toute la France (quelle chance elle a !). Standardisation musicale, bellâtres et starlettes, paroliers à cours d’inspiration animés de toute la passion qu’il faut pour détruire un classique… les précédents sont si nombreux que la messe est déjà dite.

Car Dumas est un grand classique trop peu étudié, c’est bien dommage et ce n’est pas de sa faute. Piètre précurseur du feuilleton télévisé, mauvais écrivain, gros mangeur, affublé d’un ou deux nègres qui alimentent les polémiques faciles. D’ailleurs, les panoplies de mousquetaires à grand chapeau et fleuret au baudrier désertent les cours d’écoles. On leur préfère les costumes de héros américains, chastes et polis, dotés d’attributs et de pouvoirs extravagants, toujours vêtus de slips (même pas français) et de collants en nylon.

Mais ici, il s’agit d’autre chose. Il s’agit de la récupération d’un monument charmant du folklore français. On ne fait plus rêver les enfants avec des coups d’épées et des marquises en péril. On bazarde la vielle tunique bleue frappée d’une croix blanche pour un long manteau de cuir emprunté à l’univers de Matrix ou du Steampunk. Où sont passés les diamants, les pourpoints, les duels exaltants ou le procès de Milady tatouée d’une fleur de Lys ? Qu’ont à voir les chansons : « De mes propres ailes », « Je t’aime c’est tout » (déjà plusieurs millions de vues sur Youtube), comparées aux paroles du père de d’Artagnan avant le départ de son fils pour Paris ?

« Je vous ai fait apprendre à manier l’épée ; vous avez un jarret de fer, un poignet d’acier ; battez vous à tout propos, battez vous, d’autant plus que les duels sont défendus, et que, par conséquent, il y a deux fois plus de courage à se battre. »

Les modèles d’honnêteté, de bravoure et de virilité se font trop rares. La récupération et le marchandage des valeurs antimodernes est devenu systématique. Mais tant qu’il y existera de petits et grands lecteurs pour se rêver d’Artagnan ou Constance Bonacieux, le monde tournera un peu mieux sur lui même.

Rappelez-vous ces discours du 30 novembre 2002, prononcés par un Président de la République et un académicien émus aux larmes lors du transfert des restes d’Alexandre Dumas au Panthéon :

Jacques Chirac : « Avec vous, c’est l’enfance, ses heures de lecture savourées en secret, l’émotion, la passion, l’aventure, le panache qui entrent au Panthéon. Avec vous, nous avons été d’Artagnan, Monte Cristo ou Balsamo, chevauchant les routes de France, parcourant les champs de bataille, visitant palais et forteresses. Avec vous, nous avons emprunté, un flambeau à la main, couloirs obscurs, passages dérobés, souterrains. Avec vous, nous avons rêvé. Et avec vous, nous rêvons encore. »

Alain Decaux : « Au fronton du Panthéon, la reconnaissance de la patrie s’inscrit dans la pierre. Immense est celle que nous te devons. En ta personne, nous accueillons l’ecrivain français le plus lu dans le monde mais aussi – et surtout – le plus illustre dispensateur d’émerveillement qui fut jamais. »

Alors, préférez acheter la version Folio de ces Trois Mousquetaires, elle est augmentée d’une amusante préface de Roger Nimier, coûte quelques euros (7,10€) et tient dans un cartable. Sinon, jetez vous sur n’importe quelle édition poussiéreuse sortie d’un grenier, de la bibliothèque de famille, ou de la collection de tout bouquiniste qui se respecte. Lisez, ou relisez, puis prenez la pause devant votre glace et répétez en riant : « Et maintenant, en garde ».

 

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