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Maudite boîte…

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Vous apportez la touche finale à la chambre de bébé ? Nous préparons son ultime voyage vers le cimetière.

Que de chemin parcouru.

Que de chemin parcouru depuis le jour où nous avons appris que la grossesse s’achèverait avec la mort certaine de notre enfant.

Que de chemin parcouru jusqu’à aujourd’hui, à quelques semaines à peine (dans le meilleur des cas) de cet instant où, aussitôt arrivé, il nous quittera. Oui, que de chemin parcouru.

Alors que sa naissance approche à grands pas, nous faisons de notre mieux pour essayer d’apprécier chaque instant avec notre bébé. Au lieu de laisser chacun de ses mouvements nous rappeler sa disparition prochaine, nous nous efforçons de lui offrir tout notre amour pendant ces quelques moments qu’il nous reste à vivre avec lui.

Mais chaque crampe, chacune des contractions de Braxton Hicks, ces « fausses » contractions qui préparent le corps à l’accouchement bien avant que le travail ne commence, nous rappelle que le temps nous est compté.

Je fais tout pour voir le cadeau qu’est sa vie. Pourtant, chaque jour, chaque semaine qui passe, mes pensées semblent être accaparées par cette fichue boîte.

Au moment où la plupart des parents apportent la touche finale à la chambre du bébé ou relisent pour la énième fois la liste de naissance, nous nous apprêtons à nous diriger vers le cimetière. Et nous voilà, assis autour de la table de notre salon, à discuter de ses funérailles. Et à choisir cette maudite boîte.

Chaque fois que je ferme les yeux, je la vois. Cette boîte dans laquelle le petit corps de mon enfant attendra le retour de Notre Seigneur, et je mentirai si je disais que l’idée même de cette fin certaine ne m’anéantissait pas. Mon cœur est brisé en mille morceaux, pas un jour ne se passe sans que je ne me sente envahi par la peur de ce qui se produira à coup sûr.

À ce stade de mon récit, je devrais logiquement enchaîner sur une note d’espoir, un enseignement positif à tirer d’une souffrance si terrible comme le font souvent les auteurs de ce type de billet. Mais ce n’est pas le propos de cet article.

Aujourd’hui, je souhaiterais dire qu’il y a de ces épreuves qui nous font plonger dans une peine abyssale, si profonde qu’il nous devient impossible d’entrevoir une quelconque lueur d’espoir, si ténue soit-elle. Que la détresse et le désespoir peuvent s’ériger en véritable défi à la foi. Et que ce n’est pas grave si c’est ainsi.

Chaque situation difficile ne nous aide pas forcément à en tirer un point positif d’une tragédie pareil. Et c’est très bien comme cela.

Dieu ne permet pas la souffrance dans nos vies simplement car il veut que nous apprenions quelque chose. Pourquoi permet-il la souffrance, notamment des innocents, reste un grand mystère. Mais à mon sens, s’il la permet, c’est parce qu’il veut que nous acceptions l’éventualité de devoir la ressentir et la vivre. Il souhaite que nous nous rapprochions de lui en faisant l’expérience à notre manière du jardin de Gethsémani, en priant pour ne plus souffrir, tout en étant prêts à endurer la souffrance si telle est sa volonté.

Il veut que nous lui disions oui sans attendre de consolation en retour. Il veut que nous fermions les yeux, visualisions cette fichue boîte, et allions de l’avant.

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