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L’héroïsme et l’infamie : quand Hitler comptait ses ennemis et… ses amis

Portrait de Carl Gustaf Emil Mannerheim © wikipédia
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Le Pape Pie XII fut souvent critiqué pour des actes qui valent encore des louanges à Carl Gustaf Emil Mannerheim.

Son pays s’est allié à l’Allemagne nazie et il n’a jamais prononcé une parole pour défendre les Juifs. Ses relations avec Hitler furent qualifiées d’ « amicales » et Hitler lui offrit une Mercedes-Benz qu’il accepta « de bonne grâce », en remerciement de son alliance. Il passa son 75anniversaire en réunion secrète avec le Führer qui réalisa, à cette occasion, l’un de ses rares déplacements hors d’Allemagne.

Discussion entre Hitler, Mannerheim et le Président Ryti. Hitler rendit visite à Mannerheim pour son 75e anniversaire © Public Domain
Discussion entre Hitler, Mannerheim et le Président Ryti. Hitler rendit visite à Mannerheim pour son 75e anniversaire © Public Domain

Ses compatriotes continuent de le révérer soixante dix ans plus tard, sans doute à juste titre. Carl Gustaf Emil Mannerheim dirigea la Finlande pendant la Seconde Guerre mondiale. Le site internet Ozy a récemment mis en ligne un article expliquant comment il avait ardemment négocié pour que la Finlande ne soit ni dominée par l’Allemagne nazie, ni envahie par la Russie soviétique. « Sa seule façon de sauver la Finlande de la tyrannie de Staline » fut de la rapprocher des Nazis. Ainsi Mannerheim dut trouver un fragile équilibre et maintenir des troupes fortes, tout en courtisant Hitler « sans alliance formelle ».

« Jouant au chat et à la souris », Mannerheim et Hitler ont créé un « pacte de cobelligérance complexe spécifiant que l’Allemagne et la Finlande n’étaient pas alliées mais coopéraient militairement pour combattre un ennemi commun… Mais ce sont principalement les relations cordiales entre les deux hommes qui ont maintenu les Nazis à distance ».

Et l’auteur de conclure : « Sa réputation est devenue légendaire… En entretenant des proches relations avec l’Allemagne nazie, Mannerheim a préservé la Finlande de Hitler comme de Staline… La nation lui sera éternellement reconnaissante de son leadership avisé et de son dévouement sans faille. »

De la haute voltige

Si Mannerheim avait échoué, la Finlande toute entière aurait sombré dans l’une ou l’autre des pires tyrannies de l’Histoire.

Peut-être penserez-vous : Pourquoi louer cet homme alors que Pie XII a constamment été qualifié de « Pape de Hitler » pour avoir agi de la même façon ? Excellente question.

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Cesare Orsenigo, le nonce de Pie XII en Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale, avec Hitler et Joachim von Ribbentrop © Bundesarchiv Bild 183-H26878
Cesare Orsenigo, le nonce de Pie XII en Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale, avec Hitler et Joachim von Ribbentrop © Bundesarchiv Bild 183-H26878

William Doino, spécialiste de Pie XII, m’a écrit en réponse à l’article que je lui envoyais : « Contrairement à Mannerheim, Pie XII s’est élevé contre les massacres de masse commis par les Nazis, il n’a jamais rencontré Hitler, n’a pas entretenu de relations « amicales » (bien que Mannerheim l’ait fait pour des raisons stratégiques), a sauvé un grand nombre de Juifs et a bien sûr essayé de renverser Hitler ». Il n’était donc pas le Pape de Hitler. Il a non seulement recherché sa défaite mais a même consenti à son assassinat.

Doino ajoute : “Pie XII comptait parmi les plus farouches ennemis d’Hitler et c’est désormais un fait largement reconnu”. Un fait largement ignoré de certains journalistes et universitaires qui répandent toujours l’idée selon laquelle le Pape a en quelque sorte favorisé les Nazis.

Pourquoi louer Mannerheim et non Pie XII ?

Tout simplement parce que Pie XII était catholique et Pape. C’est un mythe bien trop pratique auquel les intégristes laïcs ne veulent pas renoncer : le Pape était lâche ! Il n’aimait pas les Juifs ! Il a assuré ses arrières !

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Membres du 22e Régiment royal en audience avec le pape Pie XII © Public Domain
Membres du 22e Régiment royal en audience avec le pape Pie XII © Public Domain

Ce qui est considéré comme de l’héroïsme chez le dirigeant finlandais est de l’infamie chez le chef catholique. Les actes du premier sont replacés dans un contexte historique alors que ceux du second font l’objet de la pire interprétation possible.

Et si les laïcs opportunistes décrivaient Pie avec les mêmes expressions que celles utilisées par Ozy pour raconter le héros national finlandais (…), sa réputation prendrait peut-être des proportions légendaires elle aussi.

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