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Pape François : « Ce n’est pas au pasteur de dicter au laïc ce qu’il doit faire ou dire »

© Antoine Mekary / ALETEIA
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Dans une lettre publiée le 26 avril dernier, le Saint-Père a mis en garde contre le cléricalisme, appelant les pasteurs à "servir" les laïcs et non à "se servir" d’eux.

La lettre du pape François, adressée au cardinal Marc Ouellet, président de la Commission pontificale pour l’Amérique latine, est datée du 19 mars mais a été diffusée par le Vatican le 26 avril dernier. Elle fait suite à une rencontre du Saint-Père avec les membres de ladite commission, réunie en assemblée plénière sur le thème « l’engagement indispensable des laïcs dans la vie publique ». Il leur parle de la « tentation » du cléricalisme qui « non seulement annule la personnalité des chrétiens, mais a tendance à diminuer et dévaloriser la grâce baptismale, mise par l’Esprit Saint dans le cœur de notre peuple ».

« Ce n’est pas au pasteur de dicter aux laïcs ce qu’ils doivent dire ou faire dans les divers domaines de la vie publique. « Ils le savent bien et mieux que nous », affirme le Pape dans sa lettre qui redéfinit le rôle et la mission du fidèle laïc dans un monde « plein de contradictions ». À ses côtés, le pasteur, appelé à « encourager, accompagner et stimuler » le fidèle en promouvant dans son cœur « la charité et la fraternité, le désir du bien, de vérité et de justice », sans jamais perdre de vue que « le pasteur est pasteur de tout un peuple, et ce peuple il doit le servir de l’intérieur ».

Les laïcs protagonistes de l’Église et du monde

L’Église n’est pas « une élite de prêtres, de consacrés et d’évêques », mais forme, avec les fidèles laïcs, « tous ensemble », le peuple de Dieu. Oublier cela, met en garde le Pape, entraîne « des risques » notamment celui de « déformer – tant au niveau de notre expérience personnelle que communautaire – le ministère que l’Église nous a confié ». De rappeler, par la même occasion, que personne n’a été baptisé prêtre ou évêque : « Nous sommes tous entrés dans l’Église en tant que laïcs. Le premier sacrement, qui a scellé à jamais notre identité et dont nous devrions être fiers à jamais, est le baptême. (…) Nous avons tous été baptisés laïcs », rappelle-t-il.

Les fidèles laïcs sont « les protagonistes de l’Église et du monde ». En tant que pasteurs, poursuit le Pape, « nous sommes appelés à les servir et non à être servis par eux », qui signifie « nous engager en leur ouvrant les portes, en travaillant avec eux, en partageant leur rêves, en réfléchissant et priant avec eux » ; et « jeter sur la ville et tous leurs lieux de vie un regard contemplatif, un regard de foi, pour y découvrir Dieu qui habite dans leurs maisons, dans leurs rues, sur leurs places ».

Non à l’uniformisation

Non à toute « uniformisation du laïcat », en le traitant comme un simple « mandataire ». Cet autre élément est pour le Pape « le résultat d’une manière incorrecte de vivre l’ecclésiologie proposée par Vatican II ». Car il limite toutes les initiatives et tous les efforts, et « toutes les audaces qui sont nécessaires pour faire arriver la bonne nouvelle de l’Évangile jusque dans les secteurs de la vie sociale et politique ». Loin de donner de l’impulsion aux différentes contributions et propositions, cette attitude, estime-t-il, « éteint peu à peu le feu prophétique dont L’Église entière est appelée à témoigner » , oubliant que  « la visibilité et la sacramentalité de L’Église appartiennent à tout le peuple de Dieu (cf. Lumen gentium, nn. 9-14), et non à une seule poignée d’élus et de personnes éclairées ».

Il n’y a pas les fidèles laïcs tout court et les laïcs engagés. Dans sa lettre, le Pape regrette la tendance assez répandue en Amérique latine, de croire que « le laïc engagé est celui qui travaille dans les œuvres de l’Église et/ou dans les affaires paroissiales ou diocésaines, sans trop réfléchir à comment un baptisé a besoin d’être accompagné dans sa vie civile et quotidienne ; comment, dans ses activités quotidiennes, avec les responsabilités qu’il a, il doit s’engager en bon chrétien dans la vie publique ». Sans nous en rendre compte, relève-t-il, nous avons créé cette élite, oubliant ou négligeant « le croyant qui, tant de fois, brûle son espérance dans sa lutte quotidienne pour vivre sa foi » .

Pour de nouvelles formes d’organisation et célébration de la foi

Le laïc, par sa nature même et son statut, parce que plongé dans le cœur de la vie sociale, publique et politique, parce que participant à des formes culturelles en constante évolution, a besoin de nouvelles formes d’organisations et de célébration pour entretenir sa foi. Face aux rythmes de la société actuelle, les pasteurs sont donc invités à « imaginer des espaces de prière et de communion avec des caractéristiques innovantes, plus attrayantes, et significatives pour les populations urbaines ».

Et enfin, le Pape trouve « illogique, voire impensable » que les pasteurs puissent croire « avoir le monopole sur les solutions à apporter aux multiples défis que nous réserve la vie contemporaine ». Il leur suggère plutôt de se ranger aux côtés des fidèles, de prendre parti pour eux « en les accompagnant dans leurs recherches et stimulant cette imagination capable de répondre aux problèmes actuels, et en discernant avec eux et jamais pour eux ou sans eux ».

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