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L'appel du pape François pour les religieux enlevés en Syrie

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Isabelle Cousturié - Publié le 25/04/16

Trois ans après leur disparition, le Souverain Pontife a sorti l’univers médiatique de sa torpeur face à "l'un des enlèvements les plus étranges en période de guerre".

Après la messe célébrée sur la place Saint-Pierre à l’occasion du Jubilé des adolescents, le pape François, avant la récitation du Regina Coeli, a demandé aux jeunes, fidèles et pèlerins, de prier pour tous les évêques, prêtres et religieux, catholiques et orthodoxes, dont on est toujours sans nouvelles depuis leur enlèvement, « il y a très longtemps », en Syrie. « Que Dieu Miséricordieux touche le cœur des ravisseurs, a-t-il supplié, et fasse que nos frères retrouvent le plus tôt possible leur liberté et leurs communautés ». Le Saint-Père a également demandé de prier pour « toutes les autres personnes enlevées dans le monde ».

À deux jours près, cet appel du Pape est tombé trois ans jour pour jour après la disparition des deux évêques orthodoxes d’Alep, Gregorios Yohanna Ibrahim, archevêque syro-orthodoxe, et Boulos Yazigi, archevêque grec-orthodoxe, le 22 avril 2013, à Kafar Dael, près d’Alep, sans aucune revendication des ravisseurs. Il tombe également un peu moins de trois ans après la disparition du père jésuite italien Paolo dall’Oglio, le 29 juillet, à Raqqa, assiégée par des djihadistes de l’État islamique d’Irak et du Levant (EIIL), et devenue capitale du « califat » .

Pour les chefs des Églises chrétiennes d’Orient, l’enlèvement des deux évêques, représentent « en miniature, l’image de la grande souffrance humaine causée par le terrorisme », faite de « massacres, enlèvements et déportations ». « Nous, chrétiens, nous sommes les descendants de ceux qui, il y a 2 000 ans, ont apporté le nom du Christ sur cette terre. (…) Nous veillons sur notre héritage en passant par toutes les difficultés ou tribulations », soulignent dans un communiqué les patriarche syro-orthodoxe et grec orthodoxe d’Antioche, Mar Ignatius Aphrem II et Yohanna X Yazigi.

« Nous on n’oublie pas »

Le 19 avril dernier, à Beyrouth, au Liban, s’est déroulée une cérémonie en l’honneur des deux évêques dont l’enlèvement, et le silence qui l’entoure, est considéré par les formations liées aux deux Églises comme « l’un des plus étranges en période de guerre puisqu’il n’y a eu aucune revendication ni de véritables négociations pour obtenir leur libération ». Même les médias ne s’intéressent pas beaucoup à cette affaire. « Ce désintérêt médiatique en dit long en tout cas sur la place qu’occupent les Églises d’Orient dans les préoccupations des dirigeants occidentaux et de la communauté internationale en général », a-t-on commenté au gré de la rencontre intitulée « Nous, on n’oublie pas ! » (L’Orient Le Jour). Beaucoup ont insisté sur le fait que l’enlèvement des deux évêques n’est pas seulement un coup porté à leurs communautés et à leurs Églises, mais aussi à l’ensemble du Moyen-Orient.

Le patriarche melkite d’Antioche et de tout l’Orient, Gregorios III, interpellé par AsiaNews, espère que « le destin et les souffrances » de ces deux hommes serviront de « rappel au monde pour la paix », que « leur martyre marquera l’avenir, le chemin de la population syrienne ». Avec force, il a rappelé que les deux évêques « ne sont pas oubliés », leur souvenir porté par les Églises chrétiennes qui, à chaque fois qu’elles prient ensemble, font comme si « on parlait d’eux ! ».

Dans leur déclaration commune, signée au cours de leur rencontre historique à Cuba, le pape François et le patriarche Cyrille de Moscou, avaient demandé spécifiquement « à tous ceux qui pourraient influer sur le destin de ceux qui ont été enlevés, en particulier des Métropolites d’Alep Paul et Jean Ibrahim », de faire « tout ce qui est nécessaire pour leur libération rapide ». Dans leur déclaration également : un appel « urgent » à la communauté internationale pour empêcher que « se poursuive l’éviction des chrétiens du Proche Orient ». Élevant leur voix pour défendre les chrétiens persécutés, ils avaient aussi demandé de la « compassion pour les souffrances des fidèles d’autres traditions religieuses devenus victimes de la guerre civile, du chaos et de la violence terroriste ».

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État islamiquePape Françoisregina coeliterrorisme
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