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Nuits et contes à dormir debout

AFP

Philippe Oswald - publié le 15/04/16

Tandis que François Hollande explique aux Français que "la France va mieux", les "nuits debout" dégénèrent et les Anglais prétendent récupérer l’anneau qu’ils ont volé à Jeanne d’Arc.

La cause était jugée d’avance désespérée par quasiment tous les commentateurs … Au lendemain de la prestation télévisuelle de François Hollande, jeudi soir, sur France 2, les éditorialistes n’ont pu que confirmer leurs prédictions. « Hollande : écran plat », titre cruellement Sud-Ouest pour dénoncer le « bide » de l’émission qui n’a fait que 14,3% de part d’audience.

Quand de rares éditorialistes, tel Michel Urvoy dans Ouest-France, concèdent que le président est « maître de ses dossiers et, objectivement, convaincant », c’était pour ajouter aussitôt : « Mais quand l’opinion est à ce point imperméable, la question n’est plus de savoir s’il a trouvé telle bonne réponse, respecté telle promesse. Elle est de savoir s’il retient encore l’attention. »

« La France va mieux » : le « trap » inaudible du Président

C’est le « ça va mieux » répété par le Président qu’on a surtout retenu…et qui n’est pas passé : « méthode Coué » pour Jean-Marcel Bouguereau, La République des Pyrénées, Dominique Jung, Dernières Nouvelles d’Alsace, Bernard Maillard, Le Républicain Lorrain , ou radotage, au choix ! Non, pas du radotage, du « trap », persifle Fabrice Pliskin dans le Nouvel Obs : « … rap originaire d’Atlanta du « Dirty South » des États-Unis, (…) le trap se caractérise par un flow haché, une diction saccadée et comme hachichine (…) parfois monosyllabique, toujours monocorde. Les connaisseurs s’accordent à dire que François Hollande la porte à son plus haut point de virtuose incandescence : « La. Reprise. Elle. Est. Là. » François Hollande, maître du genre, « Trap Queen ». Grâce à lui, le trap est devenu notre grand rythme national. »

Invité du Point, Philippe Tesson est l’un des plus incisifs : « Rêve-t-il, François Hollande ? Ou ment-il ? Il parle à la jeunesse, elle lui a échappée. Il parle aux vieux, il leur fait peur pour ce qu’il leur reste d’avenir. Il parle aux actifs, il les a découragés. Il parle aux chômeurs, il les a trompés. Il parle au peuple, il l’a appauvri. Il parle à la gauche, il l’a trahie. Il parle à la droite, il l’a insultée. C’est trop tard. Quoi qu’il dise, on ne l’écoute même plus. »

« Nuit debout » ou « nuit grave » ?

Plutôt que d’écouter ces contes à dormir debout, fallait-il jeudi soir rejoindre la place de la République et autres lieux de province investis par les manifestants d’une énième « nuit debout » ? Mais pour quoi faire ? Protester contre la loi El Khomri ? Vu ce qu’il en reste… « Le souhait confus qu’exprime la Nuit debout, c’est de construire. De construire tout de suite, autre chose, espérant implicitement que la construction nouvelle fera s’effondrer sur leurs bases les édifices vermoulus et les politiques traditionnels », explique Daniel Schneidermann dans Libération (11 avril). Confus, en effet, autant construire sur le sable, comme en mai 68 : « Sous les pavés, la plage »…  François Ernenwein dans La Croix relativise la portée de la mobilisation : « Fédérateur parce que flou, enivré de ses utopies qui lui valent un certain écho, le mouvement éclaterait à coup sûr s’il était plus précis », estime-t-il.

Si Gaultier Bès, un des fondateurs des Veilleurs interviewé par La Vie, voit dans « Nuit debout » des points de convergence avec ce mouvement, un reportage de Valeurs Actuelles montre que la place de la République a pris des allures de Cour des miracles. « Depuis le week-end dernier et une première évacuation par les forces de l’ordre, le 11 avril, les stands se sont multipliés, avec un “espace LGBT” ou encore la création d’un potager, en arrachant les dalles de la place de la République, rénovée il y a trois ans pour plus de 24 millions d’euros. La mairie de Paris a refusé de porter plainte. »

Mais la France n’est-elle pas en « état d’urgence » ? s’étonne Koz dans son blog. Comment le gouvernement permet-il que des lycées et même des commissariats soient attaqués ? « Que des jeunes se réunissent de nuit sur des places pour parler politique ne saurait émouvoir – sauf à se souvenir que des Veilleurs qui ne dégradaient jamais rien étaient aussi systématiquement interpellés, et que les organisateurs de « Nuit Debout » refusent explicitement de se dissocier de « ceux que vous appelez les casseurs ». Il est en revanche inconcevable que le président de la République comme le Premier ministre ou les ministres compétents s’abstiennent de fixer les bornes claires et évidentes. Le pouvoir est liquide. »

Une crise avec la perfide Albion

Les Anglais sont de mauvaise humeur. Non seulement la moitié d’entre eux est tentée par le Brexit tandis que l’autre moitié défend l’adhésion à l’Union européenne avec des pincettes alors que s’ouvre la campagne officielle du référendum (Le Point), mais ils prétendent récupérer dans leur île l’anneau de Jeanne d’Arc acheté en février dernier par le Puy du fou ! Cette prétention est totalement infondée  analyse Economie matin : en réclamant l’anneau de Jeanne d’Arc comme « objet de forte valeur symbolique national », l’État anglais a validé son authenticité ce qui revient à reconnaître l’origine frauduleuse du bien. Voilà qui met la perfide Albion en contradiction avec le vieil adage de droit : « Nemo auditur turpitudinem allegans » (Nul ne peut invoquer sa propre turpitude) ! C’est en réalité une véritable rançon (de 376.833 euros) qu’a versée le Puy du fou pour racheter l’anneau de Jeanne !

À dix jours de l’échéance imposée par les Anglais pour récupérer le précieux anneau, le président du Puy du Fou, Nicolas de Villiers, explique sa stratégie de défense au Figaro : « …en réalité, le règlement européen qu’invoquent nos amis Anglais pour récupérer l’anneau nous protège. Il y est précisé que l’obligation de licence d’exportation ne concerne que les biens culturels qui quittent le territoire de l’Union européenne. Entre les différents pays membres de l’UE, comme l’Angleterre et la France, ce même texte garantit au contraire la libre circulation de ces biens culturels. Les Anglais font là un détournement de procédure. Nous pourrions d’ailleurs aller plus loin en avançant un argument diplomatique de poids. D’après la Convention de l’Unesco de 1970 également invoquée par les Anglais, « sont considérés comme illicites l’exportation et le transfert de propriété forcés de biens culturels résultant directement ou indirectement de l’occupation d’un pays par une puissance étrangère. » Or l’anneau, dont il a été scientifiquement prouvé que c’est celui de Jeanne d’Arc, avait été confisqué par les Anglais pendant la Guerre de Cent ans, qui est une période d’occupation. Tous les éléments sont réunis. S’ils persistent, les Anglais vont vers un trouble diplomatique majeur. » Allons, un peu de fair play, messieurs les Anglais !

« La Résurrection du Christ » à l’écran

Sortons de la nuit et du « fog » anglais et retrouvons la lumière… au cinéma. Les salles obscures nous promettent en effet une grande clarté avec la sortie, le 4 mai, du film « La Résurrection du Christ », réalisé par Kevin Reynolds dont voici la bande annonce. Ce péplum décrit les événements qui se déroulent entre Pâques et l’Ascension, vu par les yeux d’un tribun romain, chargé par Pilate de retrouver le corps de Jésus après sa disparition. Pour ce travail de romain, on lui promet bien du plaisir…

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