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Lesbos : une situation « inhumaine » attend le pape François

© Stephen Ryan / IFRC
Greece: Kos, 18 August 2015 

Farah and her parents are from Iraq. Each day they come to wait at the police station to find out if their registration process is complete. Farah doesn't like that there is so many people. She likes to jump through the fence, but her parents do not want her to get into trouble, and worry in case they get separated. She would be happier when they no longer have to queue, and there are no fences in the way. 

So far in 2015, 160,000 migrants have arrived in Greece, already almost four times more than in the previous year. Kos, just kilometres from the Turkish coast, has received thousands of migrants already this year. 

Photo: Stephen Ryan / IFRC
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Ce samedi 16 avril, le Saint-Père rencontre les 3 000 demandeurs d’asile vivant entassés au camp Moria, centre d’accueil et de "tri"des réfugiés affluant sur l’ile grecque.

Une visite au centre d’accueil et d’enregistrement de Moria, où vivent entassés près de 3 000 réfugiés demandeurs d’asile, un repas avec huit d’entre eux dans un container aménagé pour l’occasion, une rencontre avec 150 enfants, puis une cérémonie au port pour les « victimes des migrations »,  marquée par une minute de silence et le lancé d’une couronne de lauriers en mer, dans l’après-midi : c’est le programme de la visite du pape François, ce samedi 16 avril à Lesbos (Grèce), qui prévoit aussi une rencontre avec les habitants. Cette visite au secours des refoulés de l’Europe s’effectuera en compagnie du Patriarche œcuménique de Constantinople Bartholomée, et de l’archevêque orthodoxe Jérôme d’Athènes. Les trois responsables religieux prononceront des discours et signeront une déclaration commune, a précisé le Vatican en dévoilant les temps forts de cette visite-éclair.

Pas une visite politique mais…

La visite du Pape est « humanitaire et œcuménique », a réaffirmé le porte-parole du Saint-Siège, le père Federico Lombardi, lors d’une conférence de presse, ce jeudi 14 avril. Elle ne doit donc pas être vue comme « une critique » envers l’Union européenne ou la Turquie. Néanmoins, a-t-il ajouté, « la situation humanitaire est sérieuse et grave, et il reste encore beaucoup à faire pour trouver des solutions plus adéquates et dignes de l’homme ».

Le pape François et le patriarche oecuménique Bartholomée seront accueillis « en précieux défenseurs du soutien aux réfugiés », soulignait il y a quelques jours un responsable gouvernemental, à Athènes. La Grèce dénonce « les politiques xénophobes et inhumaines des frontières fermées », et voit dans cette visite « une reconnaissance de ses efforts – autorités, organisations et citoyens – pour gérer la crise migratoire de manière humaine et efficace ».

Refoulés par l’Europe

Sur les iles grecques, principale porte d’entrée des réfugiés et migrants en Europe depuis l’année dernière, l’accord entre Bruxelles et Ankara prévoyant le renvoi de migrants vers la Turquie, est entré en vigueur le 4 avril. Présenté par ses promoteurs comme  « un moyen de dissuasion » pour éviter aux migrants de « risquer leur vie en traversant la mer Egée » et pour « démanteler les réseaux de passeurs », il est fortement contesté par le Haut Commissariat de l’Onu aux réfugiés et autres organisations non gouvernementales qui jugent les mesures de sécurité insuffisantes. Pour Amnesty international, il s’agit d’une « atteinte historique aux droits de l’homme » et à la convention internationale sur le statut des réfugiés.

Dans une récente interview accordée à Radio Vatican, le cardinal Antonio Maria Veglio, président du Conseil pontifical pour les migrants, a dénoncé ces mesures comme une « atteinte au droit à émigrer », rappelant à l’Europe  que les réfugiés sont « des personnes » et non « des colis postaux ».

Situation « inhumaine et injuste »

Avec la fermeture des frontières dans les Balkans, ce sont près de 50 000 migrants et réfugiés qui sont toujours coincés en Grèce, répartis  dans des camps et des ports.

L’organisation internationale Médecins sans Frontières (MSF), le 20 mars, a mis fin à ses activités dans le camp de Moria, pour ne « pas se rendre complice »  d’un système qu’elle considère à la fois « injuste et inhumain ». Elle espère beaucoup de la visite du Pape, notamment qu’il réussisse  à « sensibiliser l’opinion publique, les autorités », a confié Michele Telaro, chef de mission MSF à Lesbos, sur les antennes de Radio Vatican. Dans cet entretien, le responsable décrit des conditions « absolument inacceptables » : Si le centre prévoit une capacité d’accueil d’environ un millier de personnes, rapporte-t-il, en ce moment, il en accueille près de 3000; les services d’hygiènes, les structures, les abris, et les lits, ne suffisent pas. Des familles avec enfants sont obligées de dormir dehors, à même le sol, faute de places à l’intérieur. La nourriture est insuffisante. C’est la confusion la plus totale, les personnes n’ont aucune information, les médecins ne suffisent pas, pour ne pas parler du soutien psychologique des personnes »  qui se sont retrouvés du jour au lendemain « en situation de détention pour des fautes qu’ils n’ontbien évidemment pas commises », déplore-t-il.

Un nouvel œcuménisme

Sensibiliser l’opinion publique internationale au drame de ces réfugiés, c’est donc l’objectif des dirigeants religieux qui ont décidé d’unir leurs voix en se rendant sur place. Dans un communiqué, diffusé le 5 avril dernier, le patriarcat œcuménique de Constantinople soulignait l’objectif de cette démarche commune: « soutenir » et « réconforter » les milliers de réfugiés éprouvés, mais aussi  « favoriser »  une correcte prise en charge de leurs problèmes.

Le 20 mars dernier, à la messe des rameaux, le pape avait invité les chrétiens à regarder Jésus dans sa passion pour comprendre l’humiliation que subissent tous les jours les migrants et réfugiés aux portes de l’Europe: « Je pense à tous ces exclus, ces déplacés, ces réfugiés, abandonnés à leur sort parce que tant de personnes refusent d’assumer leurs responsabilité envers eux… », avait-il dit à l’homélie, fustigeant encore une fois « l’égoïsme, la recherche du pouvoir et de la gloire » qui empêchent  justement cette « prise de responsabilité ».

Face au défis de ce monde – et celui des migrants en constitue un gros – « l’œcuménisme ne sera jamais plus comme avant ! », avait prédit le père Enzo Bianchi, fondateur et prieur de la Communauté œcuménique de Bosé, en Italie, après la rencontre historique entre le pape François et le patriarche orthodoxe Cyrille de Moscou, le 12 février dernier, à Cuba. « Nous ne saurions rester indifférents au sort des millions de migrants et de réfugiés qui frappent à la porte des pays riches », avaient plaidé les deux chefs religieux dans leur déclaration commune.

Pour l’avenir de l’humanité

Après la visite de Lampedusa, en 2013 – devenue lieu symbole du drame de l’immigration clandestine – où le pape était allé tout seul apporter son soutien aux migrants, cette visite à trois dans les iles grecques, sonne comme le premier signe tangible de la détermination des Eglises  à apporter leur témoignage dans tous les domaines de la vie personnelle et sociale d’un monde confronté « à la disparition progressive des piliers spirituels de l’existence humaine ».

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