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Vivre en catho en 2016 en 10 leçons. Épisode 2

© Sabine de Rozieres
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"C’est 100% moi et 100% Dieu qui bossons." Charlotte, mère de famille nombreuse.

La quarantaine, un mari et six enfants. La conversion intérieure de Charlotte s’est faite par la sexualité…

Aleteia : Pourquoi laissez-vous de la place pour Dieu dans votre vie ?
Charlotte : Sans Lui, je ne suis pas capable de grand chose et je m’en rends de plus en plus compte avec le temps. J’ai pris conscience de cela de manière progressive. C’est probablement la maternité qui m’a le plus chamboulée, le plus ramenée à mes fragilités. Ce qui peut paraître étonnant, c’est que ma conversion profonde est venue à travers le domaine précis de la sexualité. Au début de notre mariage, nous désirions vivre ce que proposait l’Église mais nous n’étions pas formés (ni humainement, ni « techniquement », ni spirituellement) et nous sommes restés trop seuls.

Je croyais pouvoir « apprendre » la régulation naturelle des naissances dans les livres et je me suis bien trompée ! Je m’étais même fait poser un stérilet pour être « sûre » de ne pas être enceinte et tout cela en apprenant à lire mes cycles… Tant d’ignorance, tant de non-dits des médecins, si peu de dialogue de couple ont fait qu’au bout de quelques cycles seulement, j’ai perdu un tout petit bébé à cause de ce stérilet… Quelques mois plus tard, après avoir échappé de peu à la mort dans un accident de moto, j’ai eu le choc de voir sur les radios de mon bassin fracturé, ce stérilet, comme une croix blanche incrustée dans mes entrailles… Et ce fut le début de notre conversion en couple. Formations, rencontres, prières, sacrements nous ont permis d’opérer un changement profond dans notre vie de couple.

Nous nous sommes enfin mis à partager en profondeur ce sujet de notre intimité conjugale, de notre fécondité. Nous nous sommes mis à prier pour notre sexualité, en couple, tous les soirs, pour que Dieu nous aide à vivre en vérité, et qu’Il nous donne la force de vivre des temps d’abstinence parfois trop lourds tellement mes cycles étaient « foireux » ! Et les fruits sont innombrables ! Ce que nous avons expérimenté, c’est la Miséricorde infinie de Dieu, qui ne veut qu’aucun de Ses enfants ne se perde. Et nous avons compris que tout intéresse le Seigneur, en particulier ce qui fait de nous des personnes humaines : notre capacité à donner la vie, notre capacité à aimer, notre sexualité. Mais sans Lui, nous risquons de faire beaucoup de bêtises ! Invitons-Le, laissons-nous toucher par la Vérité, elle-seule rend libre !

Que signifie pour vous « avoir la foi » ? 
Ça signifie avoir reçu quelque chose de Dieu, gratuitement, sans mérite. C’est aussi avoir rencontré une Personne. Ce qui est sûr, c’est que quand je fais un pas vers Dieu, Il en fait mille vers moi ! Mais ce n’est jamais une fois pour toute, c’est une responsabilité qu’il faut entretenir, approfondir, qu’il ne faut surtout pas laisser en friche. C’est une question de fidélité, à la fois un travail personnel et un travail de la grâce, en quelque sorte c’est 100% moi et 100% Dieu qui bossons ! C’est cela qui est chouette avec le Seigneur : Il nous laisse toujours libre et donc il n’y a pas de limite à ce que l’on peut donner !

Avez-vous une action quotidienne pour Dieu ?
J’ai pris l’habitude de me lever vers 6 h 20, avant les enfants, pour prier environ une demi-heure. C’est parfois dur surtout quand ils sont malades, mais je me lève quand même et je somnole aux pieds du Seigneur ! J’essaye aussi d’aller plusieurs fois par semaine à la messe quand les circonstances le permettent, en général le mardi, le mercredi et le vendredi, puis je tâche de réciter l’angélus à midi et le chapelet tous les jours. Par ces petites choses j’essaie de faire mon travail avec le Seigneur, en Lui offrant les détails de mes journées.

Qu’aimeriez-vous dire aux catholiques ?
N’ayez pas peur. Il faut y aller à fond et tenter d’être cohérent. Tâcher de se laisser porter et travailler par la grâce en le demandant tout simplement avec des mots d’enfants dans nos prières. Mais il faut aussi faire fonctionner notre cerveau, sans se laisser embarquer par des médias qui racontent n’importe quoi… mais pas vous bien sûr (rires) ! Aujourd’hui, on a le devoir de se former, de rendre compte de notre foi, de savoir l’expliquer et l’exprimer, en particulier sur des sujets qui fâchent comme la sexualité. Parce que cela ne relève pas uniquement des mœurs, tout intéresse le Seigneur ! S’il y a des trucs qui vous fâchent et avec lesquels vous n’êtes pas d’accord sur ce que propose l’Église, faites preuve de moins d’arrogance et allez voir vraiment ce qu’elle dit dessus, faites l’effort de vous en imprégner, de lire et de dire au Seigneur : « Je ne comprends pas ! Cela m’énerve ! Je n’y arrive pas ! ». Il vaut mieux dire cela et « engueuler » humblement et pauvrement le Seigneur dans la prière plutôt que de remettre en cause de façon souvent sarcastique ce que conseille l’Église. Ce n’est pas parce que c’est l’Église qui le dit que c’est vrai, mais parce que c’est vrai que l’Église le dit !

Pour vous, qu’est-ce qui sauvera le monde ?
Les petits détails. Si chacun fait ce qu’il a à faire et qu’il le fait avec amour, c’est cela qui sauvera le monde.

Quelle est votre plus grande peur ?
Que mes enfants n’aient pas la foi, qu’ils ne rencontrent pas vraiment le Seigneur. Sinon perdre mes enfants ou mon mari, oui cela me fait peur parce que j’ai peur de souffrir trop, de ne pas être capable de m’en relever.

Qu’est-ce qui vous rend heureuse ?
D’être vraiment aimée par mon mari telle que je suis, dans tout ce qui fait de moi sa femme ! C’est quelque chose de concret et humain mais qui me fait comprendre beaucoup de chose au niveau surnaturel et qui m’aide à m’aimer moi-même tout comme mes enfants et mon mari.

Quelle est votre vertu préférée et pourquoi ?
La patience. Parce que dans cette vertu il y a la confiance, la bonté, le réalisme, et le fait d’être au contact avec le réel, sans précipitation. Et c’est parmi toutes, celle qui me fait le plus défaut !

Quel votre saint préféré et pourquoi ?
J’en ai plusieurs ! Saint Joseph d’abord, mais j’aime beaucoup aussi saint Josemaría (l’auteur du best-seller de spiritualité Chemin, Ndlr) et saint Augustin (l’auteur des Confessions, le plus grand livre de l’Histoire disait Benoît XVI) dont je trouve la façon de parler très actuelle même s’il est du IVe siècle ! Et j’aime beaucoup aussi un bienheureux, don Alvaro (Mgr Alvaro Del Portillo a succédé à Mgr Escriva à la tête de la prélature de l’Opus Dei, grand ami de saint Jean Paul II, il a été béatifié par le pape François à Madrid). C’était un homme d’une grande bonté, toujours souriant ; un apôtre incroyable qui a beaucoup travaillé pour le concile Vatican II. Il était très paternel. Je me rends compte que ce sont surtout des hommes mes saints préférés !

Quelle est votre prière préférée et pourquoi ?
La prière que mes filles avaient apprise dans leur école. Je la dis en me levant et nous la redisons avec les enfants en allant à l’école :

Jésus je t’offre ma journée, aide-moi à ne pas T’oublier. Et Marie je vous consacre en ce jour mes yeux, mes oreilles, ma langue, mon cœur. En amour tout mon être et, puisque je vous appartiens, ô Vierge Marie, gardez-moi, protégez-moi, bénissez-moi comme votre enfant.

Sinon, très souvent dans la journée je dis au Seigneur : « Je t’offre cela », « Aide-moi ! »… en râlant un peu parfois !

Propos recueillis par Sabine de Rozières

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