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Témoignage. Un chef cuisinier parisien baptisé le soir de Pâques

Jonathan Lutz dans son restaurant © GP
Jonathan Lutz dans son restaurant © GP
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Jonathan est patron d'un restaurant dans Paris. Il a reçu le baptême et la première communion lors de la vigile pascale.

Après un passage dans les cuisines du Crillon, Jonathan a fondé son restaurant dans le 9e arrondissement de Paris. Actuellement, il est à la tête d’une petite équipe de six personnes. À 40 ans, il couronne ainsi près de quinze ans de travail chez les grands restaurateurs. Sa demande de baptême, en 2013, coïncide avec le début de la réussite de son restaurant, fondé en 2011 : « J’ai connu une spirale de succès. C’était assez euphorisant », se souvient-il. C’est à ce moment-là que Jonathan se tourne vers le Seigneur et se reconnaît « touché par la grâce ».

« Avec l’Église, on apprend la patience »

Percevant dans la récolte de son labeur la présence du Seigneur, Jonathan demande à s’inscrire au catéchuménat. C’était en novembre 2013, à Notre-Dame de Lorette, paroisse de son quartier : « Le curé m’a répondu que je devais attendre huit mois car le catéchuménat ne débute qu’en septembre », raconte-t-il. S’armant de patience, Jonathan attend. Quand il rentre au catéchuménat, il approfondit sa foi : « Le catéchuménat dure assez longtemps pour que l’engagement soit fort », explique-t-il. « Avec l’Église, on apprend la patience. »

Dans le même temps, il observe attentivement les signes que le Seigneur lui envoie, comme des petites touches discrètes sur la beauté de la vie : « Les signes de Dieu ressemblaient à l’émotion soudaine ressentie devant une œuvre d’art », analyse-t-il. Pour la première fois de son existence, Jonathan va à la messe. Au moment où le prêtre invite les fidèles à se « donner la paix du Christ », il se tourne vers son voisin. « J’ai vécu là un grand moment de bonheur », se souvient-il.  La fraternité des fidèles dans l’Église le touche mais également cette première bénédiction qu’il reçoit d’un prêtre : « C’était un moment magique. J’ai vécu ma relation à Dieu à travers un homme ».

De la culture à la foi chrétienne

Jonathan n’a pas vécu de conversion spectaculaire. Il a approfondi une foi qu’il avait déjà au fond de lui. Né dans une famille non pratiquante mais de culture catholique, il a toujours vécu avec la conviction que son appartenance à la France était liée à la culture chrétienne : « Ce sont mes valeurs », affirme-t-il . Cette certitude était également celle de sa famille : « À Pâques et à Noël, on n’allait pas à la messe mais on célébrait ces fêtes car elles étaient chrétiennes », se souvient-il. Plus tard, au fur et à mesure, Jonathan tisse une relation avec le Seigneur, comme un dialogue : « Quand j’ai demandé le baptême, je voulais officialiser cette relation », explique-t-il.

Jonathan Lutz dans son restaurant © GP
Jonathan Lutz dans son restaurant © GP

La foi d’un collègue cuisinier chrétien l’interpelle

Dans sa vie professionnelle, Jonathan a fait une rencontre marquante : celle de Guillaume, un collègue cuisinier. Pendant quatre ans, ils ont travaillé ensemble : « Je voyais comment il vivait et cela m’interpellait », se souvient-il. « Chez lui, il avait dressé un autel pour le Seigneur. Ce n’est pas courant. » Ce collègue allait à la messe le dimanche et priait très régulièrement. Jonathan échange avec lui et, dix ans plus tard, lui demande s’il accepte d’être son parrain : « Il était un peu surpris et en même temps, se réjouissait de la bonne nouvelle ». Son futur parrain lui propose de lire des ouvrages de théologie. Il l’accompagne à la messe et au chemin de Croix.

Et le jour du baptême, explosion de joie

« Le soir, j’ai pris beaucoup de temps pour me préparer. Je voulais être tout propre pour recevoir le baptême », raconte Jonathan qui partage ensuite un repas convivial avec son parrain. À Notre-Dame-de-Lorette, le soir de la veillée pascale, il vit le baptême puis la première communion dans une « explosion de joie ». Et pourtant, cette allégresse était teintée d’une certaine tristesse à l’égard de l’absence de ses parents, restés à Strasbourg auprès de son père qui devait subir une opération au même moment : « Je sais qu’il a prié pour moi depuis sa chambre d’hôpital ».

Jonathan a vécu comme un « prolongement du baptême » le dimanche de la divine Miséricorde qui a suivi. Lui qui avait fermé son établissement le Samedi Saint, a repris le travail depuis une semaine déjà. Aujourd’hui, la force de la grâce de son baptême accompagne le chef cuisinier.

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