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Migrants : François et Bartholomée Ier au secours des « refoulés » de l’Europe

Patriarche oecuménique Bartholomée Ier et le pape François © Jean-Marc Ferré CC / © Antoine Mekary Aleteia
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Avec l’archevêque orthodoxe d’Athènes, le Saint-Père et le Patriarche oecuménique de Constantinople seront sur l’île de Lesbos le 16 avril prochain.

« L’œcuménisme ne sera jamais plus comme avant ! », avait prédit le père Enzo Bianchi, fondateur et prieur de la Communauté œcuménique de Bosé, en Italie.

L’annonce de « la visite extraordinaire » du pape François dans les îles de Lesbos est confirmée. Elle aura lieu le samedi 16 avril prochain et non le 15 comme annoncé hypothétiquement ces deux derniers jours, après les annonces de l’Église orthodoxe de Grèce et du gouvernement indiquant que le Pape avait émis le souhait de se rendre sur « une île grecque » pour soutenir les réfugiés. Radio Vatican précise que le Pape répond « aux invitations de Sa Sainteté Bartholomée, Patriarche œcuménique de Constantinople, et du Président de la République de Grèce Prokopis Pavlopoulos ». L’archevêque orthodoxe d’Athènes, Jérôme II, accompagnera le Pape et Bartholomée Ier dans cette visite éclair.

Une visite « d’un jour, non protocolaire et proprement humanitaire », précise un communiqué du Saint-Synode de l’Église de Grèce. Le Saint-Père et le patriarche oecuménique Bartholomée seront accueillis « comme des défenseurs précieux du soutien aux réfugiés », souligne de son côté un responsable gouvernemental. Athènes dénonce « les politiques xénophobes et inhumaines des frontières fermées », et voit dans cette visite comme « une reconnaissance des efforts de la Grèce pour gérer la crise migratoire de manière humaine et efficace ».

Refoulés par l’Europe

Sur les îles grecques, principale porte d’entrée des réfugiés et migrants en Europe depuis l’année dernière, l’accord entre Bruxelles et Ankara prévoyant le renvoi de migrants vers la Turquie, est entré en vigueur le 4 avril. D’après le ministère grec des migrations  » le renvoi de plus de 200 demandeurs d’asiles y compris les syriens étaient comptabilisés dès le premier jour ». L’effet était immédiat puisque mercredi, l’administration ne comptait plus que 68 arrivées en 24 heures contre 225, les jours précédents. Le processus de renvoi a été suspendu jusqu’à la fin de la semaine en raison d’une forte augmentation des demandes d’asile qui doivent être examinées par les autorités grecques avant une quelconque décision d’expulsion.

L’accord présenté par ses promoteurs comme « un moyen de dissuasion » pour empêcher les migrants de « risquer leur vie en traversant la mer Égée » et pour « démanteler les réseaux de passeurs », est contesté par le Haut Commissariat de l’ONU aux réfugiés et autres organisations non gouvernementales qui jugent les mesures de sécurité insuffisantes. Pour Amnesty  international, il s’agit d’une « atteinte historique aux droits  de l’homme » et à la convention internationale sur le statut des réfugiés. Contestation également du Vatican qui dénonce ces mesures comme une « atteinte au droit à émigrer ». Dans une interview accordée à Radio Vatican, le cardinal Antonio Maria Veglio, président du Conseil pontifical pour les migrants, rappelle que les réfugiés sont avant tout « des personnes » et non « des colis postaux ».

Avec la fermeture des frontières dans les Balkans, ce sont près de 50 000 migrants et réfugiés qui sont toujours coincés en Grèce, répartis dans des camps et des ports. C’est à eux que le Pape, le Patriarche, et l’archevêque iront signifier leur solidarité, en se rendant sur l’île de Lesbos pour rendre hommage aux milliers de migrants morts noyés dans les eaux de la mer Égée. Ils seront également accompagnés du Premier ministre grec Alexis Tsipras.

Un nouvel œcuménisme

Sensibiliser l’opinion publique internationale à leur drame, c’est l’objectif des dirigeants religieux qui ont décidé d’unir leurs voix en se rendant sur les lieux du drame pour « sensibiliser l’opinion publique internationale et les organes et acteurs compétents », précise le Patriarcat œcuménique de Constantinople, dans un communiqué daté du 5 avril dernier. Leur démarche avant tout, soutenir et réconforter les milliers de réfugiés éprouvés au nom des communautés chrétiennes.

Le 20 mars dernier, à la messe des rameaux, le Pape avait invité les chrétiens à regarder Jésus dans sa passion pour comprendre l’humiliation que subissent tous les jours les migrants et réfugiés aux portes de l’Europe : « Je pense à tous ces exclus, ces déplacés, ces réfugiés, abandonnés à leur sort parce que tant de personnes refusent d’assumer leurs responsabilité envers eux… », a-t-il déclaré à l’homélie, fustigeant encore une fois « l’égoïsme, la recherche du pouvoir et de la gloire » qui empêchent cette « prise de responsabilité ».

Face au défis de ce monde – et celui des migrants – « l’œcuménisme ne sera jamais plus comme avant ! », avait prédit le père Enzo Bianchi, fondateur et prieur de la Communauté œcuménique de Bosé, en Italie, après la rencontre historique entre le pape François et le patriarche orthodoxe Cyrille de Moscou, le 12 février dernier, à Cuba. « Nous ne pouvons rester indifférents au sort de millions de migrants et de réfugiés qui frappent à la porte des pays riches (…) L’inégalité croissante dans la répartition des biens terrestres fait croître le sentiment d’injustice à l’égard du système des relations internationales qui s’est institué(…) les Églises chrétiennes sont appelées à défendre les exigences de la justice, le respect des traditions des peuples et la solidarité effective avec tous ceux qui souffrent », soulignent les deux chefs religieux dans leur déclaration commune.

Pour l’avenir de l’humanité

Après la visite de Lampedusa, en 2013 – devenue lieu symbole du drame de l’immigration clandestine – où le Pape était allé tout seul apporter son soutien aux migrants. Cette visite à trois dans les îles grecques sonne comme le premier signe tangible de la détermination des Églises à apporter leur témoignage. Les chrétiens le savent, en ces temps difficiles, « l’avenir de l’humanité dépend en grande partie de leur capacité à porter ensemble ce témoignage, et d’affirmer l’Esprit de vérité » qui apporte joie et d’espérance aux personnes qui souffrent. Le temps de miséricorde encourage toutes les personnes de bonne volonté à « tendre la main, sans calcul, sans peur, avec tendresse et compréhension » vers ceux qui sont dans le besoin.

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