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Le pape François tend la main aux lefebvristes

© FABRICE COFFRINI / AFP
Bishop Bernard Fellay of Switzerland delivers his sermon during the ordination mass of the breakaway Traditionalist Catholic Roman Society of St Pius X in Econe, western Switzerland on June 29, 2009. Eight fundamentalist priests and 10 deacons have been inducted by the society based in Econe in a ceremony already declared "illegitimate" by the Catholic church. The ordinations come five months after the pope lifted the excommunication of four of the society's bishops, including Holocaust denier Richard Williamson, infuriating Jews and many Catholics. AFP PHOTO / Fabrice COFFRINI / AFP / FABRICE COFFRINI
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Entretien "informel mais positif et constructif", assurent le Saint-Siège et la Fraternité sacerdotale de Saint-Pie-X qui veulent poursuivre leurs échanges "sans précipitation".

Le pape François a rencontré vendredi dernier, 1er avril 2016, au Vatican Mgr Bernard Fellay, supérieur général et successeur de Mgr Marcel Lefebvre à la tête de Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX). L’entretien « a été positif » et l’entente « bonne » entre les deux hommes, assure-t-on de source vaticane au quotidien de large diffusion en Italie Il Foglio quotidiano. Le Bureau de presse du Saint-Siège a confirmé la rencontre, sans pour autant rentrer dans les détails de l’entretien.

Une rencontre informelle

Le pape François avait souhaité une rencontre « privée et informelle », sans le caractère officiel d’une audience, confirme de son côté la Fraternité, sur son site DICI. À l’issue de l’entretien, il a été décidé que les échanges en cours se poursuivraient. Il n’a pas été directement question du statut canonique de la Fraternité, le pape François et Mgr Fellay considérant qu’il faut poursuivre ces échanges sans précipitation.

Le lendemain, Mgr Fellay a rencontré Mgr Guido Pozzo, secrétaire de la commission pontificale Ecclesia Dei – chargée des relations avec la Fraternité. Leur rencontre – qui a duré une quarantaine de minutes – s’est déroulée dans « une ambiance cordiale et constructive » qui représente « un pas supplémentaire sur le chemin de la réconciliation » entre Rome et la Fraternité a-t-il précisé à l’agence i.Media. « Le Vatican poursuit son travail pour clarifier des questions doctrinales et disciplinaires ».

Vers le pardon ?

Mgr Fellay n’avait pas eu l’occasion de rencontrer le pape François depuis son élection, en mars 2013, si ce n’est très brièvement à la maison Sainte-Marthe, le 13 décembre 2013. Malgré les bémols, cette rencontre ne serait-elle pas les prémisses de ce fameux pas en avant « vers le pardon » dont on parle beaucoup chez les lefebvristes depuis plusieurs semaines ?

Ce pardon, rappelle Il Foglio, se traduirait par une « reconnaissance canonique de la Fraternité par le Saint-Siège, en lui accordant une prélature personnelle sur le modèle de l’Opus Dei », comme le laissait déjà entendre, en janvier dernier, un des évêques de la Fraternité, Mgr Alfonso de Galarreta (Argentin) en affirmant sur leur site d’information : « Je pense que le Pape va aller dans le sens d’une reconnaissance. (…) Il a déjà commencé, il va tout simplement poursuivre. (…) Ici je dis non pas ce que je désire, je dis ce que je prévois. Je prévois, je pense que le Pape va aller dans le sens d’une reconnaissance unilatérale de la Fraternité, et plutôt par la voie des faits que par une voie de droit ou légale, canonique ».

La proposition de prélature personnelle, précise-t-il, a été faite par la Congrégation pour la doctrine de la foi, pendant l’été 2015, accompagnée d’une proposition de déclaration doctrinale, sur lesquels tous les supérieurs majeurs et quelques théologiens de la Fraternité, ainsi que les évêques ont été invités à se pencher pour donner leur avis. Mgr de Galarreta reconnaît que cette possibilité « aurait un effet bon, bénéfique » qui scellerait « une ouverture apostolique assez extraordinaire ». Mais elle demande aussi « une sagesse, une prudence extraordinaire, une fermeté, une clarté très grande », avait-il reconnu, renvoyant aussitôt après tout un chacun à la question : « Sommes-nous capables de cela ? ».

Les signes d’apaisement

Fin mars, Mgr Fellay, a confirmé qu’il y avait eu « une reprise discrète » de dialogue  avec le Saint-Siège depuis le mois de juillet 2015, mais contrairement à certaines rumeurs, que le processus « est lent » et « prendra du temps », parce que demeure une « méfiance » réciproque. Il reconnaît l’épine que représente leur Fraternité pour le Vatican : « Quand on voit tous les efforts en faveur de l’œcuménisme – pour Dieu sait quelle unité ! –, et quand on voit comment dans L’Église nous sommes traités, évidemment nous posons problème dans tout le système œcuménique actuel », commente Mgr Fellay dans cet entretien.

En septembre dernier, le pape François avait tendu la main aux lefebvristes – qui fêtent leurs 46 ans cette année – en reconnaissant, dans une lettre, les absolutions données en confession par leurs prêtres pendant l’Année de la miséricorde. Mgr Fellay avait alors exprimé sa « reconnaissance pour ce geste paternel ». Dans sa lettre, le Saint-Père expliquait son geste : « J’ai confiance que, dans un avenir proche, on pourra trouver des solutions pour retrouver une pleine communion avec les prêtres et les supérieurs de la Fraternité ».

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