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"Nous sommes parfois privés de la belle lumière de la foi, par excès de théologies compliquées."

Andrea Tornielli - Publié le 25/03/16

Le pape François célèbre avec les prêtres de Rome la messe chrismale à Saint-Pierre.

« Il nous arrive souvent d’être aveugles, privés de cette belle lumière de foi, non parce que nous n’avons l’évangile à portée de main, mais par excès de théologies compliquées », a déclaré le pape François au cours de la messe chrismale célébrée comme chaque année, à la basilique Saint-Pierre. Au cours de la messe, les prêtres du diocèse de Rome, évêques et cardinaux ont renouvelé les promesses faites le jour de leur ordination. Le Pape est passé ensuite à la bénédiction de l’huile des malades et du saint chrême qui servira à divers sacrements.

À l’homélie, qui ressemblait à une véritable catéchèse sur la miséricorde, le pape a rappelé la réaction qu’avaient eue, dans la synagogue de Nazareth,  les personnes après avoir entendu Jésus leur parler de l’accomplissement des Écritures dans sa personne : « au lieu de se mettre à applaudir et pleurer, fait-il observer, ces personnes le repoussèrent et fermèrent leurs cœurs. Elles voulaient le jeter de la falaise ». C’est « là où le Seigneur annonce l’Évangile de la miséricorde inconditionnelle du Père envers les plus pauvres, les plus lointains et les plus opprimés, juste là que nous sommes appelés à choisir, à combattre la bonne bataille de la foi ». « Le combat de Jésus n’est pas contre les hommes, – a poursuivi le pape – mais contre le diable, l’ennemi des hommes ». Jésus ne lutte pas « pour consolider un espace de pouvoir. Si il brise les barrières et remet en cause les certitudes c’est pour ouvrir une brèche au torrent de miséricorde qu’il désire reverser sur la terre ».

Le Pape invite les prêtres à « exagérer » dans la miséricorde

« La miséricorde de notre Dieu est infinie et indicible – a poursuivi le pape –  une miséricorde qui, cherche, chaque jour, le moyen d’avancer, de faire un petit pas en avant, en terre inconnue, où règnent l’indifférence et la violence ». C’est la dynamique du bon samaritain, « la dynamique de la miséricorde, qui lie un petit geste à l’autre, et sans offenser aucune fragilité, s’étend chaque fois un peu plus en aide et amour ». « Chacun de nous – a déclaré le pape – en regardant sa propre vie avec le bon regard de Dieu, peut exercer sa mémoire et découvrir comment le Seigneur a fait preuve de miséricorde avec nous, comment il a été beaucoup plus miséricordieux que nous le pensions, et ainsi nous encourager à lui demander qu’il fasse un petit pas en plus, qu’il se montre beaucoup plus miséricordieux à l’avenir ». Cette manière quelque peu « paradoxale » de prier « un Dieu toujours plus miséricordieux aide à briser les schémas étroits dans lesquels nous enfermons tant de fois la surabondance de son cœur. Cela nous fait du bien de sortir de nos enclos, parce que c’est justement au cœur de Dieu de déborder de miséricorde, [de déborder], de répandre sa tendresse, et faire en sorte qu’il en reste toujours ».

« En tant que prêtres – fait observer François – nous sommes témoins et ministres de la miséricorde toujours plus grande de notre Père ; nous avons la douce et réconfortante tâche de l’incarner de mille manières, pour aller à tous ». Puis le pape a parlé de deux domaines « dans lesquels le Seigneur exagère dans sa miséricorde. Puisque c’est lui qui nous donne l’exemple, nous ne devons pas avoir peur d’exagérer nous aussi : un domaine est celui de la rencontre ; l’autre est celui de son pardon qui nous fait avoir honte et qui nous donne de la dignité ».

« La miséricorde restaure tout et rend aux personnes leur dignité d’origine. C’est pourquoi la réponse juste est de remercier avec effusion : il faut entrer tout de suite dans la fête, mettre l’habit, se débarrasser des rancœurs du fils aîné, se réjouir et festoyer… Car c’est seulement ainsi, en participant pleinement à ce climat de célébration, que l’on peut ensuite bien réfléchir, demander pardon et voir plus clairement comment pouvoir réparer le mal commis ».

« Cela peut nous faire du bien – a suggéré François – de se demander : est-ce qu’après m’être confessé, je fais la fête ? Ou bien est-ce que je passe rapidement à autre chose ; comme lorsque vous sortez de chez le médecin et vous apprenez que les analyses ne vont pas si mal, vous les remettez dans l’enveloppe et vous passez à autre chose. Et quand je fais l’aumône, est-ce que je donne à celui qui la reçoit le temps d’exprimer son remerciement, est-ce que je fête son sourire et cette bénédiction que nous donnent les pauvres ; ou bien est-ce que je continue vite mes affaires après « avoir laissé tomber la pièce ? ».

« Une honte digne et une dignité qui sait avoir honte »

L’autre domaine dans lequel nous voyons que Dieu « exagère dans une miséricorde toujours plus grande, c’est le pardon lui-même. Non seulement il pardonne des dettes incalculables, comme au serviteur qui le supplie, et qui ensuite se montrera mesquin envers son compagnon, mais il nous fait passer directement de la honte la plus honteuse à la dignité la plus haute sans étapes intermédiaires. À peine Simon Pierre « lui confesse-t-il son péché et lui demande-t-il de s’éloigner, qu’il l’élève à la dignité de pêcheur d’hommes. Nous, en revanche, nous avons tendance à séparer les deux attitudes : quand nous avons honte du péché, nous nous cachons et allons tête basse, comme Adam et Ève ; et quand nous sommes élevés à une certaine dignité nous cherchons à cacher les péchés et nous aimons nous faire voir, presque nous pavaner ».
« Notre réponse au pardon surabondant du Seigneur – suggère encore le pape – devrait consister à nous maintenir toujours dans cette saine tension entre une honte digne et une dignité qui sait avoir honte : attitude de celui qui par lui-même cherche à s’humilier et s’abaisser, mais qui est capable d’accepter que le Seigneur l’élève pour le bien de la mission, sans s’y complaire ».
« Comme prêtres – a déclaré François – nous nous identifions à ce peuple rejeté, que le Seigneur sauve, et nous nous souvenons qu’il y a d’innombrables personnes pauvres, ignorantes, prisonnières, qui se trouvent dans cette situation parce que d’autres les oppriment. Mais nous nous souvenons aussi que chacun sait dans quelle mesure, nous sommes aveugles, privés de la belle lumière de la foi, non parce que nous n’aurions pas l’Évangile à portée de main, mais par excès de théologies compliquées. Nous sentons que notre âme est assoiffée de spiritualité, mais non par manque d’Eau Vive – que nous buvons seulement à petits coups – mais par excès de spiritualité « pétillante », de spiritualité « light ».

Prisonniers de la consommation

« Nous nous sentons aussi prisonniers, non pas entourés, comme tant de peuples, par d’infranchissables murs de pierres ou par des clôtures d’acier, mais par une mondanité virtuelle qui s’ouvre et se ferme d’un simple clic. Nous sommes oppressés, non par des menaces et des bourrades, comme beaucoup de pauvre gens, mais par l’attrait de mille propositions de consommation dont nous ne pouvons pas nous défaire en nous secouant pour marcher, libres, sur les sentiers qui nous conduisent à l’amour de nos frères, au troupeau du Seigneur, aux brebis qui attendent la voix de leurs pasteurs ». Et Jésus « vient nous racheter, nous faire sortir, pour nous transformer de pauvres et aveugles, de prisonniers et opprimés en ministres de miséricorde et de consolation ».

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