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Plaidoyer pour l’action à l’intention des catholiques de France

Aleteia / Sarah Le Blanc
Abbé Grosjean : cinq conseils pratiques pour s'engager en politique
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Répercutant l’appel du pape François à « descendre du balcon », l’abbé Grosjean ne fait la leçon à personne mais il propose un revigorant vade-mecum pour l’action.

Connu bien au-delà de son diocèse de Versailles comme contributeur du Padreblog et pour ses interventions dans les médias, l’abbé Pierre-Hervé Grosjean, curé de la paroisse de Saint-Cyr-l’École, est l’un de ces apôtres qui n’hésitent pas à descendre dans l’arène pour rendre témoignage à la vérité. Ici, ce n’est pas seulement son expérience médiatique, mais tout son engagement de chrétien et de pasteur qui inspirent son plaidoyer pour l’action à l’intention des catholiques de France.

La pusillanimité et la paresse ne sont pas des options

Face aux deux tentations antinomiques, mais tout aussi stériles, de la dilution dans le monde sous prétexte d’« enfouissement » et du « repli identitaire », l’abbé Grosjean passe en revue tous les secteurs de la vie publique dans lesquels les chrétiens doivent s’engager et agir pour être fidèles aux grâces de leur baptême. Certes, les dons sont divers, et il appartient à chaque personne de discerner où et comment s’investir pour donner le meilleur d’elle-même en famille comme dans la société – dans l’entreprise, l’enseignement, les médias, la culture ou en politique. Mais quel que soit son champ d’application, la parabole des talents s’impose à tous avec sa redoutable et magnifique exigence : le désengagement, la pusillanimité et la paresse ne sont pas des options. À la suite du pape François, l’abbé Grosjean préfère des chrétiens qui s’exposent et parfois « se ramassent » à ceux qui enfouissent leurs talents en voulant se préserver. Ceux-là ne sortent de leur réserve que pour critiquer ceux qui agissent comme ces « sportifs » qui commentent le match devant leur télé…

On ne fait pas de cadeau aux cathos dans notre société postchrétienne

Bien sûr, il ne s’agit pas pour autant de donner tête baissée dans tous les pièges avec l’insouciance de la témérité. Prier, travailler, prendre conseil, savoir aussi se détendre et s’oxygéner l’âme et le corps, ce devrait être l’ordinaire de la vie chrétienne. Il faut d’autant mieux se préparer à l’action qu’on ne fait pas de cadeau aux cathos dans notre société postchrétienne. Préfacier du livre de l’abbé Grosjean, le cardinal Barbarin en sait quelque chose ! Pourtant, écrit-il, « rien ne peut ni ne doit [nous] décourager » : « le mot résignation ne peut pas faire partie du vocabulaire chrétien ». « Soyez des témoins décomplexés ! » avait lancé le pape Benoît XVI aux jeunes francophones participant aux JMJ de 2011 à Madrid : une expression surprenante dans la bouche de ce pape, que Pierre-Hervé Grosjean a retenu comme un mot d’ordre particulièrement adapté pour réveiller les catholiques de France anesthésiés ou tétanisés par la « laïcité ».
Mais le diable porte pierre. Les sanglants attentats perpétrés par des terroristes islamistes en 2015 ont encore ravivé la responsabilité des chrétiens : ils ont une autre réponse à proposer à notre société traumatisée que celle qui consiste à « sortir, boire et baiser » plus que jamais, selon le mot d’ordre d’un chroniqueur bobo, ou à distribuer des chartes de la laïcité dans les lycées…

Avancer sur la ligne de crête

Cette réponse chrétienne, l’abbé Grosjean l’explicite et en détaille les modalités selon les secteurs où l’on est appelé à en témoigner. Elle s’enracine de toute façon dans l’Évangile, ce n’est donc pas « une opinion parmi d’autres ». Elle nous engage sur un chemin étroit, « une ligne de crête », qui consiste à agir « dans le monde » sans être « du monde » selon les ultimes recommandations du Seigneur recueillies par saint Jean lors de la dernière Cène. Agir dans le monde, c’est en connaître les besoins mais aussi les codes, y compris, notamment en politique, en acceptant les compromis nécessaires mais en refusant les compromissions. Ne pas être du monde, c’est ne jamais oublier que notre véritable horizon n’est pas celui de la réussite humaine, aussi désirable soit-elle : « Dieu est le seul à juger de la réussite de ma vie ». Quelle exigence mais quelle liberté !

 

Livre du Père Pierre-Hervé GrosJean © Artège Editions

Catholiques, engageons-nous ! Pierre-Hervé Grosjean, Artège, 210 pages, 14 €

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