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Attentats de Bruxelles : prions en communion avec les âmes trompées des bourreaux

CP
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Témoignage du frère Daniel-Marie, Gardien de la communauté franciscaine de Bruxelles-Centre, suite aux attentats qui ont touché la capitale belge de ce mardi 22 mars.

Notre communauté franciscaine se situe au Centre-Ville de Bruxelles, en plein quartier musulman, à 200 m du quartier touristique, avec ses côtés clairs et obscurs…

Ce mardi tragique ne laisse presque rien filtrer de son horreur, ici. Tout le monde est au courant, bien sûr, mais la vie continue, avec son marché, ses rues piétonnes, ses touristes. Certains choisissent de rester devant la télé pour absorber l’air du temps, d’autres inventent des moyens pour se déplacer, vu que tous les transports en commun sont à l’arrêt. Une amie a dû avoir recours à la police pour réquisitionner un taxi qui refuser d’arriver jusqu’ici…

Chaque mardi, nous distribuons de la nourriture à 150 personnes démunies. Ce mardi, la file est quasi aussi longue que d’habitude ; innovation : nous allons prier pour la paix, ensemble. Nous imprimons des feuillets où se trouve la prière attribuée à saint François d’Assise : « Seigneur fais de moi un instrument de ta paix ». Mégaphone, sur le trottoir, explication : « Toutes les religions doivent parler le langage de la paix » (message de l’Esprit d’Assise, 27 octobre 1986) ; beaucoup de musulmans parmi eux ; on lit, ensemble ; approbations, et des « merci » ; bonne idée ; tiens, nous allons faire cela chaque mardi, désormais ; Dieu sait se servir de tout pour faire avancer son Royaume.

La messe chrismale est annulée : nous irons chercher les huiles saintes dans le diocèse voisin ; nous sommes tous des migrants.

Ce matin, mercredi, les trains et les métros ont repris leur trafic, à part quelques exceptions. J’accompagne une connaissance au train de 7 h 10 pour Marseille, à la gare du Midi. Aucun contrôle. Il faut continuer à vivre, et prier, prier plus, prier encore. Vivre avec le danger, comme dans le monde entier désormais ; vivre et prier avec le Royaume présent au milieu des contradictions auxquelles nul ne peut échapper.

La presse sera en émoi, à cause de ces morts injustes, tragiques, violentes ; elle oubliera ainsi encore mieux, l’opinion, les innombrables et incalculables morts par avortement et euthanasie dont ce pays est à l’avant-garde.

Je préfère ne pas ouvrir les journaux, et continuer mon travail de trottoir, avec les petits, les simples, nos frères musulmans eux aussi désinformés ; « Que les Frères soient heureux lorsqu’ils sont assis parmi les mendiants de la route » (saint François). Et jeudi j’irai causer à 600 élèves d’une école de Bruxelles, comme cela m’arrive de temps en temps ; j’irai semer la Parole d’espérance de Celui qui est venu donner sa Vie par Amour. Et qui nous remplit de joie, même si nous communions avec les victimes de l’horreur, morts, blessés, leurs familles. Prière encore et toujours ; mais communion aussi avec ces âmes trompées : leurs bourreaux. Prière pour l’armée, la police, et son travail ingrat et remarquable.

Et j’écouterai, et je ferai résonner, avec mes frères de communauté et de cœur, la parole de François d’Assise, écho du Ressuscité : « Que le Seigneur vous donne sa Paix ».