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Pape François : « Les migrants, comme Jésus, sont victimes de l’indifférence des hommes »

© Antoine Mekary / ALETEIA
Pope Francis greets the crowd standing on the popemobile surrounded by bodyguards after the Palm Sunday mass at St Peter's square on March 20, 2016 in Vatican.
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À la messe des rameaux, le Saint-Père invite les chrétiens à regarder Jésus dans sa passion pour comprendre l’humiliation que subissent tous les jours les migrants et réfugiés aux portes de l’Europe.

Le pape François a très à cœur le sort des migrants, des réfugiés, des exilés. Et l’indifférence qui perdure à leur égard lui est devenue insupportable : « Je pense à tous ces exclus, ces déplacés, ces réfugiés, abandonnés à leur sort parce que tant de personnes refusent d’assumer leurs responsabilité envers eux… J’invite les baptisés à regarder Jésus dans sa Passion  pour apprendre l’amour humble qui sauve et qui donne la vie… ». C’était pendant la messe des rameaux, dimanche, place Saint-Pierre, dans une intervention improvisée, en pleine homélie, comme celle qu’on lui connaît à chaque fois qu’une situation le préoccupe particulièrement et qu’il veut susciter un électrochoc dans la conscience des hommes.

Jésus et les migrants, même souffrance et même humiliation

Le Saint-Père compare cette indifférence envers les migrants à celle subie par Jésus dans sa Passion « alors que toute justice lui est refusée, parce que personne n’a voulu prendre ses responsabilités ». Commentant le récit de l’entrée de Jésus à Jérusalem sous les acclamations de la foule enthousiaste peu avant sa Passion, il rappelle que le Seigneur n’a pas sauvé l’homme par une entrée triomphale ni par de puissants miracles, mais en vivant parmi nous « dans les conditions d’un serviteur, humilié, trahi, renié ». Et en pardonnant du haut de sa croix, il a révélé « le vrai visage de Dieu, qui est miséricorde ». À cet amour infini le pape supplie les croyants de répondre par « un peu d’amour concret ». Il fustige encore une fois « l’égoïsme, la recherche du pouvoir et de la gloire » qui empêchent  cette «  prise de responsabilité ».

Ces paroles résonnent aujourd’hui douloureusement, tant le problème de l’immigration s’aggrave par « manque de main tendues, de tendresse et de compassion ». Mercredi dernier, à l’audience générale, le pape François avait fortement regretté l’attitude des gouvernements qui « ferment leurs portes et leurs cœurs»  aux migrants, encourageant encore une fois les pays européens à faire preuve «d’humilité et compassion» en « se distribuant équitablement les charges » de cet accueil.

L’impasse politique

Mais comme dit le proverbe « il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre », et la crise migratoire a pris un tournant dramatique, notamment ces dernières semaines, à la frontière entre la Grèce et la Macédoine une des portes d’entrée des migrants en Europe, où près de 15000 migrants sont entassés dans des conditions d’hygiène déplorables. «La situation à Idoméni est tragique », a confirmé ces derniers jours le Commissaire européen aux migrations. Pour lui la seule solution est de suivre des voies « légales » de répartition dans l’Union européenne. Avec la fermeture des frontières dans les Balkans, ce sont près de 50 000 migrants et réfugiés qui sont toujours coincés en Grèce, répartis  dans des camps et des ports.

Malgré l’accord avec la Turquie, qui prévoit de renvoyer les migrants qui arrivent en Grèce vers son sol, et engage Ankara à tout faire pour empêcher à de nouveaux réfugiés de quitter sa côte, le jour de son entrée en vigueur, ce dimanche, une douzaine de bateaux ont réussi à rejoindre la petite ile grecque de Lesbos.  Selon le principe  « un pour un » de l’accord conclu le 18 mars dernier, il est convenu que pour chaque syrien renvoyé en Turquie un autre syrien jugé « vulnérable »  sera réinstallé de la Turquie vers l’UE. En échange de sa contribution au règlement de la crise, la Turquie a obtenu trois milliards d’euros d’aide financière, et la promesse d’une accélération du processus d’adhésion de la Turquie à l’UE.

Les chrétiens directement interpelés

En ce début de Semaine Sainte, le Pape François invite les chrétiens à « choisir la voie du service, du don, de l’oubli de soi », leur demande d’apprendre « l’amour humble qui sauve et qui donne la vie ». Par son humiliation, a-t-il rappelé avec insistance à la messe des Rameaux, « Jésus nous invite à purifier notre vie », de le laisser «  entrer dans nos villes et dans nos vies, comme il est entré à Jérusalem, humblement mais  au nom du Seigneur », en ne perdant jamais de vue que «   si le mystère du mal est abyssal, la réalité de l’Amour qui l’a transpercé est infinie ». Il semble, a-t-il regretté, pendant la messe des rameaux, que « nous soyons loin de la manière d’agir de Dieu, lorsque nous ne parvenons pas à nous oublier un peu nous-mêmes, à renoncer à quelque chose pour Lui et pour les autres, lorsque nous nous laissons attirer par les mille flatteries de l’apparence, oubliant que « l’homme vaut plus par ce qu’il est que par ce qu’il a ».

« Que cette indifférence humaine fait mal à ceux qui sont dans le besoin ! Et pire l’indifférence des chrétiens  », s’était écrié le pape François  devant des milliers de fidèles et pèlerins un dimanche de juillet 2014, en leur rappelant l’amour que doit avoir tout chrétien pour son prochain, pour son frère, « comme le Christ sur les routes de Galilée avec  les simples, les pauvres, les malades, les pécheurs, les exclus… ».

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