Recevez la newsletter d'Aleteia chaque jour!
Commencez la journée de la meilleure des manières : recevez la newsletter d'Aleteia
Je m'inscris!
Aleteia

La seule prière que je ne parviens pas à réciter

© Wavebreakmedia/Shutterstock
© Wavebreakmedia/Shutterstock
Partager

Le « Suscipe » de saint Ignace de Loyola n’est pas pour les petites natures.

L’autre soir, je feuilletais le nouveau livre de Dawn Eden, Remembering God’s Mercy: Redeem the Past and Free Yourself from Painful Memories (Se rappeler de la miséricorde divine : racheter son passé et se libérer de souvenirs douloureux, non traduit Ndlr) en attendant que mes filles sortent de leur cours de sport. J’ai noté qu’elle utilise la prière du Suscipe de saint Ignace comme titre de l’un de ses chapitres. S’il y a bien une prière que je n’ai jamais réussi à faire avec sincérité c’est bien celle-là, pas vous ? Ou alors vous êtes bien plus forts que moi… Le Suscipe est une prière profonde, émouvante, mais à chaque fois que j’ai essayé de la réciter ou de chanter l’hymne célèbre, voici ce qui s’est passé dans ma tête :

Prends, Seigneur, reçois toute ma liberté,

Toute ma liberté, Seigneur ? Et pourquoi pas juste un peu ? Après tout, c’est ma liberté et franchement je ne pense pas pouvoir vous la donner entièrement, du moins maintenant. Et puis qu’est-ce que ça signifie ? Désolé, c’est trop effrayant. Peut-être quand je serai très vieille ? Mais poursuivons …

ma mémoire, mon intelligence,

Ok, vous pouvez prendre mes souvenirs douloureux, c’est génial, et je suis heureuse de partager les bons avec vous — vous les connaissez déjà aussi. Mais toute ma mémoire ? Ça ne me dit trop rien. Je deviendrais sénile. Et suis-je censée vous demander d’habiter ma mémoire, pour l’imprégner de votre grâce ? Et bien, pourquoi saint Ignace n’a pas simplement dit ça ? Je ne veux pas que vous preniez ma mémoire ; elle n’est déjà pas si bonne. Concernant « mon intelligence », s’il vous plait non. J’aime vraiment comprendre ; j’ai besoin de comprendre. Je ne comprends même pas ce que cela peut vouloir dire… Vous me l’avez déjà prise ?

et toute ma volonté,

Aїe. Cette prière ne va pas du tout. Je devrais m’arrêter là.

tout ce que j’ai et possède

c’est toi que me l’a donné.

A toi, Seigneur, je le rends.

Alors, je pense pouvoir vous rendre un peu de ce que vous m’avez donné — peut-être. Une partie. Je sais que tout vient de vous, et je vous en suis sincèrement reconnaissante, c’est vrai, mais pourquoi est-ce que vous voudriez que je vous rende tout ? Qu’est-ce que Saint Ignace croyait ?

Tout est à toi ;

disposes-en selon ton entière volonté.

Oui, je reconnais qu’en définitive tout est à vous, et que vous pouvez vraiment en faire ce que vous voulez car je ne suis pas de taille à résister si vous insistez vraiment, mais s’il vous plait ne faites rien d’horrible. Enfin, quoi que ce soit que Je considèrerais horrible. Parce que ce serait horrible.

Donne-moi ton amour et ta grâce,

c’est assez pour moi.

Je veux vraiment que ce soit le cas. Je veux vraiment votre amour et votre grâce ; je le demande tout le temps. Mais pour être honnête, je ne sais pas si c’est suffisant. Je sais que cela devrait l’être, mais je crois que j’en veux toujours plus. Je crois que je suis déprimée maintenant…

***

Quelque part, je ne crois pas que ce soit ainsi que Saint Ignace ou bien d’autres saints récitaient cette prière. Mais dans ces mots je reconnais le type d’abandon dont j’ai besoin pour progresser. Je ne suis au moins pas la seule : dans son livre Remembering God’s Mercy, Eden dit que pendant longtemps elle a résisté à « la Prière de Jésus » qui, plus tard, quand elle en a eu grandement besoin, lui a offert plus de grâce quand elle a eu le courage de la réciter. Pour l’instant, je vais en rester à la « Prière devant le crucifix de saint Damien » de saint François :

Dieu très haut et glorieux,
éclaire les ténèbres de mon cœur
et donne-moi la vraie foi,
une espérance solide et une charité parfaite…