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« Fiat lux » en Afrique

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AFP

Louise Alméras - publié le 17/03/16

Alors que le plan d’action énergétique des pays occidentaux peine à voir le jour, l’ancien ministre Jean-Louis Borloo continue sa croisade pour réaliser son projet d’électrification de l'Afrique.

« Trois mois après la COP21, les difficultés se multiplient. » Le quotidien du soir Le Monde n’est pas optimiste quand il aborde la question écologique ou la réponse politique aux problèmes posés par le réchauffement climatique. Rappelons en effet que les États-Unis ont suspendu leur plan de réforme de leurs centrales électriques, que le Canada a repoussé son projet de transition énergétique et que l’Europe ne parvient pas à imposer la moindre ambition en la matière. Dans ce contexte, c’est peut-être du continent qui échappe au regard de tous que viendra la solution.

Le 12 mars dernier se tenaient les Rencontres économiques de Dakar, au cours desquelles M. Borloo a témoigné de son inquiétude au sujet de la pauvreté du réseau électrique sur le continent et plus largement de la carence d’accès à l’énergie. Il a pointé du doigt le fait que « 750 millions d’africains n’ont pas accès à l’électricité en dépit des potentialités énergétiques du continent », nous rapporte l’Agence de presse sénégalaise. D’après l’ancien ministre français, « tout le monde est conscient que l’énergie n’est pas une ressource comme les autres, c’est la base de toute action de développement. » Lancée il y a un an par Jean-Louis Borloo, le 3 mars 2015, la fondation « Énergies pour l’Afrique » a pour ambition de proposer un plan sur 10 ans afin que 600 millions d’Africains soit connectés à l’électricité.

Le président de la fondation — ou plutôt du Fonds de dotation — tient bien son calendrier en se rendant en Afrique trois mois tout juste après l’accord de Paris sur le réchauffement climatique. Si ses objectifs sont de l’ordre du développement plus que de l’écologie, l’urgence d’un tel engagement n’en est pas moins grande. Quant à savoir si les actions africaines pour le développement respecteront l’environnement, affaire à suivre.

Il faut agir maintenant

Rappelons que l’Encyclique du pape François Laudato si (Loué sois-tu) consacrée à la sauvegarde de l’environnement, datant du 24 mai 2015, avait été reçue avec enthousiasme par l’ONU au point que le Directeur exécutif du Programme des Nations Unies pour l’Environnement, Achim Steiner, avait déclaré : « cette Encyclique est un coup de clairon qui résonne non seulement pour les catholiques, mais pour tous les peuples de la terre. Sur cette question, la science et la religion sont alignées : il faut agir maintenant. » Espérons que la Journée de la Terre, séance protocolaire du 22 avril prochain voulue par Ségolène Royale, la ministre française de l’Écologie participe de ce « coup de clairon » entendu à l’ONU.

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