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Mère Teresa canonisée le 4 septembre

©Wolfgang RADTKE/KNA-Bild/CIRIC
19 octobre 2011: Tapisserie représentant Mère Teresa lors de sa béatification, bas. Saint Pierre, Rome, Vatican.
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La nouvelle a été annoncée par le Vatican à l’issue d’un consistoire ordinaire réuni pour voter sur la cause de cinq futurs saints, dont la fondatrice des missionnaires de la charité.

Le dernier feu vert tant attendu est arrivé ! Le pape François a signé ce mardi matin, 15 mars 2016, le décret de canonisation de Mère Teresa de Calcutta qui sera déclarée sainte le 4 septembre, soit à la veille du 19ème anniversaire de sa mort, et en bonne place sur la liste des initiatives prévues avant la fin du jubilé de la Miséricorde, le 20 novembre 2016.

Les miracles de Mère Teresa

Le pape François avait ouvert la voie à sa canonisation en lui reconnaissant un deuxième miracle, réalisé en dehors de son pays. Le premier miracle reconnu par l’intercession de mère Teresa après sa mort, est celui d’une femme en Inde, Monika Besra, guérie d’un grave problème à l’estomac après avoir posé sur son ventre une médaille touchée par la religieuse, en 1998. Mère Teresa a été béatifiée par Jean Paul II, seulement six ans après sa mort, un record de rapidité. Depuis, le nombre de prodiges attribués à son intercession et signalés au Vatican n’a cessé de croître. Mais il y en a un en particulier qui a retenu sérieusement l’attention du Saint-Siège : le cas d’un Brésilien en fin de vie, guéri soudainement – sans explication scientifique – alors qu’il souffrait, disait-on, d’une tumeur multiple au cerveau (Aleteia).

Le service de presse du Vatican n’a pas confirmé le lieu de la célébration. L’Eglise catholique indienne a vivement insisté pour que le pape François vienne à Calcutta pour cette célébration, mais selon différentes sources du Saint-Siège, un tel voyage n’est pas à l’ordre du jour et la canonisation aurait lieu à Rome.

Réaction en Inde

« Si je pouvais rencontrer le pape François je lui serrerais la main et lui dirais avec beaucoup de plaisir : merci d’avoir fait de Mère Teresa une sainte ! Mais aussi qu’elle était déjà sainte pour des millions de personnes à travers le monde, qui voyait en elle non pas la chrétienne mais une « grande âme », confie Navin Chawla, son biographe et politicien indien, au micro de Carlo Pizzati pour Vatican Insider.

Navin Chawla a côtoyé Mère Teresa de Calcutta pendant 23 ans et a écrit un livre sur sa vie – « Mère Teresa : une vie pour l’amour » – traduit dans 14 pays et devenu un vrai bestseller dès sa sortie en 2004. De confession hindoue, le biographe est haut fonctionnaire au Ministère de la communication de New Delhi. Il poursuit l’œuvre de la future sainte en reversant une bonne partie des recettes de son livre dans les léproseries et centres de santé pour enfants sourds ou malentendants. Mais il est  » rigoureusement hindou », tient-il a rappeler à chaque fois qu’il est interrogé sur ses liens avec les religieuses de la Charité et son engagement dans le combat de leur fondatrice. Et il y tient particulièrement car en Inde, les polémiques sur les conversions au christianisme, bien loin de s’éteindre, « se sont même accrues », affirme-t-il.

Vatican Insider : 20 ans après la disparition de Mère Teresa, que reste-t-il en Inde de son héritage ?

Navin Chawla : L’héritage de Mère Teresa dépasse les frontières de l’Inde. Elle appartient au monde, représente un modèle universel. Elle est au niveau de notre Swami Vivekananda, du Mahatma Gandhi, de Nelson Mandela et Desmond Tutu. Son âme est beaucoup trop grande pour être enfermée dans un seul pays.

Mais c’est en Inde, que sa grandeur a atteint des niveaux incroyables. Quel a été son impact?

Pour vous donner un exemple, elle a réussi à me transformer moi, qui suis resté hindou. Elle a fait de moi une autre personne, a créé un pont entre moi et la pauvreté ; m’a poussé à côtoyer les pauvres autour de moi. Elle a donné un sens à ces liens en les transmettant aussi à la classe moyenne. L’hindouisme ne manque pas d’esprit de compassion, mais elle m’a appris à relever un lépreux du sol. Par l’exemple. Comment un bureaucrate comme moi qui a fait ses études dans de bonnes écoles s’est retrouvé à prendre en charge 18 000 cas désespérés dans les léproseries dont je m’occupe ? Mère Teresa a remué quelque chose en moi, et comme moi chez des centaines de milliers d’autres personnes. Comment ? En donnant le bon exemple.

Comment fut-elle accueillie à son arrivée en Inde?

En Inde nous avons beaucoup de respect pour les personnes qui prient et sont humbles. Mère Teresa n’est pas arrivée sur notre sol comme une européenne habillée en religieuse. Elle portait de vieille sandales et un sari cousu à la va-vite. Le Bengale, à cette époque, sortait d’une famine qui avait tué 4 millions de personnes. Les hôpitaux, jusqu’à l’indépendance du Royaume Uni, n’étaient ouverts qu’aux britanniques et aux soldats. Et qu’a fait Mère Teresa ? Elle a appris à mendier, est allée jusqu’à s’humilier, et cette humiliation la rendra encore plus forte. A chaque fois qu’elle rencontrait quelqu’un, elle pensait “que peut-il faire pour moi ? ” ou “ comment peut-il aider les pauvres à travers ce que je fais ? ”. Elle a alors construit un premier hôpital et s’est mise à tant faire pour les pauvres que les personnes, en très peu de temps, ont commencé à s’incliner pour lui toucher les pieds, un geste de très grand respect ici en Inde, que l’on réserve aux personnes haut-placées. Depuis sa mort (en 1997), les missions en Inde ne cessent de croître, les missionnaires de la charité sont de plus en plus nombreuses, le nombre des bénévoles ne diminue pas, ni les financements.

Mais, à propos de financements, Mère Teresa a été au centre de farouches critiques. Je pense notamment à Christopher Hitchens qui a accusé la religieuse d’avoir accepté de l’argent du dictateur haïtien Duvalier et du financier corrompu Charles Keating…

À supposer que Mère Teresa ait reçu des dons sans savoir de qui ils venaient, cela serait insignifiant par rapport à tout le bien que cette sainte a fait. C’est vrai, elle ne connaissait plus personne. Si elle pensait que tu pouvais l’aider, elle venait te voir, elle t’expliquait ce qu’elle faisait et attendait que tu offres quelque chose. Elle ne demandait jamais et disait que peu lui importait qui lui donnait de l’argent. Elle ne faisait pas de différence : elle ne voyait que les pauvres.

Il y a quelques mois, Mère Teresa a été accusée par le groupe hindouiste d’extrême droite (Corps national des volontaires, RSS) et des membres du Bjp, parti de droite nationaliste hindoue aujourd’hui au gouvernement, d’avoir forcé tant de pauvres malades, ou sur le point de mourir, ainsi que des orphelins, à se convertir au christianisme.

Il n’existe aucun témoignage qui confirme ces inventions. Elle n’avait pas besoin de convertir quiconque, car pour elle, l’enfant pauvre, abandonné dans la rue, était Jésus. Le lépreux était Jésus, le moribond était Jésus. Il n’y avait pas besoin de convertir quelqu’un qui était déjà Dieu ».

Une vision panthéiste et un peu hindoue, à dire vrai. Mais vous avez dit que Mère Teresa a « créé un pont » entre elle et les pauvres. Pensez-vous qu’elle ait réussi à détourner la classe moyenne indienne de cette indifférence émotive qui paraît parfois presque nécessaire pour survivre, dans ce pays, face à tant de souffrance et misère?

Écoutez, cela se peut. Mais à mon avis en Europe vous êtes encore plus mal lotis.

Pourquoi ?

Parce qu’avec Mère Teresa nous avons arpenté vos rues, parmi les clochards des villes européennes. Nous en avons sillonné beaucoup. Et nous trouvions tellement de solitude. Ici, chez nous, nos temples sont encore pleins, alors que vos églises de plus en plus vides. Je me souviens, sous le pont de Waterloo, à Londres, des personnes défavorisées que nous rencontrions, ils avaient l’air si plein de colère et de rancune. Ils ne voulaient pas de compassion, ne répondaient pas aux questions, ils grognaient après moi. Personne ne se parlait. Vous avez peut-être un revenu moyen par habitant plus élevé, mais aussi un taux de solitude par habitant plus haut. Comme disait Mère Teresa : la solitude est la lèpre de l’Occident.
Lire aussi : « Pourquoi Mère Teresa est-elle canonisée ? ».

Les autres canonisations

Outre Mère Teresa, le consistoire a validé les canonisations du prêtre polonais Stanislas Papczynski (1631-1701), du Mexicain Jose Sanchez del Rio (1914-1928), tué pour sa foi à l’âge de 14 ans et du Curé José Gabriel del Rosario Brochero (1840-1914), un prêtre argentin connu pour son grand dévouement auprès des exclus. Enfin le feu vert a été donné aussi à la canonisation de Marie-Elisabeth Hesselblad (1870-1957), une Suédoise luthérienne convertie au catholicisme et déclarée Juste parmi les nations pour avoir sauvé des juifs pendant la Seconde guerre mondiale. Le dimanche 5 juin seront canonisés le prêtre polonais et la suédoise luthérienne et les autres le seront le dimanche 16 octobre prochain

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