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Le jour où mon père et moi nous sommes enfin pardonnés

© Sofie Delauw / Cultura Creative
Young man and father chatting whilst moving down traditional stairway, Florence, Italy
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Quand un homme raconte comment une simple messe a bouleversé sa relation avec son père.

Aujourd’hui, dimanche, est un jour à marquer d’une pierre blanche : mon père m’a suivi à la messe. Pour vous cela ne signifie peut-être pas grand chose, mais à mes yeux, c’est tout un symbole, car mon père n’est déjà pas un grand croyant mais encore moins un pratiquant… À l’entendre, onze années passées dans des institutions jésuites dans son enfance ont eut raison de sa foi.

À presque 56 ans, sa foi s’est comme tarie. Je ne crois pas qu’il en ait jamais été autrement : lorsque j’étais enfant, il m’envoyait chaque dimanche à l’église servir la messe, certes, mais ce n’était pas vraiment par piété. J’ai d’abord pensé qu’il me retrouverait au début de la liturgie et que je pourrais l’apercevoir pendant la célébration parmi les fidèles. Mais plus les dimanche se suivaient et plus je comprenais que cela n’arriverait jamais. Mis à part le jour de mon baptême quand j’avais 11 ans, je ne l’ai jamais vu entrer dans une église ! Aujourd’hui c’est donc bien la première fois que nous y sommes enfin côte à côte, vous comprenez un peu mieux mon émerveillement.

« Un homme avait deux fils »

Lorsque commença la célébration, le prêtre rappela la nature particulière de ce jour. Nous étions en effet le dimanche du Lætare, quatrième dimanche de carême. Un jour où « il faut se réjouir », comme l’a souligné le curé. De même qu’au dimanche du Gaudete pendant l’avent, il est enfin possible de fleurir l’autel et les célébrants se parent d’une couleur liturgique rare : le rose, mélange de la pourpre du martyr et du blanc de la joie pascale. Je me souviens à cet instant de m’être demandé « de quoi puis-je bien me réjouir »… je n’allais pas tarder à le savoir quand vint la lecture des évangiles et que ces mots furent prononcés : « Un homme avait deux fils ». Je reconnu aussitôt la parabole du fils prodigue et me dis à moi-même : « Quelle probabilité y avait-il pour que soit lu ce texte, ce jour précis, où mon père est là, avec moi à la messe, après tout ce que nous avons vécu… »

« À cet instant, j’étais le fils prodigue… »

Car oui, sur de nombreux points notre histoire fait écho à cette fameuse parabole. Trois ans durant, nous ne nous sommes pas vus. Tout ce temps pendant lequel j’ai refusé de lui adresser la parole, trop rancunier que j’étais de ces années de ma petite enfance passées avec lui seul, après la séparation de mes parents. Mon père avait le don d’être absent même lorsqu’il était là… une fois adulte, il était temps qu’il comprenne ce que j’ai ressenti. Je m’étais plongé dans le mutisme. Tout à mon insolence, je prenais tout de même la peine de m’assurer que sa pension me parvenait, le temps de trouver une autre source de revenus. Je pensais que la vie entière passerait ainsi, que je pouvais me satisfaire toute ma vie de cette situation. C’était sans compter sur la foi qui grandissait en moi et bouleversait ma vie, jusqu’à m’amener ici, à côté de mon père sur le banc d’une église. À cet instant, j’étais le fils prodigue et il était le père miséricordieux de la parabole.

Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils

Plus la lecture progressait et plus je me rappelais tout le mal que j’avais pu lui faire,

Peu de jours après, le plus jeune rassembla tout ce qu’il avait, et partit pour un pays lointain où il dilapida sa fortune en menant une vie de désordre.

Et toute la profonde affection avec laquelle mon père m’accueillit :

Je me lèverai, j’irai vers mon père, et je lui dirai : Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi. Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils. Traite-moi comme l’un de tes ouvriers. Il se leva et s’en alla vers son père. Comme il était encore loin, son père l’aperçut et fut saisi de compassion ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers.

À ces mots, saisi d’une grande émotion et parcouru d’une joie intense, je compris pleinement le sens du mot Lætare. La touche finale fut donnée par l’homélie. Le célébrant articula cette année sainte à la journée si particulière du Lætare ainsi qu’à l’évangile du jour : « Il faut célébrer à tout prix la joie de pouvoir se confesser et d’abandonner en cette année de la miséricorde, le moindre remord qui vient peser sur notre existence ». Je sentis mon âme s’alléger, mes remords, mes regrets venaient un à uns, de me quitter.

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