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Philibert Vrau, « le saint de Lille »

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Le prix remis par la fondation des Entrepreneurs et dirigeants chrétiens (EDC) porte son nom. Philibert Vrau, industriel nordiste du XIXème siècle, est une figure marquante du christianisme social.

Fils d’industriel né à Lille en 1829, Philibert Vrau reprend l’entreprise de fil à coudre créée par son père : Établissement Vrau et Cie. Après sa conversion au catholicisme en 1854, il choisit de rester célibataire.

Cet industriel du Nord a lancé des patronages, construit des églises et créé la « Catho » de Lille après s’être rendu en 1875 au Vatican pour présenter son projet de création de l’Université catholique de Lille au pape Pie IX. Avec son beau-frère Camille Féron, il fonde aussi l’Icam, école d’ingénieurs et HEI, Ecole des hautes études d’ingénieur, et se mobilise pour l’édification de la cathédrale Notre-Dame de la Treille. A propos de la fondation de l’Université catholique de Lille, le cardinal Régnier, alors archevêque de Cambrai – le diocèse de Lille n’existait pas encore –, eut ce trait d’humour : « L’existence de notre université ne tient encore qu’à un fil, mais ce fil est solide, c’est le fil Vrau ».

Conférences Saint Vincent de Paul

Philibert Vrau fut par ailleurs président jusqu’à sa mort du conseil régional des Conférences Saint Vincent de Paul. Convaincu de la nécessité de la présence de l’Église dans les milieux populaires, il créa et finança un grand nombre d’œuvres catholiques : patronages, cercles catholiques d’ouvriers, congrès catholiques du Nord et du Pas-de-Calais, hospitalité du diocèse de Cambrai à Lourdes, écoles primaires paroissiales, presse chrétienne..

Une paroisse lilloise puis un hôpital portent le nom de Saint Philibert, en hommage à cet industriel qui a essayé de vivre sa foi dans un contexte économique et politique complexe, ce pionnier qui a jeté les bases de la doctrine sociale de l’Église. Parallèlement, au sein de son usine, le patron Philibert Vrau développe une politique sociale : fin du travail de nuit pour les femmes, journée de dix heures, repos dominical, logements ouvriers, écoles pour les enfants, caisses de chômage et de retraite… Homme d’action et de foi, il place l’Eucharistie au centre de sa vie et fonde à Lille en 1857 une organisation de prière dédiée à l’adoration du Saint-Sacrement.

Un procès en béatification

Discret et humble, l’homme a longtemps été plus connu à l’étranger et notamment aux États-Unis que dans son propre pays ! Beaucoup le considéraient comme un saint, d’où le surnom qui lui a été donné : « The Holy man of Lille », le saint de Lille. Philibert Vrau sera-t-il vraiment saint un jour ? En tout cas, son procès en béatification a été ouvert en 1912, sept ans après sa mort, par l’archevêque de Cambrai. La cause, double, concerne également son beau-frère Camille Féron-Vrau. La première étape, dite « procès diocésain », a connu une conclusion favorable avec la signature du pape Pie XI en février 1930. Arrêté pendant la Seconde Guerre mondiale, le procès ne reprit pas après la guerre : dans un contexte de très fortes tensions sociales dans la région Nord, il fut reporté sine die à la suite d’une décision du cardinal Achille Liénart en 1950, car le patron était jugé trop paternaliste. La cause a été relancée par un comité de soutien regroupant des chrétiens nordistes persuadés que Philibert Vrau a beaucoup à apporter à l’Église d’aujourd’hui.

Le prix Philibert Vrau

À l’initiative de la Fondation des Entrepreneurs et dirigeants chrétiens créée en 2011, le prix Philibert Vrau distingue chaque année en partenariat avec le quotidien La Croix un chef d’entreprise qui combine action économique et finalité sociale, un entrepreneur chrétien engagé au service du bien commun. Le 3e prix Philibert Vrau sera remis fin 2016. En 2015, le prix a été remis à Olivier Baud, PDG d’Energy Pool, et l’année précédente à Sylvain Mas et ses associés d’Handynamic.

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