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Manifestations, scandales sanitaires, lutte contre le terrorisme et procès médiatique

Les étudiants manifestent contre la loi Travail portée par Myriam El-Khomri dans les rues de Paris le 9 mars 2016 © Olivier Donnars / NurPhoto
Students demonstrate against the El Khomri labour law at the street of Paris between Nation Square and Bastille Square, in France on March 09, 2016. (Photo by Olivier Donnars/NurPhoto)
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Informer, révéler, dénoncer et même condamner avant la justice … Le « quatrième pouvoir » a encore montré cette semaine toute sa palette, pour le meilleur et pour le pire.

Telle la langue d’Esope, le pouvoir médiatique charrie le meilleur et le pire. Les exemples d’information et d’alertes mais aussi de désinformation et d’abus de pouvoir n’ont pas manqué cette semaine à propos des manifestations contre le projet de loi El Khomri, des scandales des pesticides et des effets secondaires de certains médicaments, du terrorisme ou de la campagne contre le cardinal Barbarin.

La « journée d’action » contre la loi sur le travail

Les anciens de mon genre se souviennent du rôle complaisant des medias -la radio en l’occurrence (Europe 1, RTL-en particulier)- dans la révolte estudiantine de mai 68. On n’en est pas là. Mais il est lassant de lire et d’entendre à longueur de journée que « la » jeunesse, « les » lycées, « les » étudiants se sont levés contre la loi El Khomri. Ceux qui étaient d’un avis contraire ont-ils eu droit à la parole ? Ont-ils eu simplement la liberté d’aller en cours ? « Une centaine de lycées en France, dont une quarantaine en Ile-de-France, ont fait l’objet d’un blocage, total ou filtrant, dans la matinée, selon l’UNL, un des principaux syndicats de lycéens », relève le Huffington Post. Une vieille habitude totalitaire… Et pour que la tradition soit complète, les casseurs étaient au rendez-vous : saccage des bâtiments de l’Université de la Victoire à Bordeaux (Sud-Ouest), affrontements avec la police à Lyon où « la manifestation rassemblant 7 000 participants contre la loi du travail, a fini par dégénérer » (20 minutes).

« Les étudiants et les lycéens n’ont rien à faire dans la rue aujourd’hui », lance Éric Brunet dans son émission de mi-journée sur RMC. Les extraits d’interviews de ces jeunes manifestants qu’il produit malicieusement en disent long sur leur ignorance abyssale du dossier.

En fait, avec une fourchette de 224 000 à 500 000 personnes dans les rues de toutes les villes de France le mercredi 9 mars, le bilan de cette journée test pour le gouvernement est « mitigé », constate Le Figaro. Mais les syndicats de salariés et de jeunes ont prévenu qu’il ne s’agissait que d’un début. L’Unef a appelé à un nouveau mouvement le 17 mars. Quant à la CGT, FO et Solidaires, ils prévoient une nouvelle journée de grèves et manifestations le 31 mars. Le projet de loi de la ministre du Travail Myriam El Khomri doit être présenté en Conseil des ministres le 24 mars. » Rien n’est joué.

Pesticides et empoisonnements médicamenteux : deux scandales qui durent 

La presse joue son rôle quand elle pointe l’inertie gouvernementale face à des scandales avérés. Ainsi Le Monde du 9 mars constate « l’échec patent et prévisible » des engagements du « Grenelle de l’environnement », dans la lutte contre les excès de pesticides en France : « Les dernières statistiques, publiées mardi 8 mars par le ministère de l’Agriculture, sont accablantes. Elles témoignent d’une nouvelle hausse de l’usage des phytosanitaires – les pesticides – sur le territoire national : l’année 2014 apparaît comme la plus noire jamais enregistrée, avec une hausse de 9,4% par rapport à l’année précédente, ayant elle-même connu une augmentation de 9% par rapport à la précédente… ».

Autre scandale français, le poids et l’impunité des laboratoires pharmaceutiques. Europe 1 recevait le 7 mars celle par qui le scandale du Mediator a éclaté, Irène Frachon, médecin pneumologue français, dont les études et l’ouvrage Mediator 150 mg, Combien de morts ? (2010) ont abouti au retrait de ce médicament anti-diabète aux effets secondaires mortels et au procès contre le laboratoire Servier. Elle publie une nouvelle enquête menée avec le journaliste Jean-Christophe Brisard et l’avocat Antoine Béguin, Effets secondaires. Le scandale français, qui dénonce les effets indésirables de nombreux médicaments. Et le système qui permet de les commercialiser : « L’impuissance des pouvoirs publics face au lobby pharmaceutique, et les conflits d’intérêts au sein des agences, des experts, et des médecins qui ont à évaluer les médicaments mis sur le marché français », résume La Dépêche.

L’État islamique piégé par Sky News

C’est un fameux « scoop » de la chaîne d’information britannique Sky News : elle a révélé mercredi 9 mars qu’elle avait en sa possession les fiches de 22 000 membres de l’Etat islamique fournies sur une clé USB par un repenti. Il s’agirait de formulaires remplis par des recrues ressortissant de 55 pays qui ont rejoint Daesh. Elles comportent leurs noms, adresses et numéros de téléphone, ainsi que des réponses aux questions des recruteurs sur leur connaissance de l’islam, de la charia etc. Elles contiendraient aussi des informations sur des djihadistes non identifiés qui se trouvent en Europe occidentale, aux États-Unis, au Canada, au Maghreb et au Moyen-Orient.

« Sur Twitter, Richard Barrett, ancien patron du contre-terrorisme au sein du renseignement extérieur britannique, a qualifié le butin de “ressource inestimable pour les analystes” », rapporte le Huffington Post.

Il y a certes des incohérences dans cette liste, comme le souligne Le Point : « Des erreurs grammaticales et des formulations douteuses font douter certains experts de l’authenticité des documents ». Mais ces approximations peuvent s’expliquer par le fait que ces fiches « remontent à la fin 2013, au moment où l’EI commençait à établir son État » et sa bureaucratie, estime Dalia Ghanem-Yazbeck, chercheur au centre Carnegie pour le Moyen-Orient à Beyrouth. La police allemande estime quant à elle qu’elles sont « probablement authentiques ». Auquel cas, a déclaré jeudi sur RTL Jean-Charles Brisard, président du Centre d’Analyse du Terrorisme, « ces documents sont inestimables, car cela donne aussi des éléments pour comprendre comment les combattants sont recrutés ou comment ils passent les frontières ». Ce serait donc un coup dur pour l’EI qui, après avoir tant cherché à manipuler les médias, se trouve piégé par des nouvelles « tombées du ciel » (Sky News) – ou du moins des satellites…

Haro sur le cardinal Barbarin

Pendant ce temps, nombre de médias français ont pris pour cible le cardinal Barbarin pris dans la tourmente d’une vieille mais sordide affaire de pédophilie touchant un prêtre du diocèse, affaire qu’Aleteia a déjà résumée. Alors que sur le plan judiciaire, on en est seulement au stade d’une enquête préliminaire ouverte par le parquet de Lyon pour « non-dénonciation de crime » et « mise en danger de la vie d’autrui », des journalistes réclament péremptoirement la démission de l’archevêque de Lyon. C’est un véritable réquisitoire auquel s’est livré notamment Nicolas Domenach sur RTL mercredi matin, non sans rappeler in fine que le cardinal était un farouche opposant au « mariage pour tous », ce qui sentait fâcheusement le règlement de compte. Heureusement, d’autres voix, moins nombreuses mais d’autant plus courageuses, se sont élevées contre ces flagrants dénis de la présomption d’innocence.

Ainsi Jean-Claude Dassier dans son « coup de gueule » de l’émission d’I-télé Tir Croisé de mercredi soir a dit son « trouble devant l’espèce de vendetta qui s’organise pour réclamer la démission de Mgr Barbarin. Je ne le défends pas, a-t-il ajouté, je ne connais pas le dossier. Mais je suis toujours saisi d’un grand trouble quand on essaie de substituer à la justice tout court la justice populaire en organisant dans les médias je ne sais quelle campagne. Si Mgr Barbarin a fait des fautes, (…), il en rendra compte. Mais s’il s’agit de lui régler son compte parce qu’il a eu des positions très violentes notamment contre le mariage gay, là on sort de ce que je considère comme acceptable dans une démocratie ».

Gérard Leclerc dans son billet de France catholique et Radio Notre-Dame, dénonce lui aussi « l’entreprise, qui consiste à utiliser l’instrument médiatique, en le faisant chauffer au maximum, en provoquant l’emballement mimétique qui ne se résout que par la désignation d’un bouc-émissaire à faire tomber. (…) J’en suis blessé, avec tous ceux qui l’apprécient et savent qu’il est proprement impensable qu’il ait voulu protéger un prédateur sexuel. C’est ce qu’on veut faire croire et qui est proprement insupportable ». Rien de plus odieux qu’un abus de pouvoir, fût-il du quatrième pouvoir.

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