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Le tableau mystère, épisode 11. Spécial Carême

Valentin de Boulogne, Le Christ et la femme adultère, vers 1620, huile sur toile, 167 x 219 cm, Los Angeles, The Jean-Paul Getty Museum © Getty Museum
Valentin de Boulogne, Le Christ et la femme adultère, vers 1620, huile sur toile, 167 x 219 cm, Los Angeles, The Jean-Paul Getty Museum © Getty Museum
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Saurez-vous reconnaître son sujet ?

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En chemin vers Pâques, Aleteia vous propose de tester vos connaissances iconographiques et de découvrir le sujet de ce « tableau mystère spécial Carême ». Pouvez-vous identifier la scène représentée ? Qui a peint le tableau ? À quelle époque ?

Qui est cette femme aux poings liés, menée par des soldats ? Que fait cet homme barbu en désignant le sol ? Saurez-vous trouver le sujet de ce tableau plongé dans l’obscurité ? À vous la lecture de l’Évangile de ce cinquième dimanche de Carême !

Un tableau caravagesque

En jouant sur les contrastes de lumière, cette œuvre n’est pas sans vous rappeler la peinture italienne du tout début du XVIIe siècle, peut-être même un certain Caravage. En effet, le cadrage resserré, le clair-obscur et l’effet dramatique révèlent l’influence du grand maître chez cet artiste français qui se rendit à Rome pour étudier. Valentin de Boulogne, actif dans le premier tiers du XVIIe siècle, fait ainsi partie des peintres qualifiés de « caravagesques français ». Au sein de ce tableau, les jeux d’ombres et de lumières guident le regard du spectateur, l’invitant à se focaliser sur les visages des deux figures principales. Une femme, d’une part, encadrée par des soldats, la tête baissée, les paupières lourdes, les poings liés et la robe tombante. Un homme, d’autre part, barbu, de profil et agenouillé. Ce dernier relève sa manche, insistant sur le geste de sa main droite, l’index au sol. Il regarde cette femme qui lui est visiblement amenée tandis que des hommes se pressent derrière lui, entre crainte et curiosité.

« Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à jeter une pierre »

L’Évangile selon saint Jean (8, 1-11) lue ce dimanche se situe au retour de Jésus du mont des Oliviers. Alors qu’il enseigne au Temple, « les scribes et les pharisiens lui amènent une femme qu’on avait surprise en situation d’adultère. Ils la mettent au milieu, et disent à Jésus : « Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d’adultère. Or, dans la Loi, Moise nous a ordonné de lapider ces femmes-là. Et toi, que dis-tu ? » Ils parlaient ainsi pour le mettre à l’épreuve, afin de pouvoir l’accuser. Mais Jésus s’était baissé et, du doigt, il écrivait sur la terre. Comme on persistait à l’interroger, il se redressa et leur dit : « Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter une pierre ». Il se baissa de nouveau et il écrivait sur la terre. Eux, après avoir entendu cela, s’en allaient un par un, en commençant par les plus âgés. Jésus resta seul avec la femme toujours là au milieu. Il se redressa et lui demanda : « Femme, où sont-ils donc ? Personne ne t’a condamnée ? ». Elle répondit : « Personne, Seigneur ». Et Jésus lui dit : « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus ».

Les scribes et les pharisiens cherchent ici à mettre le Christ à l’épreuve, en le poussant à prendre position vis à vis de la Loi. Or, s’ils dénoncent le mal, ce n’est pas au nom de la vie de Dieu mais dans le but de piéger le Christ et parce qu’ils ne connaissent rien d’autre que ce qu’ils dénoncent. C’est pourquoi, Jésus leur répond : « Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter une pierre » ; ses paroles expliquent que la personne a plus de valeur que la Loi.

La femme adultère en peinture, un sujet poignant

En menant la femme adultère par des soldats et non par les scribes et pharisiens, Valentin de Boulogne prend quelques libertés dans son interprétation du texte biblique. Il insiste ainsi sur le viol de la Loi et sur la gravité du péché. La partie supérieure dénudée de la femme conforte l’idée de vice, et sa repentance, la tête baissée, les paupières fermées, les épaules rentrées n’en est que plus flagrante. Le Christ est lui proche du sol sur lequel il est en train d’écrire pour enseigner. Il relève la tête devant la femme et prononce cette phrase déjà évoquée précédemment : « Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter une pierre ». Ces paroles provoquent effroi et stupeur au sein des scribes et pharisiens qui s’agitent derrière lui. Au XVIe et au XVIIe siècle, ce sujet connaît un certain succès en peinture.

Le parti pris par Cranach était bien différent de Boulogne. En figurant le Christ tenant le poignet de la femme adultère, entourés d’une foule serrée et oppressante, il insiste sur la miséricorde divine. La figure masculine du premier plan affiche une expression de mécontentement particulièrement savoureuse ; une pierre à la main et la seconde autour de son épée, l’homme tient tête au Christ.

Chez Lotto, quelques années plus tard, le Christ est assailli par une foule menaçante et agitée, qu’il éloigne d’une main levée.

En revanche, le peintre Harich choisit plutôt de mettre en avant la conversation et l’échange opéré entre le Christ et la foule. La femme adultère quant à elle est représentée avec les longs cheveux blonds de la Madeleine et dévoile un de ses seins.

Enfin, chez Poussin, le cadrage s’élargit, la scène se déroule au sein d’une ville dotée d’une belle architecture. Au sol, les écrits du Christ sont représentés et la femme adultère est agenouillée aux pieds de Jésus d’un air contrit. Ce dernier la désigne et ses paroles créent de l’agitation au sein des différentes figures qui l’entourent. Elles s’agitent, s’éloignent et expriment par de vifs gestes incompréhension et mécontentement.

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