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« Entre mes 12 et mes 16 ans, plus de 40 000 personnes me sont passées sur le corps »

Karla Jacinto avec le pape François en juillet 2015
Karla Jacinto avec le pape François en juillet 2015
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L’ancienne esclave sexuelle qui a ému le pape François a raconté sa douloureuse expérience à la revue espagnole « Vida Nueva ».

« Je m’appelle Karla Jacinto, je viens de Mexico et j’ai survécu à la traite des personnes. J’ai été obligée de me prostituer entre mes 12 et mes 16 ans. » C’est ainsi que s’était présentée cette jeune femme qui avait témoigné devant les participants au Congrès sur le changement climatique et les formes modernes d’esclavage les 21 et 22 juillet 2015 au Vatican. Karla explique à Vida Nueva que depuis que l’homme dont elle était tombée amoureuse l’a obligée à se prostituer, « plus de 43 200 personnes sont passées sur mon corps ».

Cette ancienne esclave sexuelle, aujourd’hui âgée de 22 ans, représente la fondation mexicaine Camino a Casa, avec laquelle elle a lancé une campagne contre la traite, dont le symbole est une feuille de papier blanc « sur laquelle chacun peut écrire une nouvelle histoire ». Le pape François l’avait saluée avec émotion à la fin de son intervention au congrès.

« Je viens d’une famille qui connaissait de nombreux problèmes. Cela nous rendaient très vulnérables », explique Karla. « J’ai rencontré un garçon qui m’a apporté l’affection dont j’avais besoin. Une semaine après, je suis partie avec lui. Il me disait qu’il voulait se marier avec moi et fonder une famille. »

C’est là qu’a commencé l’enfer de la prostitution : 30 clients par jour, un avortement forcé et la naissance d’une petite fille dont elle a été séparée pendant un an.

Les menaces de son proxénète lui ôtaient l’idée de fuir ou de porter plainte. « J’avais peur. J’entendais les histoires de milliers de filles qui ont été tuées. Elles n’étaient qu’un numéro de plus dans le journal. » Beaucoup des jeunes qui sont dans cette situation aujourd’hui subissent ces pressions : « On leur dit que leurs familles vont être tuées. Par exemple, ils me mettaient une photo de ma mère dans la main et ils visaient sa tête avec une arme. J’imaginais ma mère morte et c’est pour cette raison que j’attendais un autre moment pour fuir ».

Elle se sentait si vulnérable que « je pensais que personne ne m’écouterait ». Jusqu’à ce qu’arrive « son ange tombé du ciel », un client qui voulait parler avec elle, pas avoir des relations sexuelles. « Pendant six mois, j’ai refusé de lui parler. Puis il m’a dit que le moment était venu, que j’avais certainement des rêves et une famille qui m’attendait. »

Avec l’aide de cet homme, aujourd’hui décédé, et d’autres personnes, elle a réussi à s’échapper et à porter plainte contre son proxénète qui n’a pas encore été traduit en justice. « Il a beaucoup de contacts, beaucoup de personnes qui l’aident. » Malgré cette situation, elle assure que les autorités mexicaines font « très bien » leur travail dans cette affaire.

Aider d’autres victimes

Karla explique qu’à présent son grand objectif est d’éradiquer la traite des êtres humains. « Je veux changer le monde », dit-elle avec détermination mais sans idéalisme béat. « Je veux qu’il n’y ait plus aucun enfant qui subisse ce que j’ai subi. »

En plus de cette campagne internationale, Karla s’engage localement pour aider de jeunes Mexicaines qui passent par la même situation. « Quand j’ai commencé les thérapies avec des psychologues, je n’aimais pas qu’ils me disent qu’ils me comprenaient parce que ce n’était pas vrai. Moi, je peux dire à une fille que je la comprends vraiment. C’est très gratifiant. »

Article publié initialement par Vida Nueva

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